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Aimée, ma petite chérie

Wajdi Mouawad   16 avril 2011  Théâtre
Wajdi Mouawad<br />
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Wajdi Mouawad
Je t'écris, malgré tes trois ans, tant est grand le besoin de m'adresser à toi pour te raconter comment le silence a su me garder. Ces mots te parviendront plus tard. Aujourd'hui, où tu t'extasies dès lors que tu aperçois un toboggan, tu ne te soucies que de jouer. Le matin tu me reconduis à la porte me disant: «Papa au théyatavec Antigogne Éclèt et Dézanil».

T'écrire, c'est conjurer la peur que j'ai de mourir avant d'avoir eu avec toi quelques conversations. La vie est faite pour parler infiniment avec ses amis et quelques fois avec ses parents. Une seule conversation avec son père peut agir comme pont et comme ravin. Traverser pour se libérer. C'est peut-être cela un père: pont et ravin. N'être qu'un pont, c'est empêcher le ravin, garant de liberté; n'être qu'un ravin c'est empêcher sa traversée et retenir l'enfant sur sa propre rive. Considère alors cette lettre comme l'ombre de la conversation que nous aurions eue si ma mort devait nous séparer, une façon d'avoir en ta possession mes mots. Je ne voudrais pas que ma fille ait un jour à se dire: «Mon père a écrit sa vie durant sans me donner de mots qui soient des mots de lui à moi». Cela si je devais mourir avant le temps.

Mais si l'impensable devait survenir, si tu devais mourir avant moi et que je sois précipité dans l'inimaginable douleur de vivre sans te voir grandir, alors tous ces mots seront vains.

Aujourd'hui pourtant je me tiens aux côtés de celui qui ôta la vie à la femme qu'il aimait. Cette mort, bien qu'il n'ait pas eu l'intention de la donner, il la donna violemment en se servant de ses mains. Cette femme qu'il aimait était la fille d'un père. Par conséquent, tu aurais pu être elle comme elle fut à cet instant toutes les femmes. Je t'aime plus que tout; pourtant, je me tiens aux côtés de cet homme. Pour ma part, après la mort et l'amour, je tiens la justice comme l'espace pacificateur auquel je me dois de me rallier coûte que coûte, si je veux faire barrage à la barbarie de la vengeance que j'exècre plus que tout tant elle a déchiré le pays qui m'a vu naître; et dès l'instant où cet homme a comparu devant la justice, qu'il a reconnu son crime, que sa sentence fut donnée puis purgée, je l'ai considéré comme mon égal. En tout point. Il aurait pu être mon frère. J'aurai pu être lui. Et si c'est mon frère qui te tue, malgré la chute et le désastre, je me refuse, pour ma part, le droit de prononcer les mots de Caïn; et si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains. Mon fardeau serait infini, mais si je décide de vivre et de faire face à ma propre horreur alors la vie, toute la vie devrait m'être accordée. Malgré tout, malgré tout. C'est ce malgré tout qui, à mes yeux, rend l'humanité sublime.

Cet homme, dans l'aujourd'hui dont je te parle, est libre pour avoir purgé sa peine tel que les institutions judiciaires l'ont décidé. Il demeure à jamais celui qui tua, mais il est devenu aussi celui qui fit face à la justice. Il est donc multiple. Dans sa multiplicité, il est mon ami, il est aussi un artiste et parce que son art correspondait le mieux à l'aventure artistique dans laquelle je suis plongé, j'ai choisi de l'inviter à prendre la part la plus humble du spectacle, non pas celle du héros mais celle du choeur, et de faire face à sa vie tant ces trois pièces, si tu les lis, racontent son désastre. L'art est miroir des souffrances et des douleurs.

Ai-je bien fait?

Il n'existe pas de réponse universelle à cette question. Il n'existe que des jugements moraux. L'un dira oui, l'autre dira non. Il ne s'agit pas d'avoir raison, mais de choisir. Soit tu choisis le symbole de l'homme qui tua une femme et tu lui interdis la scène, mais alors tu dois savoir que tu le soumets à une seconde peine. Tu sacrifies la justice au profit du symbole. Est-ce juste? Est-ce juste de condamner deux fois un homme pour un seul crime?

Si, par contre, tu choisis de défendre la justice, défendre l'idée qu'un homme ne peut pas être puni deux fois pour le même crime, alors tu mets en souffrance ceux et celles qui ne pourront pas accepter le symbole affiché. Est-ce juste? Est-ce juste de sacrifier le symbole au profit de la justice? Voilà devant quelle question, pendant que tu glissais sur ton toboggan, une partie du monde de ton père s'est retrouvée.

Je te laisserai le plaisir de lire tout ce qui aura été dit, sache seulement que devant la déferlante d'opinions, aussi respectables les unes que les autres, ton père a choisi le silence comme seule élégance possible. Ton père s'est tu; non pas parce qu'il n'avait rien à dire, mais parce que dans cet espace en équilibre entre justice et morale, où il n'y avait pas de réponse mais des choix, rien ne pouvait être plus audible sinon le silence qui garde et sauvegarde les vérités et évite de rajouter la violence à la violence que ton père engendra lui-même sans le vouloir.

Ton père

***

Wajdi Mouawad, dramaturge et metteur en scène
 
 
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  • yannick.legault@sympatico.ca - Abonné
    16 avril 2011 03 h 02
    Merci Wajdi
    D'utiliser les mots de si belles manières pour expliquer la complexité.
    Ce qu'il y a de bien avec les enfants, c'est qu'ils te permettent le dialogue, d'aller jusqu'au bout de nos pensées et de confronter nos idées trop vite conçues.
    Laisse le bruit et reprends ton travail ; ton art et tes mots, eux, traverseront les époques !)

    Yannick Legault, Trois-Rivières
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  • Michel Coron - Inscrit
    16 avril 2011 03 h 35
    "Give me some Light" Paroles du roi du Danemark dans Hamlet de Shakespeare
    Cher monsieur
    Le propre de l'art est de plonger au coeur du ravin car il est connu que certains ponts sont chambranlants, surtout au Québec. C'est aussi refaire toujours et sans cesse l'itinéraire de Sophocle, sachant que la vie est souvent méprise abominable.
    Je comprends votre détresse si semblable à ce que devait éprouver le tragédien grec qui fit plus que quiconque pour outrepasser des lois obsolètes. Au plus profond de vous-même, c'est votre mort en tant qu'artiste que vous pressentez, loin du confort douillet des croquantes et des croquants qui préfèrent un quelconque divertissement sur glace si rassurant. Votre arme est de faire progresser l'humanité comme celui qui aura dit: "Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre". Il a payé cher sur une croix d'avoir sauvé cette femme d'une loi inique.
    C'est toujours la terreur insidieuse qui guette l'homme de bonne foi. Comme cette cigüe pour Socrate accusé d'avoir corrompu la jeunesse.
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  • Sébastien Desjardins - Inscrit
    16 avril 2011 06 h 03
    Nos propres contradictions
    Bravo ! Dans ce théâtre burlesque, la société et les médias se retrouvent dans le rôle de l'inquisiteur qui, au nom de la vérité répend le mensonge bien malgré lui, convaincu qu'il est de défendre la veuve et l'orphelin, de même que la morale universelle. La vérité médiatique n'est-elle qu'un mirage dérobant à notre vue nos propres contradictions comme communauté d'Humains ?

    Je n'enlève ici rien au drame violent que constitue l'assasinat d'un être par un autre et ma conscience ne me fera pas le cautionner. Toute notre histoire est une lutte incessante contre notre propre barbarie. Je dis seulement que, pour dépasser cette barbarie, l'humain n'a comme seule alternative que le développement de ses attributs les plus nobles: la raison, la conscience, la solidarité avec ses semblables, l'accueil et le respect des différences, ...
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  • Sébastien Desjardins - Inscrit
    16 avril 2011 06 h 03
    Suites ...
    Toutefois, il faut être cohérent dans nos propos. Le jugement moral honnête est à ce prix. Défendre à un criminel de se produire en public au nom du respect pour les victimes est tout à fait défendable et respectable. Dire qu'un individu qui a purgé sa peine pour son crime a droit à une deuxième chance l'est tout autant. Se questionner sur la sévérité de sa peine judiciaire relève d'un autre débat qu'une société démocratique doit aussi faire à travers ses institutions.

    Nous engager dans cette cohérence nous amènerait sans doute à questionner la différence qui existe entre les victimes de la barbarie humaine. Une femme assassinée, dans l'échelle des victimes, vaut-elle plus que ce sans abri retrouvé mort gelé dans l'indifférence totale ? Vaut-elle plus que cette personne âgée mourant en silence, abandonné de tous dans une institution ? Vaut-elle plus que ces milliers de morts dans d'autres pays toujours trop lointains, sacrifiés pour nous permettre de conserver bas le prix de l'essence de notre voiture ? Ou enfin nos frères du sud, empoisonnés à petit feu et en situation d'esclavage pour nous fournir du café et des bananes bon marché et nous permettre de mettre notre argent sur le dernier bidule électronique ?

    Mais cela, nos yeux ne veulent peut-être pas le voir... Rassurons-nous. Car nous, nous ne sommes pas ce barbare qui a commis ce crime. Nous, nous avons les mains propres. Nous avons la vérité
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  • Gilles Roy - Abonné
    16 avril 2011 06 h 26
    Écrire, c'est aller vers l'autre
    M. Mouawad sait écrire, s'ouvrir, se lier aux autres et à la vie. Il sait montrer, aussi.

    «Le vrai père c'est celui qui ouvre les chemins par sa parole, pas celui qui retient dans les filets de sa rancoeur.» (Christian Bobin)
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  • Lyse Marcott - Inscrite
    16 avril 2011 06 h 39
    Un homme intelligent
    Une lettre à sa fille, à la personne qui compte le plus pour lui. Pour faire comprendre qu`on ne peut qu`être sincère quand on s`adresse à son enfant. Son choix est clair et confirme ma compréhension de tout cela. Le théâtre est le miroir de la société et là le miroir à reflété l`image avant l`oeuvre elle-même.... Lettre touchante!
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  • Matulu Tremblay - Abonné
    16 avril 2011 07 h 18
    Quel texte!
    Je trouvais l'entrevue accordée au 24 Heures hier comme un rare moment de télévision, un instant de grâce....

    Le Devoir me donne ce matin un autre instant par cette lettre de Wajdi à Aimée sa fille. C'est les yeux pleins d'eau que j'ai lu cette lettre.

    L'émotion d'Incendies, le film, m'a habitée 24 heures. Je compare sa sortie médiatique, tv, Le Devoir ce matin, très proche de ce niveau d'émotion, si je me fais bien comprendre....

    Pauline Germai
    Chicoutimi
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  • Marie-Sophie briquet - Abonné
    16 avril 2011 07 h 36
    quand intelligence rime avec élégance
    Aujourd,hui dans le devoir, hier à RDI, quelles leçons!
    De théâtre d'abord: la tragédie grecque expliquée par Wajdi M.! Une deuxième fois dans ma vie et j'en redemande encore...
    Sur la tragédie aussi. Qui n'est pas une façade de «Cultûûûûûre» mais l'exposition de l'horreur de la vie humaine,pour tous, de faire face au «désastre de sa vie» (Wajdi Mouawad hier sur RDI)
    Sur l'art, qui est la vie-même. Donc la tragédie.Y compris celle de l'opinion lourde, brutale, violente dans son irréflexion. ( je suis moins patiente que Wajdi Mouawad face à l'opinion)
    Sur l'art, qui est violence. Dramatisation de la violence, source de violence, éveil de la violence mais aussi réflexion sur la violence.
    Sur le silence. Je n'aurais certainement pas réussi à le tenir, moi qui enseigne la mise à distance nécessaire de la rationalité contre l'immédiateté de l'émotion depuis 20 ans mais qui résiste si mal au déferlement de la peur, de la bêtise, de la vengeance, de la mise à mort par la foule bien-pensante-parce-qu'elle-ne pense-pas.
    Leçon de philosophie: sur le choix, la justice, l'émotion et la réflexion.
    Leçon d'humanité enfin: Je me demande si, devant cette possibilité de voir le criminel revivant son crime, et donc le spectacle de l'humanité violente,certains d'entre nous n'ont pas eu cette incommensurable peur que leurs prédecesseurs ont ressenti le jour où, Simone Weil, assistant au procès d'Eichman, a pensé la «banalité du mal»: non, ne nous dites pas que nous aurions pu être cela. Non, c'est inacceptable.
    Alors, on stigmatise le mal, on le condamne une deuxième fois pour l'exorciser: non, nous sommes pas comme cela. Et, évidemment, en faisant cela, nous tombons en plein dedans...l'horreur, la monstrueuse parce que banale horreur de l'humanité.
    Pour tout cela et plus encore, merci Wajdi Mouawad.
    Quant à Denoncourt, je lui souhaite de croiser un jour un Mr De la Rochefoucauld ou un Molière en mal de Tartuffe. Il en tiendra
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    16 avril 2011 07 h 57
    L'amour ou la raison?
    D'un point de vue social, s'il y a une réponse universelle quelque part, elle réside dans l'amour, dans notre inclinaison à vouloir que le bien prime pour tout le monde, autant que possible.

    Quant aux jugements moraux, dans une certaine mesure, ils sont un peu le contraire. C'est notre aptitude à juger autrui, à partir surtout de la raison. Ici, on peut parler de rationalisme cartésien.

    Wajdi Mouawad respecte les deux points de vue. Il avait « choisi le silence comme seule élégance possible ». S'il a décidé finalement de parler, c'est plus au nom de l'art que de sa propre cause.
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  • Sylvain Perreault - Abonné
    16 avril 2011 07 h 59
    Laboureur d'horizons
    Wadji Mouawad : merci d'élargir la réflexion. Tu nous invites à penser autrement pour devenir meilleurs. Ton art est nourricier.

    Sylvain Perreault
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  • Suzanne Bettez - Abonné
    16 avril 2011 08 h 41
    Malaise
    J'ai un malaise devant cette lettre que je lis et qui ne m'est pas adressé. J'ai le sentiment de lire des mots cousus de fil blanc.

    Vous êtes debout avec M. Cantat, alors qu'il n'est plus possible de l'être avec madame Trintignant.

    Je suis d'accord avec vous quant au silence qui garde et sauvegarde les vérités. Je pense que c'est cela par dessus tout que la population a réclamé : un peu de silence autour d'un départ abrupt qui continue d'attrister.

    Suzanne Bettez
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  • Le  Devoir Le Devoir - Auteur
    16 avril 2011 08 h 48
    Note
    Au moment de la mise en ligne cette nuit, un problème technique avait fait disparaître un paragraphe dans la transcription de ce texte sur le web. Veuillez noter que la version exacte de cette lettre, conforme à celle qu'on trouve dans le journal papier, est en ligne depuis 8h30 ce matin.
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  • Lise Thibault - Inscrite
    16 avril 2011 09 h 06
    Transcander l'horreur
    Comment ne pas avoir bien fait, quand on a choisi l'amour, la compassion, la solidarité? Comment ne pas avoir bien fait, quand on a choisi de transcander l'horreur dans le but d'en tirer quelque chose de positif?

    Vous avez toute mon admiration aussi, M. Mouawad, pour la maîtrise et la richesse des mots que vous avez choisis pour le dire
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    16 avril 2011 09 h 07
    Une défaite politique?
    Bien sûr, il existe des jugements moraux, mais il existe aussi des combats politiques. Nous avons assisté à la victoire politique des défenseurs des femmes victimes de violences de toute sorte. Toutefois, c'est aussi la défaite des défenseurs de la société de droit. Cantat a dû faire face à la justice et avait le droit à la réhabilitation. C'est ce dernier droit qui a été renié, du moins partiellement. Un droit est-il un droit ou est-il un droit jusqu'à un certain point?

    Harper et ses amis pourraient très bien utiliser l'événement pour justifier un projet de loi prévoyant des peines plus sévères, davantage de prisons et pourquoi pas le retour de la peine de mort.

    Berhtierville.
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  • Claudie Steven - Abonnée
    16 avril 2011 09 h 12
    Vous êtes audible
    Merci d'avoir attendu. Plus tôt, vous avez raison, vous n'auriez pas été audible. On vous aurait noyé dans la cacophonie ambiante, qui aurait taillé en pièces la finesse et les nuances de votre parole. Or ce que vous aviez à dire demandait de l'espace et du temps. Je me félicite que vous ayez eu, hier sur RDI, et ici à travers cette lettre à votre fille, le temps et l'espace de parler en termes artistiques (et donc éthiques) du sens de votre travail sur Sophocle. Il fallait parler de la tragédie, de la fonction du choeur, de son emplacement sur la scène, il fallait décrire, situer, ce que vous avez fait avec intelligence, raison et sensibilité. Merci de nous offrir cette lettre à votre fille qui nous permet de "réécouter" une grande part de que vous avez dit hier, des propos d'une qualité trop rare dans les médias. Votre dessein, tentative de "réconcilier l'homme avec la vie", mots chargés de sens que j'ai retenus de vos propos d'hier, à nouveau, vous les avez expliqués. Il ne s'agissait pas de banaliser la mort de la femme. (Cette manie binaire qu'on a de tout opposer.) Votre travail a le mérite de nous ramener au tragique de la condition humaine, et forcément de nous renvoyer à ce qu'il y a de plus trouble en nous, à cette difficile dialectique qui nous constitue pourtant comme humains, que l'ignorance crasse nous amène trop souvent à nier, au lieu de construire à partir de là, et d'y reconnaître le point de départ de toute éthique.
    J'espère de tout coeur que vous pourrez réaliser ce projet avec tous les éléments qui le composent et, par extension, continuer de nous inviter à prendre part à l'interminable processus de réconciliation avec la vie.
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  • Robert Libersan - Abonné
    16 avril 2011 09 h 15
    Merci !
    Merci M.Mouawad d'agrandir notre champs de conscience.

    À Mme Suzanne Bettez, je comprends que vous choisissez la peine de mort.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 avril 2011 09 h 22
    Le dramaturge contrit
    Ce qui me frappe dans cette lettre, c'est sa naïveté. Est-elle feinte ou sincère? Probablement sincère.
    Il se peut bien que l'auteur n'ait pas mesuré la portée de ses choix, qu'il soit sincèrement dépassé par les événements mais, s'il veut nous dire combien le théâtre est "en prise direct sur la vie", il lui faudrait peut-être se tenir au courant des enjeux, parfois triviaux, qui se bousculent sur le plancher des vaches et avoir à l'oeil l'importance des médias pour transmettre avec justesse ou non les messages.
    La justice ne s'exerce pas toujours équitablement et la violence peut prendre des formes très subtiles, sournoises.
    Un grand dramaturge qui compose avec le réel devrait être très bien informé sur l'actualité.
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  • Raymond CHALIFOUX - Abonné
    16 avril 2011 09 h 29
    ENOUGH!
    Porté qu'il était par cette "tsunamique" vague de reconnaissance venue du succès retentissant du film "Incendies", rien ni personne n'était de taille à affronter cette "bonne idée" venue à monsieur Mouawad de faire intervenir le Cantat dans son Sophocle.

    Or toutes les idées ne sont pas bonnes, c'est clair, et celle-là, tout particulièrement mauvaise, n'a juste pas été écartée à temps.

    Est-ce qu'on pourrait passer à autre chose, siouplaît...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    16 avril 2011 09 h 35
    Merci à Wajdi Mouawad, son texte m'aura peut-être fait grandir un peu.
    S'il y a une leçon à tirer de cet évènement, c'est à chacun de la trouver.
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  • propusto - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 07
    Wajdi, mon grand!!!
    Tout comme Suzanne Bettez ci-haut, moi aussi j'éprouve un malaise avec votre lettre publique. Premièrement, de vous retrancher derrière l'affirmation que justice a été rendue et que Bertrand Cantat a payé sa dette à la société, c'est un peu court et facile. De quelle dette parle-t-on? De quelle justice? Quand on sait que la Justice est souvent injuste. Il n'a pas voulu tuer celle qu'il aimait dites-vous. Quand on ne veut pas tuer une personne, on ne la frappe pas au visage à coups de poings et à répétition. La jalousie et l'intoxication sont, pour moi, des facteurs aggravants... parlez-en aux femmes qui vivent ou ont vécu avec des conjoints jaloux. Il serait temps que les hommes et les femmes soient tenus davantage responsables de leurs gestes posés sous le coup de la jalousie et de l'intoxication.

    Deuxièmement, d'utiliser, comme vous le faites, un jeune enfant pour passer votre message et attendrir l'auditoire crée aussi chez moi un profond malaise. Ça frôle la démagogie. Les politiciens d'ailleurs ont bien compris le procédé. À la lecture de la plupart des réactions à votre lettre, ça fonctionne.

    Vous avez le droit de défendre votre ami, mais ceux qui ne sont pas d'accord avec vous ne sont pas nécessairement des êtres inférieurs.

    Michel Gagnon
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  • André Michaud - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 10
    pas de justice
    Justement M. Mouawad il n'y a PAS eu de justice.

    Cantat était assez riche pour se payer un gros avocat qui lui a évité la justice, pour s'en tirer avec une sentence bonbon de 4 ans....

    On ne veux pas d'autres procès, seulement qu'il se sente assez honteux pour se faire oublier au lieu de courir les caméras...si il lui reste assez de compassion pour le M.Trintignant..et si il regrette vraiment son crime.
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  • Jacinthe Latulippe - Inscrite
    16 avril 2011 10 h 10
    Décence
    J’ai aussi un malaise à lire vos explications. Comme il a été dit, Mme Trintignant n’est plus, plus jamais.
    Vous avez ‘’choisi la justice’’, accordé votre pardon, grand bien cela vous fasse. Mais de quelle façon ce geste doit-il nous montrer la ‘’bonne voie’’ ? Vous dites «Est-ce juste de condamner deux fois un homme pour un seul crime?» Pour moi, il n’est pas question ici de justice ni de seconde peine mais de décence.
    J’ai été très troublée par cette proposition de spectacle, je n’ose pas imaginer la douleur de ses proches, des autres femmes victimes… Le respect de l’autre passe parfois par le silence, son silence à lui (M. Cantat) aussi. Je pense que la décence passe par ce silence. Merci de le respecter.
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  • Jacques Cayouette - Abonné
    16 avril 2011 10 h 11
    au nom de l'art
    Quelle façon de tout banaliser au nom de l'art un acte aussi ignoble.
    Une peine bonbon de quatre ans de prison.

    Évidemment tuer sa conjointe à coup de poing,c'est involontaire et après quatre ans la vie reprend son cour comme avant.

    Ce que je trouve le plus curieux,c'est que dans ce monde ou il y a tant de violence fait aux femmes,il y en aie encore pour prendre la défense de ce monsieur qui, au nom de l'art croit pouvoir tout se permettre.

    Je crois que c'est Patrick Lagacé qui a eu le mot juste.
    Si mon ami avait tuée sa conjointe et de façon aussi cruelle,il ne serait définitivement plus mon ami
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  • Jocelyne Gagne - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 14
    Peu de mots à rajouter... Beaucoup à réfléchir...
    Monsieur Mouawad,
    Que de beauté, d'émotions, de profondeur, de nuance, de vérité, de dignité, à l'écoute de cette entrevue tant attendue. Et cette lettre à votre fille...
    J'étais de celles qui aurait souhaité vous retrouver auprès de madame Quintal la semaine dernière, elle si forte dans le "tsunami". Ce n'est certainement pas l'envie qui vous a manqué. Votre présence ici aurait "peut-être" évité des dérapages à grande heure d'écoute... Maintenant, je comprends mieux votre silence.
    J'entends aussi que dans cette expérience, vous avez perdu, j'espère!, un peu cette "naïveté", qui vous faisait croire qu'on puisse lancer un pareil sujet en public, sans y ajouter des éléments de contexte.
    Vous le savez maintenant, nous n'avons pas tous lu ces tragédies grecques, n'avons pas vécu les horreurs de la guerre et essayons de pratiquer la tolérance zéro face à toute forme de violence, vécue ou rappelée.
    Merci de continuer à élargir nos horizons dans ce pays de "Cà va bien" et de mettre "à l'agenda" des sujets qui bousculent mais font certainement progresser.
    Jocelyne Gagné
    Rimouski
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  • jocelyne53 - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 23
    Le silence….
    Dans certaines circonstances, le silence a plus de force que les mots. Je crois que votre choix était pleinement justifié et je vous en félicite. J'espère seulement que votre carrière ne sera pas mise en jeu à cause de cet événement qui relève de la morale et de la justice. Votre choix de Cantal, remet ne question notre tolérance devant certains faits.
    Moi-même, je fus révoltée de votre choix mais après réflexion, je me dis que si on fustige sans arrêt ces gens qui montrent un remord sincère et un désir sincère de réintégrer la société, il est dangereux de les stigmatiser.
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  • tohi1938 - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 26
    Le théâtre est le paradis de l'illusion.
    L'utilisation du procédé de la "lettre" à des fins "dramatiques" est loin d'être nouvelle, qu'il s'agisse des épitres de St-Paul aux insolences du frère Untel en passant par les Provinciales de Pascal.
    Il s'agit de créer une illusion qu'un metteur en scène de la trempe de W. Mouawad maîtrise à la perfection, et tout y passe y compris l'éloge du judiciaire... plutôt mis à mal par les temps qui courent à cause de ses errances.
    C'est une mise en scène, ce n'est qu'une mise en scène réussie, certes, en terme de procédé mais parfaitement indéfendable parce qu'il ne s'agit plus de l'illusion, mais d'un crime bien réel.
    Posons nous la question: cette "lettre à Aimée" aurait-elle pu être écrite comme "lettre à Marie" et signée J-L. Trintignant?
    Pour aller crûment au fond des choses, aurait-il pu conclure ainsi:
    Si jamais ton mari, ou ton amant te tue, j'en ferai le héros de mon travail
    Allons donc...
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  • Pascal Chevarie - Abonné
    16 avril 2011 10 h 31
    Justice et morale
    N'est-ce pas là, exactement, le dilemne d'Antigone? Nous voici donc, cher Wajdi, plongés au coeur même de l'oeuvre, à nous débattre comme les citoyens d'Athènes.

    Ceci dit, ces mots ("Traverser pour se libérer. C'est peut-être cela un père: pont et ravin. N'être qu'un pont, c'est empêcher le ravin, garant de liberté; n'être qu'un ravin c'est empêcher sa traversée et retenir l'enfant sur sa propre rive.") sont les plus beaux, les plus justes, que j'aie lu à propos de la paternité. Ce matin, ils m'ont ému.
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  • Pierre Hadrien - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 34
    Que de mots, que de discours...
    Selon moi, M. Mouawad, dans son entrevue à Radio-Canada, a su, par sa maîtrise du discours, nous servir ce qui suit : coups et blessures ayant provoqué la mort = homicide involontaire = crime passionnel = tragédie grecque... En fait, j'estime qu'il s'est un peu planté en ne procédant plus tôt en à sa savante réflexion. Il tente maintenant de réparer les pots cassés. J'ai dû mal à croire que tout le monde gobe ses explications sans broncher. Et il en rajoute avec la publication de cette création artistique... Enfin, je lui souhaite d'avoir raison... et si Bertrand Cantat explose à nouveau, j'espère qu'il ne se défilera pas par de belles paroles ou l'absence...
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  • Marc Jutras - Inscrit
    16 avril 2011 11 h 00
    Silence et le passage du temps
    L'intelligence et la lumière sont souvent prises à partie ces temps-ci. Lire ce texte, avoir écouté la déferlante, avec la violence exprimée en beau comme en laid de l'humain, avoir lu les textes ci-haut et celui de M. Mouawad me touchent et m'émeuvent. Enfant, ma mère me disait que ce nous n'aimons pas et souvent ce que nous ne comprenons pas. Ainsi, la décision de retenir, Monsieur Cantat, est selon ce que nous dit M. Mouawad, plus que pertinente. Toutefois, la violence du geste et la trop courte période écoulée depuis les évènement, rendent difficile "l'entendement" souhaitée par M. Mouawad. Le temps n'a pas encore adoucie les plaies qui saignent toujours. L'idée est riche pour tous, mais le geste est prématuré. Le temps guéri, mais il faut lui laisser le temps.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    16 avril 2011 11 h 09
    Au-delà de l'horizon de nos yeux
    J'ai lu dans vos lignes
    Des passions si fortes
    Et des raisons si raisonnables
    Qui attendaient le moment propice
    Pour expliquer les musiques
    De vos âmes

    Croyez bien, que j'ai lu aussi
    entre les lignes
    Toutes vos histoires d'amours
    De souffrances et de morts

    Mais tout ce que je voudrais vous dire aujourd'hui
    Avant de partir
    Vers d'autres désirs
    C'est qu'au-delà de l'horizon de nos yeux
    Tout recommence à nouveau.
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  • Christiane Gervais - Abonné
    16 avril 2011 11 h 28
    Encore du Mouawad, mais...
    On peut très bien reconnaître que justice pénale a été rendue dans le cas de votre ami mais n'avoir nulle envie de partager avec lui Sophocle. Les cris de douleur qui résonnent à nos oreilles ne sont pas encore les siens, sûrement les entendrons-nous un jour, mais pas maintenant.

    En entrevue, vous avez parlé de «crime d'amour» et de «crime passionnel», comme si ces qualificatifs accolés au mot crime en faisaient disparaître l'horreur. Comme si l'amour douloureux, poqué, jaloux, poussé à son paroxysme, ne pouvait mener qu'au crime : les dieux guidant la main de celui qui donnait la mort.

    Je choisis également la justice, mais elle n'est pas la même que la vôtre; contrairement à vous, je choisis celle qui doit être rendue aux victimes pour qui la douleur et la perte n'ont pas pris fin au jour un de l'emprisonnement de leur meurtrier. La justice n'est pas qu'affaire de peine de prison purgée, parlez-en à ceux qui ont injustement été condamnés par cette justice-là!
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  • Virginie Lamb - Abonnée
    16 avril 2011 11 h 30
    Tolérance ?!
    "Votre choix de Cantal, remet en question notre tolérance devant certains faits." (jocelyne53)

    Certains faits: l'assassinat gratuit et cruel d'une jeune femme qui avait encore toute la vie devant elle. Des parents dont la vie a été détruite par la mort de leur fille.

    Je suis fière de démontrer de l'intolérance vis-à-vis le meurtrier de cette dame et vis-à-vis quiconque ose s'en prendre à la vie d'autrui. Je suis fière de ces hommes et de ces femmes qui se lèvent aux côtés des victimes de la violence, quelle qu'elle soit.

    Condamner le crime odieux de Bertrand Cantat et dénoncer sa présence dans la sphère publique, ce n'est pas promouvoir la peine de mort, comme l'a prétendu un lecteur, ce n'est pas non plus faire preuve d'intolérance: c'est plutôt faire preuve de respect pour toutes les victimes de violence (hommes, femmes et enfants) et pour leurs familles. C'est être solidaire.

    Intolérante dites-vous ? Oui, je le suis. Jamais je ne pourrai tolérer qu'un être humain se fasse sauvagement assassiner, que le geste soit prémédité ou non.
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  • Georges Paquet - Abonné
    16 avril 2011 11 h 33
    Faire barrage à la barbarie de la vengeance...
    Mais, cher ami, c'est de celà dont il est question dans le regard que vous portez sur votre ami... Pourtant, c'est de vengeance dont est morte Marie... La justice institutionnelle, n'est qu'un élément de la Justice.
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  • Teri - Inscrite
    16 avril 2011 11 h 38
    Wadji, l'homme réfléchi.
    Wadji Mouawad nous permet d'aller au plus profond de nous-mêmes. Les entrailles de l'être humain est la partie la plus profonde, la plus essentielle et la plus intime qui nous plonge au coeur d'émotions les plus vives. Vous avez choisi le silence dans cette montée au créneau des médias. Très bon choix de votre part. Comment se fait-il que cette polémique n'a lieu qu'au Québec? Une société qui donne des leçons aux autres, une société de façade vertueuse. Monsieur Mouawad, vos mots et vos gestes créatifs sont ceux d'une personne qui réfléchit, qui esaie de comprendre, qui ne se défile pas.

    À Monsieur Denoncourt: garder le silence, vos propos sont trop violents et irréfléchis.
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  • Claude Giroux - Inscrit
    16 avril 2011 11 h 41
    L'art d'éteindre un Incendie... (partie I)
    Une lettre émouvante écrite pour émouvoir… Elle s’adresse à une enfant de trois ans, mais la plupart des lecteurs sont beaucoup plus âgés. Je me sens un peu voyeur de lire une lettre qui ne m’est pas adressée (tant qu’à jouer dans la rhétorique…)

    Il semble que l’on soit meilleur pour allumer des incendies que pour les éteindre. Un meurtrier reste un meurtrier. La justice donne des peines de 12 ans et des libérations conditionnelles pour une raison de coût de captivité, peut-être (il y a des exceptions, je sais). N’empêche que nous savons tous que 12 ans c’est très vite passé et que pour les parents et amis des victimes nous sommes encore à 12 secondes après la disparition. On doit savoir aussi qu’une personne publique a plus d’amis que la moyenne, ne serait-ce que « symboliquement », et qu’il faut les respecter aussi.

    Il faut arrêter de dire que la dette est payée, c’est une sentence à vie. Une libération reste conditionnelle. À mon avis, un meurtrier doit faire le sacrifice de sa vie comme il a sacrifié celle de l’autre (pas physiquement, le suicide est trop facile), il doit renoncer à ses passions et ses anciens plaisirs, il doit penser aux autres et servir humblement la société afin de l’aider à prévenir d’autres drames, par exemple. Fouillez un peu, et vous trouverez un nombre impressionnant de personnes qui sont passées de prisonniers à aide aux prisonniers ou aide sociale.

    Il y a suffisamment d’autres guitaristes et chanteurs dans le monde, tous plus dramatiques les uns que les autres. Pourquoi choisir celui-là ? Cherche-t-on à créer un événement à sensation ? En tout cas, jusqu’à maintenant, c’est réussi. Une société qui ne se soulève pas contre ce genre de chose est une société « gorille » où la loi risque de devenir celle de la jungle. Une justice « jeu vidéo » où on compte le nombre de vies qu'il vous reste. L’esprit doit resté ouvert pour les bonnes portes…
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  • Denis Paquette - Abonné
    16 avril 2011 11 h 42
    Selon l'environnement ou je suis né, je suis enfant de libertés ou de haines
    Wajdi, très intéressant ton texte ou tu parles de paroles, d’amour, de silences et de symboles et peut être de mythes. Il existe un autre intervenant cette semaine, dans ce même journal, qui disait, que la religion catholique avec créée l’enfer pour exprimer cette difficulté, qu’il y a cette expression « va chez le diable » pour exprimer cet état d’âme. Au Québec, nous connaissons bien le silence, le silence devant la vie, le silence devant les enfants, le silence devant les vieux, le silence devant le pouvoir, le silence devant la mort et le silence que j’ai connu enfant. Heureusement qu’il y a eu le théâtre qui m’enseigna la prise de paroles. Quelle merveilleuses choses que de pouvoir laisser parler ses atomes et surtout son empathie, même si c’est maladroitement. Tu parles d'aimer mais pour certaine "qui aime bien punit bien" Sur ce, je te remercie et te souhaite longue carrière
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  • michdubois - Inscrit
    16 avril 2011 11 h 48
    Faux dilleme
    Argumentation fallacieuse...

    Voici le faux dilleme dans toute sa splendeur:

    (...)mais de choisir. Soit tu choisis le symbole de l'homme qui tua une femme(...)
    (...)par contre, tu choisis de défendre la justice, défendre l'idée (...)

    ying/yang, noir/blanc, oui/non, gauche/droite, red/blue pill, dieux/diable, bon/mauvais, bien/mal, (etc...)

    Ah, c'est donc facile d'offrir deux choix à un enfant (aussi un adulte). Facile d'exposer les choix, facile d'y répondre.

    Ce dilleme offre beaucoup plus que deux choix.

    Mais regardons de plus près:
    En énumérant les deux choix du faux dilleme, il utilise des mots dans ses affirmations qui guident le lecteur vers son propre choix.

    Choix A (celui qu'il s'oppose): "(...)tu choisis le symbole" le mot symbole est pas mal négatif i.e. symbole religieux, De plus tu le choisis (pris dans un dogme).

    Choix B (celui qu'il défend): "(...) deffendre la justice" le mot justice est noble. De plus tu le defends, "défendre" qu'elle noble cause, libre.

    Argumentation logique WM s.v.p.

    Michel
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  • Rosamunde Halle - Inscrit
    16 avril 2011 11 h 50
    Justice comme valeur
    Il me semble de bon manipulateur ce de faire appel à une lettre à la fille comme resource littéraire, pour se cacher.
    Si le symbole a du pouvoir, c'est parce qu'il est humain. Humains sont les valeurs. La Justice comme valeur, est un symbole. La justice des parquets est normative, elle peut changer et elle est imparfaite. Quand la justice n'est pas la Justice, il y a qqch qui dérange, les gens le savent. Pourtant Cantat avec le pouvoir symbolique de ses actions pasées jette dans le visage des femmes qqch qui dérange, et il jette qqch de mauvais pour la construction d'une société qui progresse contre la violence dans la famille. Le pardon est individuel, la Justice comme valeur appartienne à la société.
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  • Marie Lauzier - Inscrite
    16 avril 2011 11 h 57
    Merci monsieur Mouawad
    Votre sensibilité m'atteint aussi fort qu'un tsunami.

    Votre présence sur cette Terre me fait beaucoup de bien en me réconciliant avec l'Humanité.
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  • Robert Houle - Inscrit
    16 avril 2011 11 h 59
    déroutant
    "et si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains."



    Je ne crois pas que sa fille de trois ans puisse comprendre que son père puisse envisager la possibilité de devenir un jour son propre assassin...en tout cas moi je ne comprends pas . Il me semble qu'il y a des messages d'amour plus convaincants.

    La justice est humaine et donc parfois...souvent...injuste.

    LA TRAGÉDIE FAIT PARTIE DE LA VIE, MAIS CE N'EST PAS DU THÉATRE....
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  • pol-pol - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 03
    Basta la solidarité masculine!
    M. Mouawad nous a fait une belle demonstration de solidarité masculine comme on l'a retrouve en France ou les femmes sont toujours maintenues dans un statut de "nana" et comme en Grèce ou la violence faite aux femmes est toujours du domaine du privé. En France, on s'offense des femmes voilées mais la justice francaise stipule que la vie d'une femme ne vaut que 4 ans la vie d'un homme. Ici au Québec nous luttons pour la tolérence zéro envers la violence faite aux femmes. Dans les années 60's on disait qu'une femme c'est comme un morceaux de steak, plus on l'a bat et plus elle devient tendre...ou encore "bat ta femme au moins une fois par semaine, si tu ne sais pas pourquoi, elle elle le sait...c'est fini tout ca! J'ai juste une chose a dire a M. Mouawad, "Get real!" comme dirait les anglais, la vie n'est pas de la littérature!
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  • Olivier Spéciel - Abonné
    16 avril 2011 12 h 12
    WADJI MON GRAND GARÇON,
    Tu persistes, par tes silences intimes à pleines pages et aux heures de grandes écoutes, à ''couronner la saison anniversaire'' du TNM par un évènement ''exceptionnel'' avec ton copain.

    Avant de me séduire avec la ''démesure de ce grand événement Théâtral'' dans le confort réchauffé des nouveaux fauteuils de tes publicistes, pourrais-tu comprendre ce que dit W. James Booth dans Communities of memory: On witness, identity and justice ?

    C'est un professeur. ''Sophocles'' surgit à la page 124.
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  • tenor - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 18
    Cas de conscience
    Je dois dire que cette situation ocasionne en moi un gros cas de conscience et, depuis le battage médiatique autour de la venue de M. Cantat, force m'est de constater que je ne suis pas aussi ouvert d'esprit que je ne le croyais. J'ai beau me dire qu'il a payé sa dette à la société, je ne peux m'empêcher de penser au symbole qu'il représente envers toutes les femmes violentées et assassinées. Je considère encore que c'est un manque de jugement de vouloir l'insérer dans cette pièce qui tourne autour du thème de la femme. Je suis totallement pour la rédemption et la réinsertion sociale des détenus, mais dans ce cas-ci, je crois que c'est beaucoup trop tôt; ça ne lui serait pas bénéfique, compte tenu de l'opinion des gens. D'un autre côté, les métiers publics sont probablement ceux dans lesquels il est probablemenet le plus difficile, voire même impossible pour un ex-détenu de se réinsérer et M. Mouawad voit l'homme et l'artiste, au-delà du geste criminel qu'il a posé et pour lequel il a été incarcéré...c'est une de ces situation ou il y a tellement de zone grises qu'il m'est difficile de prendre une position affirmée.
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  • Roshdy Yann - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 28
    Justice et morale
    Je déplore que vous véhiculiez des préjugés sur la violence conjugale monsieur Mouawad. Notamment, parler de passion ou de jalousie en lien avec la violence conjugale est totalement inapproprié. La violence conjugale se base sur une relation de dominance appliqué par l'individu violent. Que se soit psychologique, physique, verbale, économique ou sexuel.

    De plus vous diminuez la portée du geste de Bertrand Cantat en impliquant qu'il était sous facultés affaiblies. Afin de battre à mort son épouse, monsieur Cantat à du asséner au minimum quatre coups donc un assez fort pour provoquer "l'écrasement du nez de la comédienne qui, en provoquant des lésions internes, a entraîné l'oedème cerébral à l'origine du décès."
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/comment-bert

    Ceci-dit, je suis tout à fait d'accord avec vous lorsque vous vous rangez derrière la loi. En effet, la loi canadienne empêchant les personnes coupables de crimes graves d'entrer dans notre pays résout l'épineux débat sans mêler la justice et la moralité.

    Afin de comprendre la portée de votre geste monsieur Mouawad, vous auriez du prendre le temps de vous informez sur la violence conjugale. Ces crimes barbares, souvent non-dénoncés et non-punis est un fléau de notre société. Mon seul regret dans votre tentative est intrinsèque à votre approche si peu orthodoxe mais complètement inadaptée de la réalité. http://www.violenceconjugale.gouv.qc.ca/

    Pour finir je déplore aussi que les Québécois ne fassent pas la différence entre justice et morale comme vous monsieur Mouawad. Pourtant, comme il a souvent mentionner durant ce débat. Le théâtre n'est pas l'avant-garde de la moralité de notre société. Le théâtre est plutôt une réflexion de notre société. Un miroir à travers lequel nous pouvons rendre compte de notre culture. De sa beauté jusqu'à sa laideur...
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  • Roland Berger - Abonné
    16 avril 2011 12 h 37
    L'ignorance crasse de l'élite culturelle
    Comme le souligne Madame Marcotte ci-dessus, aussi talentueux et intelligent qu'il soit, Monsieur Mouawad aurait dû sortir un moment de sa bulle artistique pour « se tenir au courant des enjeux, parfois triviaux, qui se bousculent sur le plancher des vaches. » Il a omis de le faire et, par cette omission, il a méprisé sa culture d'adoption, ce qui est un lieu commun pour l'élite culturelle québécoise. (Je laisse le lecteur à trouver ses propres exemples. Ils ne manquent pas.)

    Les Québécois sortent à peine, et combien difficilement, d'une culture catholique qui considérait et considère encore les femme comme des machines de reproduction devant en tout point obéir à leur mâle de mari, ce dernier étant béni par l'Église pour lui donner encore et encore des petits catholiques. Le manque de sensibilité de l'auteur d'Incendies à cette réalité lui a fait commettre une erreur, une erreur qu'il refuse d'admettre. Une erreur morale.

    Monsieur Mouawad s'est drapé de sa liberté d'artiste au point de ne pas voir le mépris dont il a été l'auteur, au point de refuser de comprendre celui dont il a été l'objet. D'où l'évident malaise éprouvée par Madame Dussault lors de l'entrevue qu'il lui a accordée, après un long silence mal expliqué.
    Roland Berger
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  • Sisyphe - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 45
    Émotion ou diversion?
    Ce texte devrait m'émouvoir et pourtant non. Il me semble une autre forme de banalisation, enveloppée dans un discours qui se veut touchant, d'autant plus qu'il s'agit d'un père qui adresse à une enfant. S'adresser ici à une enfant ne me semble pas pertinent parce que le procédé nous détourne du propos véritable: est-il de mise d'intégrer un homme qui a tué sa conjointe à des pièces de théâtre au coeur duquel se joue la violence patriarcale qui entraîne la mort de femmes? (Chacun peut lire Sophocle à sa façon). Le silence bienfaisant, dont nous parle W. Mouawad, son ami Cantat ne pourrait-il pas en tirer profit lui aussi, se faire oublier? Rien n'explique en quoi choisir Cantat est indispensable pour jouer ces pièces?. "L'art est miroir de souffrances et de douleurs". De quelles souffrances et de quelles douleurs s'agit-il? Celles de Cantat? Celles de ceux et celles qui ont perdu une mère, une soeur, une amie dans des circonstances semblables à celles de la mort de M. Trintignant? La JUSTICE ne serait-elle pas aussi de penser à elles? La morale est le fondement de toute justice, on est mal avisé de les opposer. Faire un choix pour réhabiliter un ami est aussi un acte moral. Tenter d'utiliser l'émotion et la culpabilisation personnelle ("on ne le condamne une autre fois en l'obligeant à se taire") pour détourner la critique ne me semble pas très fort comme argument. La justice, ça pourrait aussi être de demander que celui qui a fait taire à jamais une femme qu'il disait aimer se taise lui-même, et surtout, qu'il ne prenne pas la parole dans des pièces sur les femmes. Qu'il se réhabilite sutrement. Quand W. Mouawad dit qu'il ne s'attendait pas à ces réactions, je ne le crois pas. Dans une entrevue accordée à Christiane Charette, que rappelait hier Anne-Marie Dussault, il avait fait allusion à la présence de Cantat dans ces pièces en annonçant que ce serait "un choc".
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  • Émile Essent - Inscrit
    16 avril 2011 12 h 51
    Qu'appelez-vous un « criminel » ?
    @ ceux qui parlent de « criminel ».

    Est-ce bien votre intention d'identifier la personne à son acte ? Si celui dont un geste a contribué à un décès est un «criminel», pensez que celui qui une fois a menti sera un «menteur», celui qui un fois aura bu un «ivrogne», celui qui une fois se sera énervé un «violent».

    Avec votre logique je suis un menteur, un ivrogne, un violent, un chauffard, un abuseur, un intolérant, un malhonnête et bien d'autres choses encore.

    Vous aussi, sans doute..
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  • Claude Simard Claude Simard - Abonné
    16 avril 2011 12 h 59
    Au nom de la passion
    Ce n'est pas un drame passionel, la justice Lituanienne n'a pas voulu de cette description. C'est le meurtre d'une femme. La voilà la banalisation. Il a avoué sa méconnaissance du sujet quand Anne-Marie Dussault lui a expliqué qu'ici, un crime passionnel implique la culpabilité de la victime. Au profit de son art...Il détourne le sens même de l'interprétation que la justice qu'il respecte pourtant a rendu à cette affaire ....Il n'a pas voulu répondre à la question d'Anne-Marie à savoir s il est lui-même victime d'un choc de culture et même indépendant ou pas, on aurait répondu avec la même force.
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  •  
  • Jacques Brassard - Abonné
    16 avril 2011 13 h 04
    Des rois et des tyrans

    Qu’elles découlent de victoires guerrières ou de manipulation des masses, les dynasties naissent toutes d’individus qui s’autoproclament roi ou dictateur.
    L’esprit scientifique à la source des découvertes utiles à l’humanité fait constamment appel au « doute » quant aux hypothèses de départ. Il semble malheureusement en être autrement pour les « artistes », ces derniers se devant d’éviter à tout prix le doute s’ils veulent percer.
    Tout comme un roi ou un dictateur, M. Mouawad se hisse lui-même au-dessus de la plèbe, sous prétexte qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour arriver à la cheville de ses perceptions.
    La virtuosité verbale demeure souvent un parfum séduisant, mais comme Liberace en aura été la preuve évidente, les bijoux et la technique, bien que séduisants, charment la plèbe mais laissent indifférents les mélomanes avertis.
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  •  
  • rossignol - Inscrite
    16 avril 2011 13 h 07
    Considérations sur le silence
    . Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence."
    Euripide, extrait de Fragments
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  • René Brisebois - Inscrit
    16 avril 2011 13 h 21
    De l'immoralité de la justice
    -Plutôt, se garder de la justice.
    (Rimbaud, Une Saison en Enfer)

    La quasi unanimité des commentaires des lecteurs à louer la prétendue générosité de notre dramaturge du tragique pour le tragique me laisse interdit. Faut-il rappeler ici que pendant que Marie Trintignant agonisait, victime de l'ami de monsieur Mouawad, la star rock trouvait le temps de téléphoner à son avocat qui, comme on le sait, lui a obtenu par la suite la sentence minimale compte tenu des circonstances particulièrement violente du meurtre de l'actrice, qui n'a rien eu d'un accident, contrairement à ce que Cantat tenta de le faire croire à la justice, dans un premier temps? Nous savons tous que dans notre société de droit, ceux qui ont les moyens s'en tirent toujours à meilleur compte. Le riche ami du dramaturge québécois n'a pas fait exception à la règle. D'entendre Wajdi parler au nom de la Justice avec un grand J sans craindre le ridicule montre tristement qu'il n'a rien appris de l'évènement navrant qu'il a lui-même déclenché dans sa candeur abyssale. Souhaitons à l'enfant prodigue du théâtre québécois de parvenir un jour à l'âge d'homme et de dépasser enfin la révolte bête dont parlait Rimbaud.
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  • Janie - Abonnée
    16 avril 2011 13 h 27
    Merci à vous monsieur Mouawad
    Droit au coeur votre lettre...
    Nul besoin d'en dire plus...
    Le silence est l'aboutissement suprême du langage et de la conscience.
    [J.M.G. Le Clézio]
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  • Nathalie10 - Inscrit
    16 avril 2011 14 h 00
    Du grand art !
    Malaise ! Tout comme Suzanne Bettez…
    Profond malaise ! Tout comme « propusto » / Michel Gagnon…
    De la Décence, comme le dit Jacinthe Latulipe, et j’ajouterais, un peu de discrétion dans une situation qui date de si peu de temps n’aurait pas nui…

    Vous avez manqué de diplomatie et de sensibilité envers vos compatriotes québécois et envers ceux qui apprécient l’Art en général et votre art en particulier.

    Mais, ce qui me trouble le plus ici, c’est le grand art avec lequel vous avez UTILISÉ votre petite fille de trois ans, toute petite, toute mignonne, et qui répond au joli prénom de Aimée, pour nous faire accepter votre opinion, votre message, et je n’ose dire que vous devez avoir une capacité de manipulation… sauf, que cela vous a réussi à merveille.

    Vous avez reçu des Ho ! et des Ha ! à profusion, exactement comme tous les gens « normaux » le font à la vue d’un tout-petit. Qu’y a-t-il de plus beau et de plus touchant qu’un tout petit enfant ?

    Ceci dit, je suis en accord sur un point : il n’y a qu’une seule chose d’important et de primordial dans la Vie, c’est l’Amour avec un grand A. L’amour universel, l’Amour de l’humanité et pour le reste, cela appartient à chacun.

    Et je ne suis pas d’accord avec certains, que B. Cantat doive demeurer dans le remords et la honte toute sa vie ; il lui faut plutôt arriver à SE pardonner lui-même. Ce n’est pas à nous de le faire.

    Monsieur Mouawad, n’êtes-vous pas metteur en scène ? Alors, vous êtes un maître :-( en la matière… Vos témoignages, verbal et littéraire, ne m’ont nullement touché ! Ni impressionné !
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    16 avril 2011 14 h 04
    Au secours !
    "(...) et si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains. ''

    Appelez la DPJ quelqu'un ! On dérape là... Un peu normal avec le stress accumulé. Moi, j'aurais choisi de continuer à me taire. Ce texte ne fait qu'alimenter le Tsunami. Wajdi, écoute la télé ce soir. Guy Godin tue sa femme et se sauve dans la montagne. Ça s’appelle La corde au cou. Allez, je me tais.
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  • gcyr - Inscrit
    16 avril 2011 14 h 07
    "Réaction identitaire des Québécois" et "adéquation": 2 commentaires

    Au sujet de la réaction “identitaire” des Québécois: ne pas oublier d’y inclure leur passé judéochrétien pas si lointain, le clergé dominateur (parfois même intégriste) pendant la plus longue partie de leur existence collective. On comprendra mieux alors la réaction allergique très puissante (un “tsunami”) qu’ils ont développée à l’égard des “nouveaux curés”, porteurs de la morale publique, qui savent mieux que quiconque ce qui est bien et ce qui est mal.

    Au sujet de “l’adéquation”: en psychologie, on parlerait “d’acting-out”, i.e je lance dans le monde extérieur le drame intolérable que je vis à l’intérieur. Quel est l’impact de vraiment sentir la face sombre d’un individu violent (Cantat) pour une être hypersensible (Mouawad), brillant, déjà transporté dans son oeuvre par ces thèmes de haine, violence, meurtre et réparation? Impact peut-être trop lourd pour le porter tout seul. Le théâtre et son public devenait nécessaire.
    C'est là où le Réel a fait irruption dans le Théâtre.
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  • François Beaulé - Abonné
    16 avril 2011 14 h 53
    Complexité et bêtise
    L'être humain est complexe, nous le savons tous. Mais il est bête aussi, terriblement bête. Le mal, c'est souvent la bêtise. Qui peut mener jusqu'au meurtre.

    L'amour, la vérité, la liberté sont nos idéaux. Mais nous ne les possédons pas. Nous les cherchons, nous les approchons, sans jamais nous les approprier.

    Bertrand Cantat aimait Marie Trintignant selon Wajdi Mouawad. Il serait réaliste d'affirmer qu'il l'aimait mal. Sans vérité et sans liberté, l'amour n'a pas beaucoup de valeur. Qu'est-ce d'autre dans cette violence extrême que la volonté d'imposer à l'autre un sentiment, une relation, un comportement?

    Le crime de Cantat est incompatible avec le rôle d'artiste. La justice officielle, celle d'un État n'est pas la Justice. Cantat mérite votre amitié, M. Wajdi, mais il ne mérite pas d'être acclamé sur une scène. Surtout pas si vite.
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  • MDiane Bouchard - Inscrit
    16 avril 2011 14 h 52
    Liberté d'expression, liberté de choix.
    L'artiste se doit d'être libre.
    Comme consommatrice d'art, j'ai le privilège de choisir ce que je veux voir ou entendre.
    Ne tuons pas l'artiste....
    Partagez sa vision?
    Personne ne nous y oblige.
    Laisser couler la rivière.
    Assister ou non aux représentations restera toujours notre ultime parole.
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  • Sisyphe - Inscrit
    16 avril 2011 15 h 04
    Passé judéochrétien
    Concernant l'influence judéochrétienne, il n'est pas nécessaire d'être né au Québec pour la choisir et elle peut faire partie d'identités autres que québécoises. Dans un article où l'on parle de "présupposé religieux" chez W. Mouawad, voici ce qu'on peut lire:

    «À propos de ce "présupposé religieux", voici ce que Wajdi Mouawad a écrit dans le programme de "Don Quichotte" de Cervantes, qu’il a mis en scène pour le TNM en 1998 : "J’ai pensé à [...] OEdipe qui se met en route parce qu’il est raisonnable et que les autres sont fous. [...] Mais le lien le plus important s’est produit cet été lors d’un pèlerinage que j’ai fait avec Jean-François Casabonne : on a marché mille kilomètres en visitant toutes les églises, de Carleton à Montréal. [...] Au long de cette marche en prière, j’ai pris le temps de me pencher sur le personnage que j’aime le plus, le Christ, et sur ce qu’il a dit. La foi est chez moi tantôt affaire de volonté, tantôt affaire de grâce. » (p. 8)

    Sources : Document PDF, « De Wajdi… à Wahab », par Pierre L’Hérault, Jeu : revue de théâtre, n° 111, (2) 2004, p. 97-103. L’auteur citait lui-même Diane Godin, « Wajdi Mouawad ou le pouvoir du verbe », Jeu 92, 1999, 3, p.99.

    Il y a une réponse à W. Mouawad ici:
    http://sisyphe.org/spip.php?article3843
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  • Moteur - Inscrit
    16 avril 2011 15 h 19
    De l'universel au personnel
    Votre thème porte sur un sujet universel.

    Une simple lettre de la famille de la victime accompagnant la présentation de la pièce aurait été de loin plus pertinente que cette démonstration d'inconscience et de mégalomanie consternante!

    Même si on vous rappelait mille fois que votre choix éclipsait l'universel pour en faire quelque chose de personnel, je pense que vous persisteriez à ne pas vouloir comprendre et à vidanger honteusement la faute sur ceux qui tentent par tout les moyens de vous le faire comprendre.

    Tout ce que vous dites dans cette lettre n'est pour moi qu'un élixir sirupeux juste bon à donner des caries!

    Contentez-vous de faire ce que vous savez faire de mieux, soit du théâtre qui est selon la définission de mon livre à moi une re-création de la réalité.

    L'illusion dans ce processus, définit le processus lui-même et sans cela, il ne reste plus grand chose qui a de la valeur à mes yeux!
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  • Décary-Charpentier Normand - Inscrit
    16 avril 2011 15 h 25
    De la scène au désert!

    Il ne s'agit pas d'avoir raison, mais de choisir, dites-vous. Je dirais plutôt sans vouloir avoir raison: "il ne s'agit pas d'avoir raison, mais d'aimer. L'amour n'est pas sélectif, il est bon pour tous tout comme l'eau potable est potable pour n'importe qui.
    Le pouvoir du choix est toujours en dialogue avec le pouvoir de la réalisation de soi. Nous ne pouvons choisir n'importe quoi sans souci pour ce que nous sommes. Nous ne pouvons choisir n'importe quoi, n'importe comment au risque de sécher comme un sapin dans le désert.
    De planter Cantat sur la scène permettait à votre pièce de se réaliser, peut-être! Cantat pouvait-il se réaliser comme personne dans ce rôle. C'est lui donner l'illusion qu'il peut s'enraciner à nouveau dans une zone qu'il a lui-même transformée en désert. C'est un ermitage qu'il lui faut dans son désert pour accéder à la lucidité sur son drame. Meilleur lieu pour trouver une nouvelle source de sens. Marie Trintignant est dans un endroit plus étroit et désertique. S'il prétend aimer cette femme qu'il la cherche dans la poussière du désert et non dans la poussière de gloire. Sa présence est une arme tranchante pour bien des cœurs, elle rendra justice à s’isoler.
    Et vous, que devez-vous choisir pour vous réaliser? Sûrement d'être proche de votre fille plus que d'Antigone comme votre Aimée le dit très bien dans son langage.

    Le désert n’est-ce pas un pont entre le ciel et la terre : « Le goût de l’amant pour le regard de l’amante ne vient-il pas des étoiles? » ( Rilke, Élégies de Duino, Troisième élégie ( 1913), Seuil, 1972, p.353)
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  • Manon Carrière - Abonnée
    16 avril 2011 15 h 41
    Bande dessinée
    Je propose à monsieur Mouawad de mettre la lettre qu'il adresse à sa fille de trois ans- je me suis quand même permis de la lire - sous forme de bande dessinée. Cela la lui rendrait sans doute plus compréhensible avec toutes ces graves et complexes questions qu'elle contient, tous ces mots bien compliqués pour une si jeune enfant... Remarquez, il pourrait tout autant en faire faire un dessin animé en s.adressant aux amis dont il ne manque pas dans le showbizz...

    D'une ma tante bien intentionnée
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  • dboissi - Abonnée
    16 avril 2011 15 h 47
    L’art et l’insupportable
    La seconde peine infligée à un criminel déjà jugé est incontournable. Cette seconde peine est et sera toujours l’opprobre de la société. C’est la règle immuable de l’humanité qui n’est pas angélique de nature, il faut bien se l’avouer.
    La société a pourtant la capacité d’atténuer l’opprobre qu’elle ressent et elle y arrive au moyen du symbole. Le problème ici, c’est que Bertrand Cantat n’est pas un symbole, comme vous le proposez dans votre texte. Il est la source même de l’opprobre que provoque la violence, et en particulier, de celle faite aux femmes (dont il est question dans la trilogie de Sophocle). L’artiste que vous êtes ne peut imposer l’insupportable à la société à laquelle il s’adresse; il ne peut, sans danger pour son projet, lui imposer le personnage réel source tangible de cet opprobre aux lieu et place du symbole.
    Si le créateur du film «Polytechnique», Denis Villeneuve, avait imposé la participation réelle du tueur dans sa distribution des rôles (en admettant que ce dernier ait survécu à son geste), je crois bien que la société d’ici aurait qualifié ce choix d’insupportable.
    La société est le public. Le public est celui qui consent à voir et se déplace. S’il ne se présente pas aujourd’hui devant l’insupportable, il n’y a pas d’œuvre aujourd’hui. C’est aujourd’hui que vous vous adressez à ce public. Aujourd’hui, votre démarche tient plus du pamphlet que du théâtre. Il est rare que le pamphlet subsiste comme œuvre d’art. Il lui manque l’aspect universel de la proposition artistique marquante véhiculé par le symbole. Le public n’est pas dupe; il sait d’instinct distinguer l’œuvre d’art du pamphlet.
    Il ne s’agit pas ici de l’homme devant la justice, le droit ou la morale mais bien, tout simplement, de l’homme devant l’art. Cette méprise de la part des organisateurs de l’événement au Théâtre du Nouveau Monde et de votre part, Monsie
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  • Leproff - Inscrit
    16 avril 2011 16 h 33
    Le choix d'aimer
    «Le crime de Cantat est incompatible avec le rôle d'artiste. »

    Tout est exprimé dans cette courte phrase.

    MERCI à monsieur Beaulé.
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  • Marc-AndreTessier - Inscrit
    16 avril 2011 16 h 34
    Quatre sur six
    Wajdi Mouawad a une idée de la justice qui ressemble au quatrième stade du développement moral seon le psychologue Kohlberg : respect de la loi et de l'ordre. Quelqu'un a tué, mais a purgé sa peine. Il a payé sa dette envers la société et donc finalement répondu aux règles sociales. On efface tout.

    Il y a six stades.

    Le système juridique ne fonctionne pas uniquement ainsi. Tu tues, tu vas en prison, tu finis par sortir mais avec un casier judiciaire. Tu n'as rien acquitté. Donc purger une sentence ne signifie pas payer sa dette, ni n'entraîne immédiatement un pardon. Ce pardon prend plusieurs années et est conditionnel.

    Bertrand Cantat est allé en prison. Suite à sa peine, la justice ne lui a pas pardonné, ni ne l'a grâcié ou amnistié. Quant aux gens qui étaient proches de la victime, les seuls à qui la notion de pardon puisse avoir un sens quelconque, ils vous le diraient si vous les connaissiez. Mais ils ne font pas partie de ce cirque, et tant mieux,

    En rappelant à Wajdi la maladresse de son geste, la plupart des gens qui se sont fait entendre n'ont pas condamné Bertrand à une seconde peine. Ils ont accusé Wajdi d'opportunisme et de maladresse. Malheureusement, le débat est aligné de façon à ce que Wajdi puisse enfoncer des portes ouvertes à coup de généralités au lieu de répondre à ces accusations. Et ça marche assez bien.
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  •  
  • madame - Inscrit
    16 avril 2011 16 h 40
    ne pas être dupe...
    Cette lettre ne nous est pas adressée. Elle est adressée à votre fille; c'est à elle de la lire, quand elle en aura l'âge. Alors pourquoi la publier sinon pour nous amadouer par l'attendrissement. Je ne serai pas dupe de ce subterfuge et aurais bien plus de respect pour vous si vous osiez vous adresser à nous comme un adulte.
    Si non, comme vous le dites si bien, restreignez-vous au silence, au moins nous ne serons pas pris pour des cons.
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  •  
  • Maryse Lucie Paquette - Inscrit
    16 avril 2011 17 h 42
    Merci!
    Merci M. Mouawad d'avoir gardé le silence pendant que la colère, la consternation et l'incompréhension faisaient rage sur la place publique québécoise.
    Votre attitude m'a rappelé un homme qui a, lui aussi, préféré garder le silence lorsqu'on voulait lapider une femme adultère...

    Merci pour l'entrevue de vendredi soir, tellement éclairante!

    Merci pour la lettre écrite tellement pour nous! Vous êtes le père d'une petite fille! Comme tous les parents, notre coeur saigne en pensant à la mère et au père de Marie Trintignant...et de Bertrand Cantat!
    Marie T. est morte. Un mort ne suffit-il donc pas dans cette sordide histoire de passion amoureuse? Il nous faudrait maintenant un mort vivant!

    Merci de nous inviter M. Mouawad à être plus humain. La vengeance ne donne pas la paix.
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  • pilelo - Inscrite
    16 avril 2011 18 h 20
    regrettable!
    Voici une lettre du plus mauvais goût qui utilise l'enfant de l'auteur pour émouvoir alors que l'enfant n'a rien à voir dans l'histoire. Et venir dire qu'on se tait quand on se répand en manipulation d'émotions et en plaidoyer, quel non-sens.

    On aurait préféré ne pas trop connaître ce Mouawad, mais il a déconné assez fort dans "Le Devoir des écrivains" et cette fois il manque de respect envers la sensibilité de ses compatriotes. Un simple "je ne suis pas d'accord mais je m'incline" aurait préservé sa dignité - si la chose est possible après une telle méga-gaffe.

    Tout cela jette un doute sur son propos en général.
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  •  
  • Rosaria Persechini - Inscrit
    16 avril 2011 18 h 25
    Fascinant
    Fascinant ce besoin que l'on a de juger, de commenter, de condamner.

    Soudain on se croit investit d'une mission sacrée, d'énoncer NOTRE vérité et l'ériger en vérité universelle. Une chance que le lynchage autre que médiatique ait été interdit!

    On a jugé votre silence mais la moindre de vos paroles est décortiquée, soupesée, on en juge la pertinence, la sincérité.

    Je crois qu'on oublie en effet le sens de la conversation.

    En lisant certains commentaires, je me sens soulagée, non nous ne sommes pas tous des procureurs.

    On semble oublier que si l'on est libre d'avoir une opinion, on a la chance de pouvoir l'exprimer mais elle ne devrait pas être un prétexte pour déverser sa haine.

    Personne ne nous obligeait à aller voir ce spectacle, mais qu'il puisse être joué, avec la distribution prévue par le metteur en scène, c est aussi cela la démocratie.

    Dans tout ce brouhaha, votre silence a été un signe d'intelligence, mais surtout de dignité. Votre prise de parole, une leçon d'élégance. Merci
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  •  
  • Francois-Xavier Jourdain - Inscrit
    16 avril 2011 19 h 05
    une belle lettre
    J' ai trouvé que c' était une belle lettre.

    Il parle à son enfant parce que c' est la sincérité et l'honnêteté qui doit primer dans son adresse.
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  • France Marcotte - Abonnée
    16 avril 2011 19 h 09
    Doute
    Je crois qu'il y a de la démagogie dans l'utilisation abusive du mot lynchage pour décrire une désapprobation qui peut peiner à s'exprimer mais qui a de bonnes chances d'être méritée.
    Il n'est pas question de lynchage ici et le mot semble utilisé pour dénigrer ceux qui ont décidé de juger toute l'affaire par eux-mêmes, en citoyen ayant leur libre arbitre.
    On peut retenir l'esprit de ces critiques sans trop s'accrocher dans les termes ou bien on peut s'enfarger dans les fleurs du tapis pour mieux exprimer son mépris envers ceux qui doutent, selon leur conscience, de cet homme de théâtre.
    Car n'est-ce pas ce qu'il convient de retenir, le doute?
    Et n'est-ce pas mieux d'exercer son libre arbitre au risque de se tromper, d'exagérer, que de se faire dicter quoi penser par des instances supposées supérieures?
    Et les modérateurs ont toute latitude de ne pas retenir les voix qui détonnent (ou déconnent).
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  •  
  • Leproff - Inscrit
    16 avril 2011 19 h 30
    Un comportement bien discutable
    C'est une belle lettre, mais on peut y redire au centuple, et plusieurs ont abordé avec précision les nombreux manquements du dramaturge, en s'adressant à son enfant pour expliquer son inquiétant silence. Le reste, c'est du verbiage de mauvais goût.

    Son silence n'est pas un signe de dignité, loin de là; c'est le signe évident de quelqu'un qui cherche a expliqué un comprtement pour le moins discutable.
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  • Maximeb - Inscrit
    16 avril 2011 19 h 59
    Quand on ne sait pas, on se tait!
    pol-pol
    samedi 16 avril 2011 12h03
    "En France, on s'offense des femmes voilées mais la justice francaise stipule que la vie d'une femme ne vaut que 4 ans la vie d'un homme."

    Vous devriez vous informer avant de parler. M. Cantat a été jugé en Lituanie, pays ou le drame s'est déroulé. Un pays latin, comme la Grèce?
    Arf, je suis sur que vous ne pouvez pas répondre, ne sachant même pas situer ce pays sur un carte. C'est dommage qu'un grand journal donne la parole a tout le monde.
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  • Mary Berr - Inscrit
    16 avril 2011 21 h 00
    Un malentendu
    Penser que refuser le fait que Bertant Cantat monte sur scène pour une pièce si évocatrice soit un refus de réhbilitation ou la graine d'un penchant pour la vengeance, comme celle qui a déchiré le Liban est une erreur magistrale. Faire de la prsion n'a jamais lavé les mains d'un assassin ni changé son âme. C'est de cela qu'on parle. Falsifier la vérité pour sauver sa peau, écrire à qui veut bien le lire depuis sa cellule des faits qui s'avèrent inexacts car contredits par les médecins et la justice pour attendrir le monde, parler d'amour-passion quand la passion soudain s'efface devant un calcul très immédiat de quelqu'un qui étudie le droit lituanien pour revenir sur ses déclarations... tout ceci est inacceptable.
    Waji Mouawad, malgré tout le respect que je porte à votre travail, je pense que vous vous trompez pour une seule raison: Payer ne veut rien dire. C'est changer son comportement et son âme qui a du sens.
    Et Jean- Louis Trintignant, le père de Marie, sait comment la passion évoquée s'est en fait incarnée en calcul.
    Il y a chez les auteurs une habileté à charmer leurs lecteurs, leur public.
    Vivre, ce n'est pas ça.
    Vivre c'est marcher dans la lumière, même quand elle brûle.

    La chose qui me choque ici, c'est que personne ne semble s'être penché réellement sur le dossier, avoir mené les recherches auprès des médecins, de la justice, pour voir comment tout ceci s'est déroulé, et avoir vu que rien, absolument rien, ne permet de respecter la conduite de Bertrant Cantat après le meurtre de Marie.

    Pour la mémoire de Marie, je préfèrerai quant à moi, comme Jean Louis Trintignant, que Bertrant Cantat ait la décence de se faire discret.
    Après tout, la scène n'est pas le seul moyen de réinsertion.

    Un père devrait comprendre cela, il me semble. Ou bien c'est accorder bien peu d'importance au fond des choses et surtout, à la peine d'un autre père.
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  • Yvan Giguere - Inscrit
    16 avril 2011 21 h 32
    Ajouter Cantat au tragique de Sophocle?
    Tout ce que WADJI Mouawad a dit hier à la télé et tout ce qu'il dit dans Le Devoir est cruellement humain et déstabilisant. Cela nous questionne.

    Je me suis déjà prononcé en défaveur de la venue de Bertrand Cantat sur la scène du TNM. Mais l'homme a le droit de vivre et de prendre le temps de réfléchir à l'odieux de son geste posé sur une femme. Il doit le faire dans le silence selon moi, à l'écart et pour un certain temps encore et surtout, loin des projecteurs.

    Je suis en accord avec Wadji Mouawad quand il dit que Cantat ne peut être associé uniquement-et à jamais-comme celui qui aura tué Marie Trintignant. Il ne peut n'être que l'auteur de ce crime. Cantat peut devenir autre chose mais il semble que revenir en arrière à titre de musicien, soit une entreprise hautement délicate pour lui et pour la société. Mais cet homme ne voit sans doute pas de salut hors de son métier.

    Une chose est certaine, ll ne doit pas devenir un symbole ni un prétexte pour renforcer le tragique de l'oeuvre de Sophocle. Il ne peut, selon moi, et à court terme, servir de maillon à une expérience théâtrale qui le confronte
    a la tragédie de sa propre vie. Le metteur en scène Mouawad
    envisageait ainsi la participation se son ami Cantat et espérait du même souffle provoquer une réflexion qui aurait ajouté à la symbolique de l'oeuvre de Sophocle. Comme il le mentionnait lui-même, encore, il aurait sans doute fallu qu'il explique bien avant, ce qui le motivait et le choix artistique impliquant Cantat à sa mise en scène. La réaction populaire des québécois aurait t-elle été la même? Qui sait?
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  •  
  • emma goldman - Inscrit
    16 avril 2011 21 h 36
    une élégance...
    Wajdi,

    tu as choisi le silence, dis-tu. une élégance, dis-tu. Dans les faits, Wajdi, Tu as surtout laissé Lorraine Pintal prendre la responsabilité de la blessure ouverte... était-ce son choix? était-ce concerté entre vous?y avait-il consentement ou a-t-elle dû subir ton silence? prendre la totalité d'une responsabilité qui aurait dû être partagée...

    wajdi, ta lettre est racoleuse. manipulatrice. moraliste...

    et mary berr a raison...
    la décence aurait été d'être silencieux en effet. Ce que tu as fait la est tonitruant.
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  • pilelo - Inscrite
    16 avril 2011 21 h 36
    merci mary berr
    Au fond c'est une affaire de respect: pour la vérité, pour la victime, pour nos sentiments.

    La liberté nest pas qu'une marque de yogourt et la tragédie n'est pas qu'un genre littéraire.
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  •  
  • clappebourg - Inscrit
    16 avril 2011 22 h 41
    Silence plutôt bruyant
    "Ce que tu as fait là est tonitruant."
    comme le souligne bien emma goldman

    Quand Aimée prendra connaissance de cette saga, elle pourra en effet chercher le silence dans toute cette couverture médiatique : tribune télévisée, presse écrite et ce qui est encore à venir.
    Une pleine page d'une opinion tranchée, en prétendant ne pas se prononcer, c'est fort.

    Quand W.M. admettra qu'il avait flairé la bonne affaire, le coup de marketing infaillible, le succès assuré par une tête d'affiche, quand il admettra que son instinct de remplisseur de salle l'a trahi, alors il pourra venir nous expliquer ça avec tout le fleur bleue dont on le sait désormais capable.

    On remarquera que je ne soulève ici ni morale ni idée de justice.
    C'est W.M. qui fait la morale. Il fait la morale aux moralisateurs !
    Une autre force de sa lettre.
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  •  
  • Paul Dawson - Inscrit
    16 avril 2011 23 h 10
    Vos gueules!

    Si Jean Louis Trintignant dit ; Bertrant Cantat ait la décence de se faire discret. C'est parfaitement recevable.


    Si un gérant d'estrade de mes deux dit; Bertrant Cantat ait la décence de se faire discret. C'est parfaitement SA-LO-PARD.
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  •  
  • Pierre Hadrien - Inscrit
    17 avril 2011 00 h 25
    Merci Mary Berr également!
    Il n'est pas évident de réagir aux propos du dramaturge. Vous le faites avec brio, de sorte que j'invite les autres lecteurs à lire votre intervention. Merci!
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  • Martin Dufresne - Abonné
    17 avril 2011 00 h 45
    En disant parler en tant que père
    ...et en jouant aussi la carte de la solidarité entre hommes (d'ailleurs, quand exactement a-t-il fait de Cantat un ami?), Mouawad s'appuie sur les deux piliers du patriarcat.
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  • B Landry - Inscrit
    17 avril 2011 01 h 46
    Malaise .... et déception
    J'ai beaucoup aimé l'entrevue hier soir à la télé, pour moi cela suffisait. On aurait pu continuer à discuter en adulte, mais là comment argumenter en ayant une lettre à un enfant maintenant comme point de départ, c'est trop.....

    Pourtant ce n'est pas parce que je suis contre la présence de Cantat, au contraire je trouvais l'idée intéressante, en espérant qu'il parle lui-même de sa dérive, de son incapacité à se contrôler. Dans son cas de personnage public, je vois sa réhabilitation seulement s'il accepte de dépasser le stade du symbole, pour dire clairement que tout acte de violence est inacceptable et qu'on peut avouer avoir des colères difficiles à contrôler sans passer pour un monstre parce qu'on admet vouloir changer en allant chercher de l'aide.

    Dans tout de débat, ce que je trouve déplorable c'est qu'en disant à Cantat de rester cacher, on incite les hommes qui auraient besoin d'aide à se taire encore et encore, de peur de se faire stigmatiser comme batteur de femmes en avouant leurs difficultés.

    La mort de Marie T. est épouvantable mais c'est un acte du passé et la seule que l'on peut faire c'est d'en tirer des leçons pour éviter que ça se reproduise. Si Cantat devient un symbole.. doit-il en être un responsable et inspirant pour un avenir sans violence ou d'une honte culpabilisante taboue et rester caché ?
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    17 avril 2011 02 h 01
    Elles étaient cinq
    Radio-canada a repassé ce soir (16-04-11)le film : «Elles étaient cinq» qui raconte le viol et l'assassinat d'une jeune fille, alors que son amie s'en tire miraculeusement et permet d'arrêter le coupable. Mais voici que quinze ans plus tard le meurtrier est libéré sous condition. Le film nous montre surtout les réactions de chacune des quatre filles face à cette libération. Dans le film la catharsis se produit lorsque les filles retournent sur la scène du crime et en revivent les épisodes les plus tragiques. Dans ce rapport entre la tragédie des victimes et la justice qui libère le meurtrier après quinze ans, le film, je crois, prend partie pour les victimes, car on ne sait rien de la vie du meurtrier, avant et après son crime. Quinze ans n'était pas assez pour expier son crime. Les victimes sont marquées à jamais. Il n'y a pas de place pour une troisième voie dans ce dilemme tragique. Wajdi lui cherche cette troisième voie, celle de la rédemption, qui ne peut pas être présente dans le théâtre de Sophocle qui est grec. La rédemption est juive, elle vient du pardon, non des hommes, mais de Dieu. Et c'est un Dieu qui meurt sur la croix qui obtient ce pardon divin.

    Quand on regarde ce qui est advenu après, on a plutôt l'impression que les hommes ont continué, empiré même leur violence, que le pardon divin n'a servi à rien et que la tragédie se déroule toujours.

    Il me semble qu'on atteint ici l'indicible. Pour le saisir, mieux vaut se taire.
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  • ysengrimus - Inscrit
    17 avril 2011 08 h 04
    Ouvrons l’oeil et le bon...
    Un gars de relation publique habile -mazette, un grand artiste du spectacle- en mode “full damage control”.

    La seule question de fond est et reste la suivante: l’oeuvre de Mouawad est-elle crypto-misogyne. Ouvrons l’oeil et le bon.
    Paul Laurendeau
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  • Cado - Inscrit
    17 avril 2011 08 h 08
    Sophocle, peut attendre encore un peu.....
    Très beau texte écrit à votre fille M.Mouawad. En invitant votre ami Bertrand Cantat à votre concept théâtral, ce qui est tout à fait légitime de votre part, vous n’avez pas commis une erreur, vous avez fait un essai, un essai théâtral. Si votre pièce concernait l’alcoolisme et que Cantat disons ex-alcoolique, se serait joint à votre équipe, le contexte aurait probablement été bien différent. Vous êtes au Québec depuis de nombreuses années et il est superflu ici de dire que vous êtes québécois autant que moi. Le peuple québécois, avec ses travers bien sûr, est un peuple généralement ouvert, souvent capable d’accepter chez ses artistes et artisans 1000 défauts……..sauf certains, comme la violence envers les femmes et la pédophilie. Un peu d’hypocrisie derrière tout ça ? Je ne crois pas, je n’irais pas jusque là……

    D’ailleurs, comme vous l’avez si bien dit vous-même lors de votre entrevue avec Mme Dussault, un peuple capable de conjuguer avec un résultat référendaire à pratiquement 50-50 sans virer le pays sans dessus dessous, dénote une certaine réticence à l’extrémisme et à la violence même si ce même peuple, pendant longtemps, s’est fait violence à lui-même……. tout en silence…….

    Vous le savez plus que moi, l’art, la scène, le théâtre jonglent avec de multiples facettes et figures de style. On peut pousser le sens figuré à la limite infinie de l’imaginaire, de l’émotion ou tout est permis……du moins, presque…..
    Le fait que Bertrand Cantat soit demeuré votre ami dénote possiblement chez lui une démarche introspective positive prémisse de bonne réhabilitation, il faut lui souhaiter……Continuez votre excellent travail M.Mouawad, ça nous fait réfléchir, ça nous fait évoluer…..
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  • Leproff - Inscrit
    17 avril 2011 08 h 13
    Quand la réputation est plus forte que tout
    «Je suis en accord avec Wadji Mouawad quand il dit que Cantat ne peut être associé uniquement-et à jamais-comme celui qui aura tué Marie Trintignant.»

    Malheureusement, c'est bien cela qui va se passer. Comme pour Guy Cloutier, qui avait bonne et belle réputation, mais qui restera aux yeux de la population du Québec l'abuseur d'une petite fille. Aujourd'hui, quand on parle lui, on l'associe - uniquement-et-à jamais - comme celui qui a abusé de Nathalie Simard.

    Comme Paul Bernardo, bon petit garçon ainsi décrit par les voisins, mais qui a commis l'indicible. Plus personne ne parle du bon petit garçon qu'il a été. Aujourd'hui, quand on parle de lui, on le nomme en rappelant seulement, - aujourd'hui et à jamais – qu'il est le violeur de trois jeunes filles.

    Comme le colonel William Russell, militaire aimé et adulé autant par ses pairs et la hiérarchie militaire. Plus personne ne parle de lui en ces termes. Il est identifié – uniquement et à jamais – comme un être dépravé qui a violé et tué deux femmes sans défense.

    En quelques instants, ces hommes ont perdu ce qu'ils avaient de plus précieux: leur réputation. Cantat, malheureusement pour lui, n'est plus le chanteur qu'on aimait entendre. Il est un batteur de femme, le meurtrier de Marie Trintignant, et, nonobstant ce que dit son ami, il demeurera dans l'esprit de tous uniquement -et-à-jamais celui qui a tué Marie Trintignant.
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  • Manon Dufresne - Abonné
    17 avril 2011 08 h 23
    Le silence est d'or et la parole est d'argent...
    Dans toute cette volée d'éclats d'opinion qui a suivi l'annonce de la nouvelle création, il n'y avait rien à dire. Il fallait écouter les cris de douleurs... Tous, nous avons subit de la violence et tous nous l'avons fait subir à d'autres. Les bourreaux que nous sommes à nos heures ont-ils toujours été puni à la hauteur du mal causé ? Et quelle est cette hauteur ?
    La participation de cet homme dans cette pièce ajoutait une voix d'aujourd'hui à cette réalité qu'est la violence faite aux femmes. La voix d'un homme qui maintenant la dénonce.
    L'homme est capable d'hommerie et de dépassement; alors après l'hommerie, voilà le dépassement !
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  • Gilles Roy - Abonné
    17 avril 2011 09 h 28
    On se calme la vanité...
    @ Martin Dufresne : Vous reprochez à Mouwad d'être le père et l'ami qu'il entend être (c'est-à-dire à la rencontre de l'autre). Ce sont là les bases du patriarcat, vous dites. Or avoir à choisir entre ce type de patriarcat (ouvert, sensible, humaniste) et le fascisme (très) ordinaire vers lequel vous inclinez (s'imposer à l'autre de façon à lui expliquer comment être père et ami), je ne crois pas que j'hésiterais une seconde...
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  • Discret - Inscrit
    17 avril 2011 10 h 03
    Cantat a été condamné à 8 ans.
    Pourrait-on, une fois pour toute, arrêter de parler de «de sentence-bonbon de 4 ans»? Cantat a été condamné à 8 ans de prison par un tribunal Lituanien, pas 4. Huit! Par la suite, il a eu droit à une évaluation de sa conduite en prison, aux risques qu'il représentait encore pour la société, et à toutes sortes d'autres considérations, que l'admnistration pénitentiaire a dû juger assez favorables pour lui accorder une libération conditonnelle au bout de 4 ans. Comme des centaines de criminels aujourd'hui réinsérés dans la société. Arrêtons de refaire son procès ad nauseam. Parlons de morale, de société, d'émotions, de symbole, de théâtre, de tut ce que vous voulez... mais, de grâce, arrêtons de parler de justice. Il a été jugé, condamné, et il a purgé. Qu'on cesse de se substituer à ses juges, certainement aussi compétents que le quidam qui se rue aujourd'hui à la curée.

    J'ai été, et je suis, contre la présence de Cantat sur la scène du TNM, mais je refuse d'accepter ce lynchage organisé par certaines «bonnes consciences» achetées à bas prix.

    Et j'aime la lettre de Wouajdi à sa fille. Elle me touche et m'ébranle. Elle ne me fait pas changer d'avis, mais elle rend mon désarroi plus grand devant ce drame. Ces drames. J'espère que les pourfendeurs de Wouajdi de ce monde à la Serge Denoncourt lisent Le Devoir.
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  • hermione - Inscrit
    17 avril 2011 12 h 56
    Vraiment?
    Votre texte, M. Mouawad, est merveilleusement bien écrit, comme tous ceux que vous nous avez livrés par le passé.
    Toutefois, en tant que la fille d'un père, comme vous dites, je ne peux que m'opposer au but premier de la lettre. Je serais déçue, voire peinée, que la première lettre que mon père m'écrive serve à justifier une action de sa part. Je n'irais pas jusqu'à dire que vous utilisez votre enfant pour attendrir le public, mais j'ai malgré tout le sentiment que ce texte n'a jamais été qu'une justification pour votre acte (qui n'est pas, après tout, si déplorable) écrit sous une forme ingénieuse. Il ne m'a pas ému, mais plutôt profondément mis mal à l'aise. J'espère tout de même que votre fille aura la chance d'en faire la lecture et de comprendre votre position, puisque c'est apparemment ce que vous vouliez faire par ce texte.
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  • honorable - Inscrit
    17 avril 2011 13 h 01
    Du cynisme et de la rhétorique décadente.

    Quel cynisme, quelle monstruosité nombriliste que d'évoquer rhétoriquement sa propre mort plusieurs fois dans une lettre concernant une personne qui est vraiment morte, et d'une manière fort dégradante. Rappel: Mouawad n'a que 43 ans et est en bonne santé: il n'avait aucune raison d'évoquer la mort de sa bien pusillanime personne.

    Il aura donc tout fait pour relativiser la mort de Madame Trintignant en nous rappelant plusieurs fois dans la lettre que nous mourrons tous, en commencant par lui-même et sa fille de 3 ans.

    Je suis outré de constater que certaines personnes ont été favorablement impressionnées par cette lettre toute en faux sentiments, en faux pathos, et en rhétorique toxique.
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  • wrlaurier - Abonné
    17 avril 2011 13 h 13
    Aimée, ma petite chérie
    Cher monsieur, votre lettre est venue me chercher. Comment dire ? Les mots utilisés, les raisons du silence, le pont et le ravin. Je vous félicite pour cette lettre empreinte de bonté et de beauté. Vous serez un père exceptionnel. Votre Aimée a beacuoup de chance d'être aimée ainsi.

    Merci
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  • starryflower - Inscrite
    17 avril 2011 13 h 21
    Génie créateur
    Merci M. Wajdi Mouawad pour cette sincérité que vous témoignez. Votre entrevue avec Mme Dussault a été l'une de celle qui m'a marquée le plus. Vous avez ouvert nos portes à l'entendement et la profondeur avec laquelle vous expliquez le tout me fascine. Vous avez une grande culture et je suis honorée de vous connaître davantage après cette entrevue menée de main de maître par Mme Dussault. Tous ceux qui vous détraquent devraient prendre conseil auprès de vous et se tourner la langue sept fois avant de parler. Que de bassesse chez certains rivaux! Ce qui me fascine de votre personnalité, c'est que vous ne jugez pas. Vous y allez d'après la logique des choses. Je vous apprécie énormément et votre fille sera bien fière de son papa quand elle réalisera et comprendra que les valeurs sociales vous tiennent tant à coeur.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    17 avril 2011 13 h 23
    @ M. Discret.
    Bertrand Cantat a été condamné à 8 ans de prison, dites-vous, pour avoir assassiné sa conjointe et s'en tirer avec 4 ans, dans les faits, pour payer 'sa dette' à la société. Poussons un peu plus loin le raisonnement: Vincent Lacroix a été condamné à 12 ans de prison pour s'en tirer, dans les faits, en 2 ans afin de payer 'sa dette' à la société. Karla Homolka s'en est tiré à bon compte par rapport à son complice dans l'horreur; elle avait fait un 'deal' avec la justice... C'était sa façon toute personnelle de payer 'sa dette' à la société. Qui dit mieux ?

    Bien désolant, cette manière 'discrète' de se contenter d'un système de justice tout croche et de passer allègrement à autre chose... Et les victimes et leurs proches, dans tout cela, comment les récompenser pour 'leur don' fait à la société ?

    Personnellement je trouve que la lettre de Wajdi Mouawad à sa fille est digne d'un grand auteur (qu'il est !) qui sait manipuler les mots à la perfection. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le lecteur doit béatement se laisser manipuler par les mots... Une toute petite enfant comme leurre, en plus !!!

    À bien y penser, je préfère la limpidité et la sagesse de la réflexion que nous a soumise madame Mary Berr...

    Jean Desjardins
    Laval (...)
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  • Pierre-Jules Lavigne - Abonné
    17 avril 2011 13 h 42
    La ville brule, moi je veille

    Monsieur Mouawad

    Continuez à vous tenir debout comme l'ont fait Desmond Tutu et Mendela, qui prônèrent la réconciliation afin d'enrayer le cycle violence / vengenace (deux prix NObel de la Paix). L'ART ne doit pas bruler sous les réactions émotives.

    Que Madame Pintal en fasse autant. Sa job est de faire comprendre au CA et aux commandiataires du TNM qu'elle ne pliera pas devant les inquisiteurs.

    IL y a en chacun de nous la possibilité de faire ouevre de civilisation. Ayons confiance en la justice et ne soyons pas vindificatifs, sinon, l'anarchie tuera en nous ce qu'il reste d'humain.

    Je me déplacerai de Québec pour aller voir le Cycle des femmes. Ne me décevez pas.

    Pierre-Jules Lavigne
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  • Clément Loubert - Inscrit
    17 avril 2011 18 h 45
    Sagacité inspirante!!
    Vous avez attendu que le tumulte se calme avant de parler. Que de sagesse! Au lieu d'argumenter, vous avez choisi d'échanger votre point de vue sans tenter de convaincre. La conversation que vous avez tenue avec A.-M. Dussault a été pour moi éblouissante. La conversation n'a pas comme but de se donner raison, mais plutôt de partager ses point de vue, ses états d'âme sans porter de jugement. C'est peut-être une autre façon de se rapprocher de la vérité. Comme vous le dites si bien, c'est à la justice de départager les responsabilités. Votre sagacité est inspirante. Par contre, je comprends que le tsunami d'émotivité ait eu lieu. Les femmes d'ici et d'ailleurs sont toujours en attente d'une véritable reconnaissance de leur dignité. À chaque fois que l'une d'elle est meurtrie, leurs cris de douleurs sont révélateurs de la profondeur de leurs blessures non cicatrisées.

    Clément Loubert, Moncton, N.-B.
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  • Ariel Marie - Inscrit
    17 avril 2011 18 h 55
    Théâtre-réalité
    Il y a un" trop" dans cette histoire.

    2 questions:

    Pourquoi avoir besoin de joindre à une pièce qui semble déjà si puissante
    un élément supplémentaire : un participant identifié à l'histoire ?

    Est-ce réellement pour servir la pièce et pour le public comme disait Wajdi Wouawad dans son entrevue :
    " Ce que je trouvais très, très puissant [...], c'est que comme son histoire [celle de Bertrand Cantat] est connue par tout le monde, le spectateur dans la salle allait nécessairement se retrouver face à un homme qui contemple le désastre de sa propre .

    Et pour Bertrand Cantat comment accepter de jouer
    dans une pièce qui reflète sa propre histoire?
    est-ce pour sa guérison ?


    Je ne suis pas à l'aise avec ce théâtre-réalité...et mon malaise ?
    opportunisme? voyeurisme....
    est-ce tordu?
    si vous avez des réponses...
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  • Ariel Marie - Inscrit
    17 avril 2011 19 h 06
    le vrai défi pour Wajdi
    Pourquoi ne pas écrire une lettre aux enfants
    de Marie Trintignant, pourquoi pas ?
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  • Sylvie-Anne Boutin-Panneton - Inscrit
    17 avril 2011 19 h 07
    Jours de deuil
    La semaine passée fut éprouvante pour plusieurs d'entre nous qui croyons que l'art a quelque chose à nous apprendre, a quelque chose à nous dire. À ce propos, je vous invite à lire l'excellent billet de Samuel Mercier (http://www.laswompe.com/author/samuelmercier/).

    Et si le meurtre qu'a commis Bertrand n'avait pas été médiatisé, tous aurait applaudi votre génie, y compris les groupes féministes. Or il est jouissif pour une certaine presse de mousser un scandale..

    Néanmoins, la France, patrie de Bertrand Cantat et de Marie Trintignant, semble mieux accueillir votre adaptation de Sophocle que le Québec. Nous ne méritons pas de voir une version «censurée», nous ne méritons rien, sinon que la honte de ne pas avoir voulu vous comprendre et de pardonner.

    C'est un jour de deuil; nous étions utopiques de croire en nos belles valeurs prônant le pardon, la tolérance et l'ouverture d'esprit.

    Monsieur Mouawad,vous n'êtes pas le seul à être abasourdi.
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  • Lucie C. - Inscrit
    17 avril 2011 19 h 34
    1, 2, 3, à Go on pardonne
    Si vous souhaitez susciter une véritable réflexion sur le pardon et la rédemption, ajoutez au chœur de Bertrand Cantat l’agent de la GRC Jocelyn Hotte qui a tué à bout portant son ex-conjointe, Lucie Gélinas, sur l’autoroute 40, Ghislain Dion, meurtrier de sa conjointe, Julie Croteau, retrouvée dans le coffre de sa propre voiture. Même si aux yeux de plusieurs, votre ami a commis un crime d’amour et les deux autres un crime sordide, ces trois hommes partagent un sens commun du pardon. Ils n’ont pas pardonné à leur femme de les quitter, de leur tenir tête, de les contredire. Vous vous ralliez à «la justice, espace pacificateur», ces trois hommes se sont fait justice eux-même. Le Tribunal n’aurait pas condamné à mort ces trois femmes pour avoir quitté, tenu tête ou contredit.

    D’autres hommes ont déjà revendiqué «le silence comme seule élégance possible». Des pères dans notre Québec profond ont préféré fermer les yeux, ne pas se quereller avec le voisin qui avait violé leur fille. Des chums de brasserie sont restés muets comme la tombe devant leur ami qui massacrait sa blonde dans la ruelle parce qu’elle avait remercié un serveur en souriant.

    L’humanité continuera de se diviser en deux tranchées. Le mépris des âmes supérieures face à la petite meute vengeresse. Le mépris de la vie d’une femme face au narcissisme de son assassin.

    Aimée a trois ans, en tant que femme, mère et grand-mère de deux petites filles, je vous souhaite de choisir le bon moment pour lui accorder «le plaisir de lire tout ce qui aura été dit» sur le sujet. Je lui souhaite à elle de ne jamais douter de l’amour de son père. Car ce sera tout un contrat pour ce petit bout de femme de se diriger vers l’âge adulte en sachant que son papa lui a écrit une lettre, l’a fait lire à tout le monde avant. Une lettre où il dit qu’il ne «voudrait pas être jeté aux orties des humains» s’il était son propre assassin.
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  • Francois - Inscrit
    17 avril 2011 22 h 07
    Ne diabolisons pas Bertrant Cantat
    Il a fait une victime est-ce que nous en ferons une autre pour qu'à notre tour nous soyons aussi. Ne nous abaissons pas tant dans la haine. Comme Mouawad a dit il a fait face à la justice, c'est à elle qu'il faut s'en prendre aujourd'hui. Ce n'est à nous de le condamner à une vie de mort vivant. Tout reviens à Bertrand Cantat, et nous avons aussi besoins de nous faire soigner si nous réagissons avec haine et colère à son égard.
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  • pilelo - Inscrite
    17 avril 2011 22 h 23
    deux remarques
    En lisant ce long échange d"opinions très sain et bénéfique, même s'il comporte de l'animosité bien normale de part et d'autre, je remarque en ce moment deux choses:

    - une certaine confusion entre la tragédie ancienne et la réalité moderne dans ce projet qui nous offense, Nous sommes un plus loin de la violence ici qu'en d'autres endroits du globe, et particulièrement de la violence envers les femmes. Nous sommes un peu perplexes devant l'indulgence des Français envers Polanski, ou devant toutes les claques dont les actrices sont abreuvées dans le cinéma français le plus anodin (même Serrault frappe, dans Le bonheur est dans le pré!...)

    - que pensera cette petite fille, une fois grande, d'une lettre de son père qui prend prétexte d'elle è trois ans pour étoffer sa position dans une polémique? On a l'impression qu'il n'y a pas beaucoup réfléchi, on a l'impression qu'elle n'est pour lui qu'un personnage de son entourage présent.

    Où est la perspective sociale actuelle? Où est la perspective parentale future?

    Beaucoup de doute envers cet homme.
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  • Leproff - Inscrit
    18 avril 2011 05 h 52
    Le sens
    «C'est un jour de deuil; nous étions utopiques de croire en nos belles valeurs prônant le pardon, la tolérance et l'ouverture d'esprit.»

    J,ai beau essayé de comprendre le sens premier de telles phrases, je n'y arrive.

    Pourquoi devrais-je pousser le pardon, jusqu'à pardonner à un homme qui a tué son épouse?

    Quant à la tolérance, je crois que nous sommes devenus trop tolérants à tout!

    L'ouverture d'esprit, vous dites! Ainsi, pour être à l'heure du jour, il faut accepter le meurtre, l'homicide, le crime, l'inceste, le viol.

    La question est entière.
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  • odile peloquin - Inscrit
    18 avril 2011 07 h 31
    L'art; défricher le consensuel
    J'aimais Marie Trintignant. J'aimais sa luminosité, sa chaleur , sa façon de vivre l'art , de défricher le consensuel....

    Il faut comprendre la violence amoureuse pour comprendre qu'il ne l'a pas tuée par amour. Battre une femme jusqu'à l'a faire mourir..ce n est pas de l'amour. C'est de la violence,,,un pouvoir que se donne l'homme sur la femme...sa force.
    Lorsque l'on connait un peu la violence amoureuse,,on SAIT que ce ne devait pas être la première fois qu'il l'a battait.

    Toute cette violence faite à un être par n'importe qui est immonde..
    S'il avait battu à mort un enfant ..seriez-vs toujours à ses côtés?
    Il semble qu'il ait payé sa 'dette' à la société...est-ce que cela en fait un être fréquentable? je ne le crois pas,,


    Vs qui aimez les tragédies, les moments de grandes souffrances humaines..c est bien l'empathie..essayer de vs mettre dans la peau de Marie qui recevait les coups, sa peur de mourir,,,tiens si c'était votre fille?
    Si cela avait été la mienne...la justice des hommes...cela n'aurait pas été suffisant.

    On dit que vs avez gardé le silence pour laisser retomber la poussière.
    Je dis plutôt que vs avez laisser une femme seule à la barre, seule face à la tempête...je comprend maintenant que vs soyez ami de mr Cantat.
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  • reno defontenelle - Inscrit
    18 avril 2011 15 h 10
    Pussiez-vous avoir raison.
    Ici, dans une petite ville en Gaspésie (Gaspé), dans l'intervalle de quelques mois, six hommes se sont suicidés dont un immolé par le feu ; aucun journal n'a voulu relater les événements.

    Monsieur Mouawad, j'espère que vous avez raison quand vous dites "que rien n'est plus audible que le silence qui garde et sauvegarde les vérités."
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  • Viviane Laniel - Inscrit
    18 avril 2011 15 h 55
    Le Lotus sort de sa boue, il ne reste pas dedans
    Il n'y a ni bon ni mauvais si le lâcher prise se situe au niveau du paraître et non de l'être. Et c'est malheureusement ce qui se passe ici... L'humain tente poliment de se convaincre qu'il est en mesure de percevoir une certaine forme de lumière dans l'horreur absolue. C'est sa seule façon de se croire une version améliorée d'une évolution qui traine des pieds depuis des millénaires...

    Lorsqu'on parle du respect de la vie, sous toutes ses formes, c'est du coeur que nos pensées devraient trouver leur origine. Et en cette source, il n'y a de place que pour l'amour à l'état pur, le ressenti de bien-être qui ne nécessite aucune explication. Tout le reste vient de la tête, là où loge le MOI FIER de sa propre réussite mondaine.

    Pourquoi s'accorder tant de temps pour s'expliquer l'horreur ? Cet homme qui a tué sa femme l'a fait pour se servir de son MOI au plus sombre de sa personnalité, à sa gloire à lui. Lui seul comptait, lui seul compte toujours. Même de son vivant à Elle, il ne s'agissait que de lui. En tuant la vie, il s'est attaqué à la source de l'amour, il s'est tué lui-même. Qu'il accepte de revivre son geste à la lumière du jour témoigne du temps qui passe sur sa vie et il est bien là-dedans. Tenter d'expliquer sa démarche sans mot dire mais avec tous gestes dehors ne vaut pas mieux que s'il se remettait en marche vers le même massacre. Et on l'observe et on le tolère comme le petit mouton noir de la famille. On tente de lui faire une place même si sa proximité seule nous fait froid dans le dos.

    L'Art dont on parle ici n'est qu'un canvas de seconde main sur lequel on lui demande de peindre une version soit disant améliorée de lui-même capable d'évolution, mais avec les mêmes pinceaux tachés aux couleurs de sang...

    De se dissuader de sa propre faiblesse ou de sa propre force quand on est incapable de se secouer devant la promesse de délivrance frauduleuse de la négativité est là à mon avis le vrai drame de la v
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  • Gilles Denis - Abonné
    18 avril 2011 16 h 14
    Art, poésie et politique
    Ce texte est le texte d'un artiste et d'un poêle. Ce texte est beau mais pour les milliers de femmes violentées par des hommes incapables de contrôler leur violence malgré leur amour, votre texte peut paraître outrageant. Mourir à coups de poing, être le père de la victime je ne pourrais pas accorder le pardon. La société peut par le biais se son système de justice accorder une peine limitée mais la peine infinie du père ne pourra jamais éteindre l'incendie allumé en lui. Le seul choix possible est-il vraiment le silence devant ces femmes quotidiennement violentées par des hommes amoureux fou d'elles.Le silence et la peur voilà ce que vivent ces femmes devant la terreur.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    19 avril 2011 00 h 06
    Trois ans, c'est bien jeune et innocent...
    Trois ans, c'est bien prématuré pour lire et comprendre..., une lettre particulièrement bien tournée de son papa dont elle sentira le besoin, à coup sûr, de se distancier quand elle sera adolescente ou jeune adulte vaccinée ...enrichie de son expérience personnelle de la vie et de sa propre perception de la réalité. Tout un contrat pour la pauvre petite Aimée !

    Serait-ce cela l'héritage du spectre de la violence incontrôlée associé au pardon inconditionnel dont voudrait s'enorgueillir notre ami Wajdi Mouamad à travers sa prose et sa poésie ? Serait-ce cela le vrai sens de l'art, de la poésie et de la politique, ...et du politically correct ?

    Il est à espérer que notre ami Wajdi n'ait jamais à revoir ses écrits en fonction du contraire qu'il défend aujourd'hui. Je ne le lui souhaite pas, à lui et sa petite Aimée. À n'importe quel prix ! Cela me donnerait raison sur mes perceptions en regard de la banalisation de la violence conjugale gratuite ...mais je n'en serais aucunement fier ou gagnant de quelque manière que ce soit !!!

    Cher Mouamad, je vous trouve génial en matière de théâtre. Mais, cette fois-ci, vous avez manqué la cible. Bonne chance la prochaine fois mais, de grâce, choisissez vos amis. Certains sont si peu fréquentables, aussi géniaux soient-ils ...tarés par leur turpitude intérieure !!!

    Jean Desjardins
    Laval (.
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  • Jean Francois Bissonnette - Inscrit
    19 avril 2011 00 h 12
    Athènes, P.Q.
    La fonction de la tragédie était pour les Grecs, paraît-il, de provoquer la "catharsis", la purgation des passions qui égarent parfois l'âme de l'homme et l'âme de la cité.
    Il y a quelque chose d'étonnant à voir le tumulte que soulève le projet de Mouawad. Car c'est peut-être la première fois dans toute l'histoire du théâtre en Occident que la simple annonce d'un spectacle tragique suffit à produire l'effet qui devait advenir de sa représentation.
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  • Jean Guernon - Inscrit
    19 avril 2011 01 h 27
    Bla bla
    Oui oui, on a vu l'apologie à la télé, mais ils ne parlaient même pas du point central, ce n'est pas compliqué pourtant, qu'il ait l'âme de l'artiste etc., blablabla, il a à respecter la famille dont il a tué la fille point. Qu'il prenne sa pilule et respecte ces gens-là.

    C'est dommage, il est trop tard, c'est son destin. Ce n'est pas parce qu'il a un public qu'il peut se permettre de passer outre le vœu des proches de sa victime même s'il est réhabilité, un peu de sensibilité pour ceux qui l'ont aimé tout le temps depuis bien avant, allons.

    Si les Trintignant veulent qu'il aille se cacher, qu'il aille se cacher. Le "lyrage", vous repasserez.
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  • Vendages - Inscrit
    19 avril 2011 16 h 04
    Testament de Wouajdi Mouawad ...
    mon souper/dîner refroidit tout à côté. ma gorge nouée a envie de s'ouvrir de laisser éclater je n'sais quoi. c'est dur, douloureux, criant
    de vous lire alors que vous écrivez à votre petite fille de 3 ans... si petite ... si vivante, si .... si et tant. cette réflexion, testament plutôt déposé aux pieds de l'innocence.... vous me ''forcer'' à ouvrir les vannes de voix endormies et les artères du coeur alanguies se sont
    mises toutes ensemble, à battre follement; une brèche s'est ouverte et a laissé derrière elle ses pauvres douleurs, ses peines, ses ...
    chemins de désarrois et d'espoirs aussi envahis par ... les lianes de ...
    Vous avez cette force ''unique'' ''incroyable'' de ces ''Hommes Humains'' qui ont vécu, vivent encore et toujours pour ouvrir des chemins.
    Je ne me sens plus solitaire dans ma réflexion...
    Vendanges
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  • starryflower - Inscrite
    19 avril 2011 18 h 39
    Réconciliation
    Bravo M. Mouawad pour nous avoir ouvert une porte sur l'entendement de cette pièce. J'aurais aimé que notre peuple soit garant de notre ouverture sur le monde. Les ornières nous empèchent de voir au-delà de l'évènement. Tous vos mots M. Mouawad, je les ressens en moi quand vous expliquez le pourquoi de votre démarche et surtout votre grande déception de l'accueil froid et inquisiteur de la part des Québécois et aussi de notre gouvernement. Je pensais tellement qu'au Québec on donnerait la chance à quelqu'un qui a fauté oui, mais ce même quelqu'un voulait faire partie de cette sublime pièce pour mieux s'en sortir. Nous lui avons refusé cette aide. Que de questionnement sur notre attitude négative qui n'aboutit à rien en fait, sauf à nous prouver que nous avons laissé passer la parade alors que nous aurions dû en faire partie, pour lui.
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  • Marc Jarry - Inscrit
    20 avril 2011 09 h 37
    Une 2e peine? Dans certains cas, bien sûr!
    M. Mouawad,

    Est-ce juste de condamner deux fois un homme pour un seul crime?

    Dans certains cas bien sûr!

    Un avocat qui commet une fraude recevra sa peine carcéral, sera radié du Barreau et ne pourra plus pratiquer sa profession. Il devra effectuer un autre boulot! Un policier également, un comptable,...Un politicien corrompu ne pourra plus se présenter comme candidat. Les exemples sont multiples.

    Il est normal (je crois) qu'un artiste, une vedette qui vit par le biais des médias, qui est acclamé par une foule soit soumis à l'approbation de celle-ci. Même si son choix de revenir sur scène est à mon sens irrespectueux (pour être poli), je crois que votre ami à le droit stricte de reprendre son travail et de revenir sur scène, il est maintenant libre. MAIS la population a le même droit d'inciter les gens à ne pas aller le voir, l'écouter, l'applaudir et l'encourager.

    Avec tout le respect que j'ai pour vous, il aurait été impossible pour moi de payer un billet pour aller voir une pièce dont Bertrant Cantat fait parti de la distribution. Je serai incapable d'acheter la biographie de Mom Boucher,...

    Je souhaite que votre ami puisse reprendre sa vie et mener une vie normale, mais je crois irréaliste de penser qu'il pourra de nouveau se faire acclamer et applaudir. À tout de moins, j'espère que la population refusera, par choix, de l'encourager.

    Il devra apprendre à vivre dans l'ombre comme la très, TRÈS grande majorité de la population.
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  • etienne_guerin - Inscrit
    20 avril 2011 10 h 03
    Dans la maison de Wajdi
    Sortant enfin de son mutisme, Wajdi Mouawad a finalement choisi de se mettre en scène lui-même et de commenter les enjeux soulevés par "l'affaire Cantat" dans les médias. Entre autres stratégies communicationnelles employées, Mouawad écrit à sa fille de 3 ans, par l'intermédiaire des journaux, une lettre dans laquelle il lui fait part de sa vision du pardon. Manoeuvre du plus mauvais goût: Mouawad se ridiculise en s'auto-érigeant ainsi en bon père sensible et aimant auprès d'un public grossièrement pris à partie. On croit y voir le cliché traditionnel d'un politicien, sa famille et son chien!
    Monsieur Mouawad, vous voulez vous exprimer, éclairer votre démarche artistique? Plusieurs personnes de bonne foi sont là pour vous entendre, et même, croyez-le ou non, réfléchir avec vous. Mais si vous cherchez à piloter un projet de télé-réalité sur votre grandeur d'âme en matière d'éducation des enfants, hé bien il se pourrait que votre public, confus devant une telle auto-promotion déguisée en vertu, cesse de vous écouter. Quant à votre fille, sentant bien, rétroactivement, que ces pompeuses élucubrations ne s'adressent pas vraiment à elle, elle pourrait bien en faire de même...

    Étienne Guérin
    Montréal, le 20 avril 2011
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  • Trobadorem - Inscrit
    20 avril 2011 16 h 02
    A toutes ces femmes et hommes qui se victimisent, prière de méditer sur ceci: le bourreau attire sa victime et vice-versa...
    ...pas facile pour certains d'entre nous qui lisons le titre, de ne pas entrer dans cette colère hein ? On se déresponsabilise si rapidement lorsque c'est nous qui recevons les coups. Et pourtant..

    Marie Trintignan est morte, tuée à force de colère et de violence. La sienne et celle de Cantat. Ils ont tout deux dansé sous l'air d'un requiem, celui du souhait de leur libération. Malheureusement, cette danse macabre s'est terminée par un drame. Un drame auquel nous avons tous participé d'une certaine manière. Par notre jugement de Cantat, nous nourrissons quelques parts l'arrivée de d'autres drames.
    ____

    " La victime est un être qui, dans ses relations affectives, rejette ceux qui lui posent des limites et les rend responsable de tout ce qu'il vit et de tout ce qui lui arrive de désagréable et de douloureux. Les patterns de bourreau et de victime prennent tous les deux leur source dans le manque d'amour.

    Pour éviter de souffrir la victime complément du bourreau, met toute la responsabilité de son vécu, de son impuissance, de ses déceptions, de ses frustrations, de ses erreurs, de ses choix, de ses décisions sur les autres. C'est encore pour éviter de souffrir qu'elle se plaint et se fait toute petite pour ensuite reprocher, blâmer, accuser, culpabiliser et critiquer.

    Dans un conflit relationnel, la tendance des personnes extérieures au conflit est généralement de favoriser la victime, de l'appuyer, voir la plaindre et de l'aider, et c'est cela qui fait sa force. Elle utilise inconsciemment son rôle de victime pour attirer la sympathie et pour culpabiliser son bourreau, ce qui lui donne, en dépit des apparences, un pouvoir plus subtil et très efficace sur celui qui l'intimide. Inutile de nous étendre sur le nombre de "pauvre" victime de nos sociétés. Les journaux en recensent constamment." http://pages.infinit.net/espoir3/la_victime.htm
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  • starryflower - Inscrite
    20 avril 2011 17 h 01
    Admiration
    M. Wajdi Mouawad est un grand homme. Seuls les grands le reconnaissent comme tel. J'admire cet homme.

    Tant qu'à M. Serge Denoncourt, qu'il prenne un cours 101 en art pour maîtriser la scène comme le fait M. Mouawad, et ensuite, seulement ensuite, il pourra revenir exposer son point de vue devant les caméras.
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  • starryflower - Inscrite
    20 avril 2011 17 h 13
    Réflexion
    Quel bel article que nous suggère Trobadorem!

    Cela fait beaucoup réfléchir et réfère à la théorie de M. Wajdi Mouawad.
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    20 avril 2011 20 h 41
    La violence de l'animal humain doit être pensée sans vengeance ni pardon
    Le scandale serait-il d'admettre que si l'espace du ressentiment est contraint, refoulé, celui ci peut surgir alors de façon véhémente ou violente?

    L'être humain est fait d'os, de chair et de sang tout comme son corps et son esprit est traversé par toutes les secousses, les blessures physiques, émotives produites par les chocs et les traumatismes rencontrées dans l'existence.
    Combien d'êtres sont privés de connaissances, de moyens, de diplômes, d'aptitudes apprises à dialoguer? Combien d'êtres humains sont privés d'amis, d'un seul ami à force de s'ignorer de ne pas pouvoir s'estimer aux yeux des autres par l'accumulation de rejets depuis l'enfance? Beaucoup d'êtres sont privés du regard des autres et pas seulement par leurs propres fautes.

    La vie est cruelle, elle est une expérience de prédation de la part d'un animal, l'humain qui ne fait que disposer de sa faculté de domination gigantesque permise par l'organe du cerveau qui lui est propre dans le règne animal.

    Faire rencontrer la réalité et la fiction est problématique d'autant que la mission de la dramatique théâtrale, littéraire ou cinématographique consiste justement d'exprimer dans la distance, le ressenti de la somme de nos souffrances et rarement de nos joies.

    Le doute sur le pardon n'est pas création d'une double peine c'est la prise en compte de l'agression et de ses conséquences sur la santé psychique des proches des victimes et surtout sur les victimes elles mêmes contraintes de vivre souvent dans le repliement sur soi après avoir perdu confiance dans la vie.
    Nous sous estimons toujours la condition du vécu post traumatique particulièrement chez les enfants. L'enfant, cet adulte futur.
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  • maribo 33 - Inscrit
    21 avril 2011 04 h 02
    quel regard !!
    Il est tout à fait probable qu'un jour vous ou moi nous soyons confronté à une situation ou l'irréparable vient vous frapper de plein fouet. Purger une peine pour un drame est sans doute un jugement que l'on peut remettre en question sans arrêt, et vous si un jour vous renversez quelqu'un sur la route, vous etiez juste en train de regarder la belle maison sur la gauche quand un enfant a surgi sur la droite, une bagare dans la rue qui toune mal, un accident de vélo banal mais vous avez renversé la personne au mauvaise endroit, vous poussez la balançoire pour jouer mais l'enfant tombe sur la tête croyez moi il est peut probable que les parents vous le pardonne et une fois que vous aurez purgé votre peine est ce que un temps soit peu vous ne voudriez pas que quelqu'un vous dises on ne peut rien reparer mais je suis à tes cotés pour vivre avec ça, ça ce drame !
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  • Leproff - Inscrit
    21 avril 2011 13 h 27
    Saviez-vous que ...
    Bertrand Cantat a été condamné en Lituanie à huit ans de prison pour un homicide involontaire, mais tout de même très violent (selon l'autopsie, 17 coups mortels ont été portés à Marie Trintignant), et aggravé par une non-assistance à personne en danger, car la victime a été laissée huit heures sans soin; c'est peu selon la jurisprudence du Québec (de 10 à 25 ans et même à perpétuité pour ce genre de crime), surtout qu'il a été libéré après seulement quatre ans pour bonne conduite.
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  • Leproff - Inscrit
    23 avril 2011 08 h 27
    L'Art ou la Justice
    À la différence de Wajdi Mouawad, je me tiens aux côtés des parents qui souffrent et pleurent chaque jour la mort d'un enfant assassiné, et non aux côtés du meurtrier de celui-ci. Voyez le larron sur la croix qui insulte Jésus: il s'en détourne et tourne son regard vers celui qui reconnaît ses crimes. Bien des Québécois, faut le reconnaître, ont adopté cette attitude en refusant de pardonner à un individu d'avoir tout fait pour minimiser les faits et, ainsi, purger une peine insuffisante.

    Plusieurs semblent ignorer que Cantat à donner la mort à Marie Trintignant en la frappant à plusieurs reprises (selon l'autopsie, 17 coups mortels ont été portés à sa victime), crime aggravé d'autant par une non-assistance à personne en danger, car Marie T. a été laissée huit heures sans soin... Voilà où le bât blesse, et il serait bon de considérer toute la preuve avant de d'accorder le pardon à Cantat.

    Cantat, on le sait, n'est resté que 4 ans en prison alors que la jurisprudence québécoise et canadienne prévoit de 10 à 25 ans, et même à perpétuité, pour ce genre de crime. Voilà pourquoi, ce me semble, une majorité de Québécois ont dit NON à la venue de Cantat au Québec. Cela n'a rien à voir avec l'art, mais avec la justice car Cantat a perpétré un crime trop grave pour s'en tirer à si bon compte.

    En vérité, en vérité, je vous le dis: Cantat n'a pas purgé une peine suffisante en étant relâché après un maigre 4 ans pour un crime aussi crapuleux. Monsieur-tout-le-monde ne s'en serait pas si bien sorti.
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  • Georges Paquet - Abonné
    24 avril 2011 07 h 57
    Mais oui, c'est ce que vous mériteriez...
    Mon cher Wajdi, vous écrivez, dans la lettre à votre fille: "si je suis moi-même ton propre assassin, je ne voudrais pas être jeté aux orties des humains..."

    Mais oui, à mon avis, c'est ce que vous mériteriez. Être jeté aux orties des humains. Heureusement notre société évolue vers un peu plus d'humanité, et elle traite de façon humaine et aussi juste que possible ses citoyens coupable de manque d'humanité. Elle les condamne à une réclusion temporaire ou perpétuelle.

    Il me semble pourtant que si ce sentiment d'humanité n'est pas partagé par celui qui doit faire face à ses semblables, ce dernier est plutôt mal placé pour en réclamer davantage qu'il en a démonntré...
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  • Georges Paquet - Abonné
    24 avril 2011 07 h 59
    Et si M. Cantat avait été jugé dans son pays...
    Combien d'année de réclusion resterait-il encore à M. Cantat, s'il avait été jugé en France plutôt qu'en Lituanie?
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    24 avril 2011 14 h 06
    Que connaît-on de la justice pour la juger? (1)
    Plusieurs commentaires donnent dans le judiciaire mais relève de cette méconnaissance: qui d'entre nous a suivi à l'époque ce procès? De plus, le véritable débat devrait se faire à mon avis sur des questions fondamentales dans les circonstances "la réhabilitation et les fonctions de l'art, dont l'une est celle de provoquer. Mais bon, celui-ci ayant pris ce biais...

    M. LEPROFF a écrit " selon la jurisprudence du Québec (de 10 à 25 ans et même à perpétuité" pour ce crime donc. Cela déjà montre la méconnaissance du système, canadien?, puisque la perpétuité n'existait que pour les crimes avec préméditation, encore qu'il est peut-être possible, je n'en suis pas certaine, que d'avouer le crime peut possiblement faire réduire la sentence, comme au USA, par exemple. Mais ce dont je suis certaine c'est qu'au Canada on compte le temps purgé avant la sentence, en double avant mais plus maintenant, mais il compte, comme dans la plus part des démocraties. Et la différence entre 8 et 10 ans me semble... mince. Il écrit aussi "je me tiens aux côtés des parents qui souffrent et pleurent chaque jour la mort d'un enfant assassiné, et non aux côtés du meurtrier de celui-ci.". Beau discours!, mais fleurant la démagogie: la plus grande proportion d'assassins d'enfants sont les parents, de la même manière que la majorité des crimes sexuels contre les enfants sont commis par les proches. Que faites vous dans ce cas là M. LEPROFF? Notez aussi que la justice, dans un crime ou dans l'autre, et beacoup de citoyens aussi, sont portés à être plus tendre lorsque ce coupable est une coupable. Et, prof ou pas m. Leproff ne devrait pas se prendre pour le christ!: "En vérité, en vérité, je vous le dis: Cantat... ".

    M. Paquet, vous, moi et 99.99% des lecteurs ne peuvent répondre à la question "combien d'années..." Alors... pourquoi la poser?

    Que sait-on de ce qui se trame derrière les officines de la justice?
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    24 avril 2011 15 h 14
    Incendies
    Je viens de visionner avec ma bien-aimée le film de Denis Villeneuve, Incendies. Je comprends mieux déjà la lettre de Wajdi Mouwad à sa fille Aimée. Je comprends mieux oui, mais je tremble toujours pour l'humanité une et diversifiée que nous portons tous en nous, tant dans son côté sombre que dans sa luminosité.

    Merci à Villeneuve d'avoir réalisé un tel chef d'œuvre !

    JPA
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  • Leproff - Inscrit
    26 avril 2011 07 h 50
    Lettre de Nadine Trintignant à sa fille
    Voici un extrait du roman de Nadine T. à sa fille «Ma fille Marie»

    « …. Mon enfant, je dormais pendant que ton meurtrier te tuait à coup de poing d’une violence que Delajoux, le chirurgien, a comparée à la force d’une moto projetée contre un mur… »

    «... La nuit quand je n’arrive pas à dormir, je vais à mon ordinateur pour t’écrire cette longue lettre. C’est une autre façon d’être au plus prés de toi… »

    « …et souvent, te voyant sombre, te voyant mauvaise mine, je n’osais violer le mur de ton intimité. Aujourd’hui, je m’en veux de mon respect imbécile… »


    Un roman à lire. Toute la douleur d’une mère qui a perdu son enfant transperce au fur et à mesure des pages. Elle évoque sa lâcheté et souhaite très fort le voir condamné. Condamné pour avoir frappé Marie, condamné pour l’avoir laissée mourir au lieu d’appeler les secours, condamné pour son égoïsme, d’avoir téléphoné à ses amis plutôt qu’a un médecin,
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  • Danielle Trussart - Inscrit
    22 mai 2011 18 h 47
    Merci!
    Merci monsieur Wajdi.
    Merci de parler au-delà du tumulte, au coeur de la conscience.
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  •  
  • Radiotarifa - Inscrit
    22 mai 2011 19 h 30
    Merci!
    Je suis une femme et vous remercie du plus profond de mon coeur. J'ai compris autres choses en vous lisant et vous faites de moi une meilleure personne.
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  •  
  • Eve DADIES - Inscrit
    26 mai 2011 19 h 01
    chapeau bas
    Wajdi Mouawad, toujours étonnant! Cette lettre à l'enfant. Cette histoire de pont et de ravin, saisissant. Votre silence, votre amitié avoué à Bertrand C., votre acceptation, pardon, refus de la vengeance. Tout simplement, génial!
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  •  
  • natalie - Inscrit
    27 juillet 2011 15 h 42
    MERCI à Vous Monsieur MOUAWAD !
    M. MOUAWAD,
    MERCI à l'INTELLIGENCE et à la PURETE de Vos MOTS,
    CENON : la Trilogie de Sophocle ! J'y étais :
    6 h 30 étourdissantes :
    Et Bertrand, Voix Majestueuse, Vertigineux,
    Emouvant message,
    aux Notes Réflexives.
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