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Lettre à Bertrand Cantat... et aux Érinyes

Odile Tremblay   9 avril 2011  Théâtre
Bertrand Cantat<br />
Photo : Agence France-Presse Petras Malukas
Bertrand Cantat
Je ne vous connais pas. Ou seulement à travers la musique de Noir Désir que j'aimais, puis par le meurtre, le sang inscrit à l'encre indélébile dans votre sillage. Ivresse, jalousie, dope. Le décès de Marie Trintignant, battue par vous à mort à Vilnius en Lituanie en 2003, a créé un électrochoc. L'actrice disparue — homicide involontaire, trancha la cour — allait devenir emblématique de toutes les violences conjugales.

La compassion que m'avait inspirée Marie Trintignant dans son coma fut immense, ce coma où vous l'aviez abandonnée plusieurs heures durant avant de réagir. Je sais. Je sais. Immense, donc, la colère aussi. Aujourd'hui, je vous plains d'avoir survécu, malgré l'horreur du geste. Ajouter la haine à la violence ne fait que perpétuer un cycle infernal. On se souhaite mieux.

Je ne vous connais pas, mais j'ai lu sur votre éclat et votre chute. Vos photos m'ont parlé surtout: ce glorieux sourire de chanteur rock à qui tout réussit, puis les yeux égarés, cernés, honteux de celui qui porte à la fois le crime et l'opprobre, comme le souvenir des barreaux. Un regard plus hanté encore, après que la mère de vos enfants, redevenue votre compagne, se fut donné la mort, ajoutant du rouge au rouge et du noir au noir.

Les têtes d'affiche criminelles se transforment vite en symboles universels, en emblèmes du mal. Pas d'anonymat possible et une sentence à vie dans l'opinion publique.

Vous n'êtes plus le même, et qui le serait? La traversée des enfers vous a brisé. Oui, ces photos le crient. Vous avez purgé votre peine, lancé des excuses à la face du monde. L'heure est à la réhabilitation. On n'a pas à minimiser quoi que ce soit, mais à promouvoir des lendemains possibles. Que faire avec un revenant du meurtre? De lancinantes questions de société sont à poser et, dans ce brouhaha, qui saurait s'y atteler à tête reposée?

Votre ami Wajdi Mouawad a voulu vous aider à émerger, à ouvrir la porte à tous les exorcismes. Mais la décision de vous impliquer au printemps 2012 dans Le Cycle des femmes tiré de Sophocle relevait aussi — il en était comme vous conscient — de la provocation. Pari risqué. Des remous étaient à prévoir. Ce fut un raz-de-marée.

Vous ne viendrez pas au Québec. C'est entendu. Le gouvernement fédéral, douteux procédé, s'en mêle pour prévoir vous refouler aux frontières, lui qui déroule le tapis rouge devant tant d'assassins politiques haut placés. Mais en quoi serait-il de toute façon tentant pour vous d'affronter en chair et en os ces clameurs?

La vue des lapidations, du défoulement collectif en appel à l'hallali n'a rien de glorieux, bave et insultes aux lèvres. Reste que le choix de Mouawad était vraiment risqué. Le thème du spectacle, en regroupant Les Trachiniennes, Antigone et Électre, paroles de femmes enflammées, rendait votre présence insolente et fut perçu comme un affront. Qui aurait été voir ce Cycle, amis ou ennemis, autrement que pour lorgner votre tronche dans le choeur, faisant oublier Sophocle à tous?

Mieux eût valu vous entendre et vous voir en musique dans le choeur d'Oedipe. Même si la catharsis eût été sans doute plus grande dans un cycle résonant de cris féminins. Le parti pris créatif de Mouawad, dans une cohérente démarche, s'arrime à un théâtre de transgression, spectacle psychomagique à la Jodorowsky, défi audacieux de l'art qui s'abreuve à la plaie pour la colmater.

Wajdi Mouawad s'y connaît d'autant plus en art cathartique qu'il fut enfant de la guerre, transformant des réminiscences sanglantes en solutions de remplacement de lumière. Tel était entre autres le message de son Incendies. Et sans doute voit-il avec raison dans votre destin un écho contemporain aux tragédies grecques. Celles-ci sont peuplées de héros et d'héroïnes aux mains rouges, torturés de remords, qui après avoir tué père, mère, enfants ou amour deviennent la proie des Érinyes, terribles déesses de la vengeance à la mémoire longue. Ces mêmes déesses prennent ici les visages d'une foule rageuse. Mais plusieurs estiment les plaies encore trop vives pour vous accueillir. Il faut aussi les écouter. D'autres voix ont défendu le projet. Pas d'unité de ton, plutôt une foire d'empoigne et un malaise que nul ne peut balayer du revers de la main.

En convainquant Lorraine Pintal, la directrice du TNM, d'appuyer sa démarche, Mouawad l'avait plongée dans l'eau chaude. Même si elle a su endosser ce choix avec fougue, courage, au nom de tous les principes artistiques et du droit à la réinsertion, la voici ébranlée. Désabonnements au TNM, nous dit-on, missives hostiles ou claques dans le dos. Le spectacle avant sa création se sera joué sur un ring de boxe.

Je ne vous connais pas, mais ce débat soulevé fut révélateur de tant de fractures, de contradictions sociales, de rancoeurs amassées, d'appels d'air, que peut-être la catharsis désirée par Mouawad se produit-elle ces jours-ci à pleines tribunes, ici ou ailleurs, pour déboucher bientôt sur un élargissement de conscience. Peut-être en sortirons-nous plus sages, et vous plus apaisé. Car la vengeance des Érinyes ne libère personne. Cela, Wajdi l'aura toujours compris.
 
 
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  • Gérard Lépine - Abonné
    9 avril 2011 06 h 04
    dehors?
    Et Juppé qui est venu passer sa peine au Québec, comme PROF!
    Au moins Cantat a-t-il purgé sa peine, et sa peine complémentaire, ce que Juppé, maintenant ministre des Affaires extérieures (!!!) n'avait pas fait à l'époque...
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  • Anne-Marie Allaire - Abonnée
    9 avril 2011 06 h 06
    Robert Badinter
    Lorsque Robert Badinter décida de défendre un meurtrier afin de faire abolir la peine de mort en France, il a probablement du subir quelques lynchages publics semblables à celui auquel Denoncourt se livrera dimanche à Tout le monde en parle (extrait vu chez Anne-Marie Dussault, hier á RDI).

    Croire en la réhabilitation exige la réflexion et une certaine vision de société.

    Badinter n'a jamais justifié ou banalisé le meurtre. Wajdi non plus.
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  • Gilles Roy - Abonné
    9 avril 2011 08 h 40
    Lumineux (et apaisant), ce texte
    Je cite : «(...) la vengeance des Érinyes ne libère personne». Tout est là. Merci, Mme Tremblay, de l'avoir si joliment formulé.
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    9 avril 2011 09 h 16
    Pauvre petit!
    Madame,

    Vous plaignez ce pauvre Bertrand «qui a purgé sa peine»? Votre «élargissement de conscience» va-t-il jusqu'à jusqu'à souhaiter que le prix d'une femme assassinée soit réduit de quatre à deux ans de prison?

    Quant à Mouawad, que ce coup de publicité a rendu célèbre dans le monde francophone, je lui suggère de monter à Ottawa une pièce en anglais dont il confiera la vedette à Russell Williams.

    Pierre Desrosiers
    Val David
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  • Hélène Morin - Abonnée
    9 avril 2011 10 h 15
    Le temps, ce grand guérisseur pour ce qu'on ne peut changer...
    Ce texte de Mme Tremblay est d'un très haut niveau de conscience et fait partie des grands moments que cette "cantate" aura provoqués. Je crois que la catharsis est en train de se vivre. Je crois aussi que la présence de Bertrand Cantat aurait été comme une aiguille qui gratte la plaie encore vive.

    Je crois aussi que la douleur des parents n'aura jamais de fin et que le mieux que Cantat fait pour le moment c'est de ne pas participer au festival d'Avignon par respect pour la douleur de Jean-Louis Trintignant, voilà une façon de se réinsérer dans la société, en respectant la douleur que son geste a produit; la réinsertion se passe mieux dans la discrétion, même pour l'artiste. C'est ainsi et le temps sera son autre allié et la société saura mieux l'accueillir de nouveau. La discrétion lui permettra peut-être de créer plus fort et plus grand.

    Quant au lien avec Robert Badinter que fait Mme Anne-Marie Allaire, notez seulement qu'il y a une petite nuance, vie et réinsertion. Je travaille dans le domaine de l'intégration sociale et même si je suis la première à dénoncer les obstacles à l'intégration, il y a une différence entre affronter les obstacles à l'intégration et affronter la peine de mort. Perdre la vie, c'est non seulement perdre le droit à la vie, c'est aussi perdre tous ses autres droits...
    Une certaine vision de la société doit aussi permettre de respecter la douleur et de la laisser s'exprimer.

    Les "lynchages publics" à la Denoncourt doivent aussi se faire même si on n'aime pas ça, c'est aussi ça la vie, j'ai bien dit la vie...
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  • Martin Riou - Abonné
    9 avril 2011 10 h 14
    Quel beau texte
    Cela nous aide à y voir plus clair entre deux valeurs qui nous sont chères et qui s'entrechoquent:
    contrer la violence faite aux femmes et favoriser la réhabilitation des criminels
    Merci Mme Tremblay
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  • Carmen Langlois - Inscrite
    9 avril 2011 10 h 25
    Un peu de réflexion
    ... et de jugement. Ça fait du bien. Merci pour cet article à la fois juste et humain. Ça change du procès public moyenâgeux des derniers jours. Je relaie sur ma page Facebook. Je recommande aussi le formidable article sur un blog signé Gilbert Turp.
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  • Michel Pruneau - Inscrit
    9 avril 2011 10 h 30
    Le temps de réfléchir
    Excellent texte qui nous éloigne enfin de la facilité des "pour ou contre".

    Ce qui m’aura le plus troublé dans cette affaire, c’est la résurgence de la notion de pardon, conçue comme une espèce de formule magique qui sert surtout à démontrer la valeur spirituelle ou artistique de la personne qui pardonne.

    Le pardon devrait être un long processus de deuil qui appartient en propre à la victime d'abord, et accessoirement au criminel qui ne peut que le demander, sans l'exiger.

    Le pardon, s’il faut conserver ce mot issu de la tradition judéo-chrétienne, imposé comme une norme morale est une violence intellectuelle qui éloigne le criminel et la société de la véritable réhabilitation.

    Michel Pruneau
    www.michelpruneau.com
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  • alain lavoie - Inscrit
    9 avril 2011 10 h 30
    Mouawad, Cantat et les autres
    Beau texte qui met qui met en évidence la démarche artistique du créateur et nous change des hurlements de toute cette horde de chacals.
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    9 avril 2011 12 h 54
    L'artiste et les conditions de son privilège
    La position qui peut être défendue est celle ci. L’artiste représente l’espoir d’un monde meilleur, par l’art, il console de nos souffrances. Lorsque l’artiste brise ce contrat symbolique avec les gens rien ne va plus. Comme il y a eu meurtre, un acte de transgression sur les conditions de fondation de la civilisation des droits de l’homme, cet acte de brisure peut empêcher l’artiste de retrouver après sa liberté revenue les conditions de son privilège d’être artiste. Car être artiste c’est de bénéficier de l’immense privilège d’être applaudi, louangé voire sacralisé.

    L’artiste dans sa condition rarissime d’avoir commis un acte meurtrier devrait accepter de retrouver la discrétion celle d’ailleurs partagé par des millions, des milliards d’individus.

    Sur le plan psychologique, vécu, une violence sourde enfoui dans la personne de Cantat a pu contribuer à ce qu’il commette ce geste de rage irréparable contre M.Trintignant une nuit de 2003 cela a peut être été considéré dans le jugement qui l’a condamné à la prison pour homicide involontaire.

    Néanmoins dans une humanité écartelée entre l’intention de réhabilitation et le désir de vengeance, M.Cantat devrait prendre note de la difficulté humaine envers le pardon qui relève davantage d’un acte de foi chrétien donc intellectuel, philosophique que vécu biologiquement. Le pardon pour les victimes n’est pas une obligation ni un devoir. Face à la perte irréparable de proches par la violence, le pardon n’est pas compris au moment de la sortie de prison d’un individu.
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  • Marie-Francine Bienvenue - Abonné
    9 avril 2011 13 h 15
    article et commentaires de haut niveau
    Merci à tous,

    Je remarque que l'immense qualité de l'article de Mme Odile Tremblay, tout de profondeur et de nuances faites, entraîne des commentaires de très belle facture aussi (sauf un qui est un cri émotif)

    Ce texte et ces commentaires sont un espoir: nous évoluons...
    espérons que ça paraitra aussi le 2 mai !
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  • France09 - Inscrit
    9 avril 2011 13 h 14
    Merci
    Je vous lis depuis des années et toujours je trouve vos propos empreints de grande sagesse. Merci pour ce beau texte qui nous emmène tous à réfléchir et non de réagir émotivement
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  • LiseTr LiseTr - Abonné
    9 avril 2011 14 h 23
    Merci madame..
    Merci madame,
    Vous me ramenez au monde... Je ne peux et ne veux dire rien de plus. L'heure est maintenant à la réflexion, en particulier pour ceux qui, même après l'annonce d'hier ne pouvaient quitter le champ de bataille et se faisaient d'éminents porteurs de haine et de rejet. L'humanité, c'est probablement ça, aussi.
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  • François Le Blanc - Inscrit
    9 avril 2011 14 h 28
    Érinyes
    En résumé, les gens qui se sentent mal à l'aise à l'idée de voir sur une scène de théâtre Bertrand Cantat, un auteur-chanteur rock reconnu coupable d'homicide involontaire (après avoir infligé des coups violents qui ont plongé Marie Trintignant dans le coma, l'avoir laissée plusieurs heures ainsi sans alerter les services médicaux) sont ou bien des émotifs ou des Érinyes.

    On pourrait allonger la liste. Réac. Bourgeois. Bien-pensant. Vengeurs. Étroits d'esprit. Merci de tous ces épithètes (j'en oublie beaucoup). Mais des épithètes ou insultes ne sont pas des arguments.

    Hmm... Mais Érinyes? J'aime ça. Très « stylish ».

    La réhabilitation, oui. Mais un avocat ayant commis un meurtre ne pratique plus. Ni un médecin, ni un professeur. Cantat serait devenu comédien (le temps d'une tournée) après ne pas s'être soucié de la vie d'une actrice? C'est ironique, non? Une petite gêne serait de mise.

    Faîtes-moi grâce des comparaisons avec Wagner et Louis-Ferdinand Céline : ils n'ont pas commis de meurtre. Et les deux sont morts il y a longtemps. On a eu le temps de décanter.
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  • NDNM - Inscrit
    9 avril 2011 14 h 57
    merci mille fois
    Merci madame Tremblay, pour ce texte d'une humanité et d'une conscience malheureusement si rare. Il est toujours étonnant de voir le déchainement de la haine , l'appel à la vengeance, la lapidation en place publique. Pourquoi ne s'indigne-t-on pas de la remise en liberté de ces pourvoyeurs de drogue qui tue avec préméditation des dizaines de jeunes gens ou ces chauffards aux facultés affaiblies qui tuent également , ces derniers ne font même pas de prison. Le Canada a accueilli des criminels de guerres donnant le bénéfice du doute pour des actes parfaitement connus au Rwanda ou ailleurs. Rien n'excuse le geste de B Cantat ; on peut le mépriser mais qui sommes nous pour mesurer le poids qu'il portera jusqu'à la fin de sa vie. La société doit se placer à un niveau de conscience plus haut. Badinter l'avais compris et d'autres grands juristes ou politiciens mais il est plus facile d'excité le bon peuple par média interposé. La justice est bonne quand elle fait notre affaire , et sinon le lynchage médiatique se met en route.
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  • jean-jacques@streliski.com - Abonné
    9 avril 2011 15 h 34
    Simplement merci
    Simplement merci Madame Tremblay. En dire plus serait désormais indécent.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    9 avril 2011 15 h 38
    L'intolérance de certains fait des petits dans la foule.
    J'aimerais qu'on traite l'être humain, qui qu'il soit, avec un peu plus de considération. C'est ce que vous semblez souhaiter dans votre beau texte au sujet de cette tragédie. N'y a-t-il pas quelqu'un qui a déjà dit un jour: "Qui es-tu, toi qui me juge?"
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  • Robert Gauthier - Abonné
    9 avril 2011 15 h 47
    Justice, quel justice?
    N'y a t-il pas dans cette réaction populaire une critique du système de justice où les peines d'enprisonnement sont purgées a une fraction du temps de la sentance et ce probablement pour des raisons économiques
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  • Samuel Rougemont - Inscrit
    9 avril 2011 15 h 51
    Sophocle et le fait-divers
    Bonjour Madame Tremblay,
    J'apprécie votre beau texte. Permettez que je m'interroge : pourquoi, lorsqu'il s'agit d'évoquer les actes les plus vils -et l'Être humain en est, hélas, capable-, recourt-on souvent aux classiques, à la tragédie grecque, et à la Beauté (car, encore une fois, votre texte est beau, dans la forme et le fond) ? J'esquisse un début de réponse. Sans doute, parce qu'en faisant de la sorte, l'on masque la face hideuse de l'Être humain, l'on montre les capacités humaines à créer le beau. Aussi. C'est certainement la meilleure réponse à apporter. Je ne suis pas sûr que tous le comprennent, surtout pas le « faux-Rimbaud » qui, un soir de 2003, a perdu sa part d'humanité. L'a-t-il déjà recouvrée ? Combien de temps faudra-t-il pour qu'il la recouvre ? Et s'il la recouvre, combien de temps faudra-t-il pour que les autres Hommes le reconnaissent comme tel ? Car l'on N'EST que par le regard de l'autre, des autres...
    Et puisque j'évoquais, après vous, la tragédie grecque, que l'on se garde bien de confondre le sordide d'un meurtre « ordinaire » avec la splendeur d'un drame de Sophocle. À un certain moment, il faut abandonner les rives de la culture, laisser toutes les belles références littéraires, pour ne voir que l'aspect ignoble d'un horrible fait-divers.
    Alors, on fait quoi ?...

    Samuel
    Français (Annecy -Haute-Savoie)
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  • Lyse Marcott - Inscrite
    9 avril 2011 18 h 45
    Merci pour votre texte...
    Je suis rassurée par la luminosité de votre pensée, Mme Tremblay ainsi que tous les commentaires positifs qui me précèdent. Je commencais à désespérer. Un artiste a comme mission d`agir comme miroir de la société...Quand les gens n`aiment pas ce qu`on veut leur montrer ils décident de casser ce miroir. Nous en sommes là, mais je constate que la société a heureusement avancé "un peu". Il reste que les gens réagissent très mal quand on touche des blessures émotives, nous avons donc encore beaucoup de chemin à faire. Encore merci!
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  • jlouisroy - Inscrit
    9 avril 2011 20 h 27
    Vous avez raison...
    madame Tremblay. Que de beaux mots pour nous interpeller à voir un peu plus haut et beaucoup plus loin.

    Merci madame.
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  • Moteur - Inscrit
    9 avril 2011 22 h 44
    Anti-Art
    Trop facile de se faire du capital politique avec quelques ''snif,snif'' enveloppés dans du papier d'argent!

    Pas évident de prendre l'autre position qui dénonce cette démarche comme de l'Anti-Art dans sa forme en intégrant du réel dans la fiction.

    De dire que c'est, soit de la cruauté ou de l'inconscience, d’exhiber Cantat en ignorant la souffrance probable de la famille de la victime.

    C'est juste indécent ce truc, point!
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  • André Loiseau - Abonné
    9 avril 2011 22 h 54
    L'esprit de vengeance.
    Madame Tremblay dit ce qu'elle croit vrai, toujours. Faire face à la meute des biens-pensants aux dents longues demande un courage dont Odile Tremblay ne manque jamais. Elle n'a pas froid aux yeux.
    Cette histoire me fait penser à ces policiers qui informent trop souvent un employeur de l'embauche d'un ex-détenu. Le rejet sociétal l'aura conduit au crime, le rejet de sa réhabilitation l'y ramènera. Je me questionne aussi sur l'hypocrite perfection de ces accusateurs qui n'attendent que notre chute pour venir nous briser les reins.
    Pourquoi donc lui avoir fait subir un procès si c'était pour le lyncher à la sortie? On voit bien que la majorité approuverait la peine de mort, même sans procès. Notre façon de réhabiliter est une pépinière de criminels.
    La justice devait civiliser l'esprit de vengeance mais tout le monde s'en sacre.
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  • videoqualia - Inscrit
    10 avril 2011 01 h 54
    Réponse d'une « Érinye »
    Dès qu'on s'oppose au choix de Mouawad on devient une mégère hystérique sans cœur. On fait du pardon (réhabilitation si vous préférez) une vertu ultime.
    Personne ne s’arrête au fonctionnement du cycle « abus, contrition et pardon ». Dans le cas de Bertrand Cantat, on a évacué la contrition. Oui l’homme a fait 4 ans de prisons, mais ce n’est pas une condition suffisante à la contrition. Si Cantat veut un pardon public il doit faire acte de contrition public. C’est à dire qu’il doit clairement reconnaître son tort, exprimer son repentir et demander le pardon avec humilité. C’est très rituel. Si la contrition n’est pas sincère, ça entraîne le recommencement du cycle – le schéma de relation abusive.
    Ça c’est si on croit vraiment que le cycle « abus, contrition et pardon » est la seule manière d’envisager le problème. Il y a une autre manière, plus moderne, moins catholique, d’aborder la question : quelle est la maladie mentale qui a frappé Bertrand Cantat en 2003? Pourquoi cette maladie frappe uniquement les hommes (97% des victimes d’homicides en cas de dispute conjugale sont des femmes) ? Peut-on la guérir? Est-elle issue d’un paysage culturel ou d’une anomalie physiologique ? Si culturel, quelle est la meilleure stratégie (pardon ou vengeance) sur les perceptions? Si physiologique, peut-on apprendre à la dépister avant qu’elle ne frappe?
    Bref, au delà des émotions on pourrait avoir une conversation intelligente, rigoureuse et rationnelle. Certainement, ça serait moins poétique mais ça aurait l’avantage de prévenir des morts inutiles et aussi de préserver certains hommes de leur folie.
    En attendant, il existe la notion de sagesse de la foule. Et ici, la foule a parlé. Cessons de dénigrer sa colère.
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  • Jehan Lambert - Inscrit
    10 avril 2011 05 h 12
    Les mots qui apaisent... un peu!
    Vous avez écrit l'article que tous devraient lire...
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  • jpfredericPierre - Inscrit
    10 avril 2011 07 h 27
    Amusant.
    Amusant comme les "heros" restent heros et l'on s'interresse toujours aux heros, on les pardonne car ils nous font rever d'etre hero soi-meme. Article interressant mais tres vague, moraliste, un desir de beaute en votre plaisir d'ecrire. Il est peut etre temps d'oublier ces etres de lumieres. jpfPierre
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    10 avril 2011 09 h 29
    À videoqualia
    Mais la foule parfois lynche aussi les innocents... Le lynchage physique ou social est-il un droit acquis?

    Céline Andrée Massicotte
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  • Marie Labelle - Abonné
    10 avril 2011 09 h 52
    Lettre intelligente et sensible, Merci!
    Madame Tremblay, vos mots, votre pensée est juste, pacifiante. Ce que l'on se saura peut-être jamais, c'est si Bertrand Cantat s'est pardonné à lui-même.

    Le temps, seul, sera son allié et le nôtre et celui du poète et acteur Jean-Louis Trintignant dont la révolte et la douleur sont encore trop près, trop vives.
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  • Kate 14 - Abonné
    10 avril 2011 11 h 41
    Merci
    Ne serait-ce que pour ces deux phrases : Ajouter la haine à la violence ne fait que perpétuer un cycle infernal. On se souhaite mieux.
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  • Evelyne - Abonnée
    10 avril 2011 12 h 19
    Odile Merci!
    Pour cette analyse intelligente à fleur de peau et de raisonnement. Merci!
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  • videoqualia - Inscrit
    10 avril 2011 12 h 41
    À Celine A. Massicotte
    Cantat n'est pas un innocent. C'est un coupable qui cherche à réintégrer la société, à retrouver un statut respectable. Pourrait-il redevenir innocent? C'est impossible. Il a amputé la société d'une personne. Si il pouvait ressuscité Marie Trintignant on pourrait pe dire qu'il a effacé réellement son crime. Il reste marqué, que le veuille ses amis ou non. 4 ans de prisons, n'est pas un acte de répartion.

    En ce qui concerne les vrais innocents qui sont lynchés en public, c'est assez rare dans le contexte actuel. Il se trouve que a) la liberté d'expression permet à tout le monde de dire ce qu'il pense et donc (même dans le cas ici présent) on a droit aux deux côtés de la médaille, b) il existe tout un appareil judiciaire qui fait en sorte qu'on punit la diffamation - càd toute assertion mensongère sur une personne qui lui cause un tort.

    Y a-t-il encore des chasses aux sorcières ? Est-ce que la foule a besoin de se mettre sous la dents des victimes innocentes dont elle broie la réputation? J'ai une certaine difficulté à trouver un exemple récent (mettons dans les 20 dernières années) d'une personne qui se serait faites démolir injustement par la foule. En général la foule dévore les pervers et manipulateurs dans le genre de Guy Cloutier ou Vincent Lacroix. Le plus proche du lynchage serait ces hommes accusés de pédophilie pour être ensuite jugé innocent, mais dont le voisinage garde une suspicion constante. J'oserais dire que d'instinct la foule moderne déteste condamner les innocents (on crée une nouvelle victime et on laisse le bourreau réel en liberté).

    Finalement, pour revenir à Bertrand Cantat, le choix d'une vie publique implique le jugement du public. Politiciens et artistes perdent une partie de leur vie privée quand ils choisissent de vivre de l'opinion du public. C'est la règle du jeu. Donc peut-être que l'adulation de la foule se transforme plus aisément en lynchage, et ce n'est que juste retour du balancie
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  • amaranta - Inscrit
    10 avril 2011 12 h 56
    Une banalisation indécente
    C'est un cas typique de banalisation de la violence faite aux femmes où la légèreté de la sentence pénale renvoie aux nombreux préjugés persistant sur la question notamment, que ce type d'homicide appartient à la sphère privée. C'est précisément par ce que la justice a été si clémente envers Cantat, que plusieurs d'entre nous considèrent qu'en réalité, il n'a pas vraiment payé sa dette à la société. Comme pour Vincent Lacroix. Dans ce contexte, sa participation à une oeuvre de théâtre qui traite de femmes confrontées au diktat méprisant d'un homme, vient confirmer le peu de cas qu'on fait de la vie d'une femme. Cela contraste avec l'appui inconditionnel accorder à Cantat. Inconditionnel, parce que rien ne semble lui être demandé en contrepartie.
    Sa peine de prison fut déjà une aubaine. N'aurait-il pas été plus respectueux d'entendre quelques années avant de s'afficher dans un évènement aussi chargé symboliquement, ne serait-ce que pour la famille de sa victime. Si Cantat était réellement repentant, il l'aurait compris et aurait préféré se faire plus discret. C'est une question de compassion et d'humanisme. C'est pourquoi, s'étonner du tollé qu'a soulevé ce geste provocateur, voire indécent de Mouawad témoigne d'une grande insensibilité. Ces réactions d'indignations, parfois maladroites, visent essentiellement à rappeler la gravité que constitue le meurtre et la violence faite aux femmes alors que les sentences pénales qui s'y rattachent contribuent à la banaliser. En ce sens, la contestation populaire compense le laxisme du système de justice.
    Que Wajdi Mouawad cesse donc d'attendre des femmes qu'elles pardonnent inconditionnellement à leur bourreau. Qu'il demande plutôt à ces derniers d'entreprendre une réelle réhabilitation qui commande qu'ils assument les conséquences même pénibles des crimes qu'ils ont commis. Cantat a le droit de "vivre" et de travailler. Toutefois, rien n'oblige à ce que ce soi
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  • amaranta - Inscrit
    10 avril 2011 13 h 53
    suite et fin Une banalisation indécente
    (section manquante au texte precedent)

    Cantat a le droit de "vivre" et de travailler. Toutefois, rien n'oblige à ce que ce soit de cette façon et surtout dans ce contexte.
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    10 avril 2011 17 h 10
    Le Québec n’est pas prêt pour le pardon
    Le Québec n’est pas prêt pour le pardon

    Le dénouement de l’affaire Bertrand Cantat vient de prouver une chose : le Québec n’est pas prêt pour une société évoluée. Face aux valeurs chrétiennes qui ont déjà trouvé une oreille attentive dans ce pays, comme le pardon, la paix et l’amour, le Québec fait plutôt, avec une majorité écrasante, dans la rancœur, le rejet, voire la haine.

    Qui est Bertrand Cantat ? Est-ce un apôtre de la violence envers les femmes ? Est-ce un homme qui prêche l’infériorité du sexe faible ? Qui dit de tuer les épouses qui sont désobéissantes ou hystériques ? Qui dit qu’une fois saoul, si vous tuez votre conjointe, c’est un simple accident et il ne faut pas en faire un plat ?

    Non c’est un pauvre homme qui, dans une certaine situation, n’a pas su contrôler sa colère, qui reconnait aujourd’hui sa faute, qui a purgé une juste sentence établie suite à un procès en bonne et due forme. Est-ce à l’homme de la rue maintenant de lui appliquer une nouvelle sentence à vie ? Ça ça s’appelle du lynchage et c’est le genre de réaction barbare qu’on essaie d’éviter dans une société civilisée.

    Malheureusement, il semble qu’on n’en soit pas là encore au Québec… ou qu’on n’y soit plus.

    On est probablement plus prêt de la philosophie des Conservateurs : marquer à jamais le criminel. Faire du reste de sa vie un enfer. Investir des sommes considérables pour l’incarcérer très longtemps, non pas par protection de la société, mais par la vengeance à l’état pur. Séparer le monde en deux : les bons et les méchants, alors que les bons seront cruels et sans pitié pour ceux qu’ils auront classés dans l’autre camp.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    10 avril 2011 18 h 02
    À Amaranta: concepts fumeux
    "La violence faite aux femmes", est concept un peu racolleur, basé sur "L'annonce faite à Marie?". Cette violence est-elle vraiment plus grave, plus répandue que celle faites aux enfants et aux hommes? Dans l'industrice de la construction et la voirie les morts dû à des négligences, à des règles non appliquées etc., sont choses très courantes et les responsables, même récédivistes, s'en tirent en catimini avec de petites amendes. Les Enfants de Duplessis, les victimes des collèges pour autochtones, étaient des garçons, en majorité, et que penser des enfants soldats, des jeunes membres de gangs de rue, coupables de pauvreté?

    L'innocence que vous évoquez ne signifie pas grand chose. Parmi les innocents il y a tous ceux qui n'ont jamais été pris, à qui cela fait une belle jambe de crier au loup: consommateurs de pornographie juvénile ou dégradante, si facilement accessible aux ados. Une ex amie m'a affirmé avoir été surprise qu'un homme lui propose de la pornographie juvénile, ce à quoi il a répondu "il y a des femmes qui aiment ça", et aucune raison d'en douter: les femmes ne sont pas innocentes de nature. Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle ne l'avait par dénoncé elle a baissé les yeux et ne m'a pas répondu; pourtant ça aurait été facile...

    Que feraient les foules innoncentes, selon votre théorie, si on rendaient publics, comme plusieurs le réclament, les noms et les adresses des pédophiles ayant purgé leur peine? Poser la question c'est y répondre. Et parlant de justice, les peines c'est connu, ne sont jamais assez sévères, surtout pour ceux qui ne connaissent pas le sytème pénal ni les concepts d'homicide, volontaire, involontaire etc., qui se fonde sur des preuves et non des états d'âme. Et en matière d'abus et d'agressions sexuelles ou autres les victimes d'hier sont assez souvent les coupables d'aujourd'hui, et les coupables d'hier sont souvent en liberté...

    Les simplifications... faciles.
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  • asclepios - Inscrit
    10 avril 2011 23 h 19
    Je suis triste ce soir.
    Je ne te connais pas moi non plus, Bertrand, mais je me mets à ta place et j'ai mal pour toi. Comme beaucoup, j'ai entendu l'histoire de ton crime et j'ai eu de la peine. Mais à quoi sert de t'haïr aujourd'hui? Rien. La haine ne sert à rien. Ce que tu peux entendre ou lire à ton sujet ne changera rien à ce qui est arrivé, tu le sais déjà. Je ne sais pas si tu es un ange ou un salaud aujourd'hui et je m'en fous. Je veux juste te dire que j'ai de la peine pour toi et tous ceux qui ont été affectés par ton crime.
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  • asclepios - Inscrit
    10 avril 2011 23 h 21
    (suite)
    J'ai oublié de signer. Je ne veux pas que mon mot soit anonyme.

    François Genest

    Voilà, c'est fait.
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  • amaranta - Inscrit
    11 avril 2011 07 h 05
    À Celine A. Massicotte: Démagogie et démesure
    En ce qui me concerne, vous êtes la seule à faire des théories, et celles que vous m'attribuez vous appartiennent.

    La violence faite aux femmes est une réalité désormais largement reconnue à travers le monde. Elle renvoie, notamment, aux agressions sexuelles et à la violence domestique. C'est à cette dernière que je faisais allusion dans mon texte. Je vous invite d'ailleurs à faire des recherches sur la question, vous constaterez que cette une réalité bien concrète.

    Pour en revenir à Cantat, en 2003, la justice lituanienne l'a condamné à huit années de prison. Ceux qui ont établi sa sentence sont des spécialistes qui maîtrisent la notion d'homicide ( quelle que soit la catégorie ) et de sanction s'y rattachant. Cantat n'a néanmoins purgé que la moitié de sa peine. Le droit n'est pas une science pure et l'interprétation, donc la subjectivité, y joue un grand rôle. Le seul fait que vous invoquiez la relativité de l'innocence ou de la culpabilité en témoigne. C'est pourquoi, à ce niveau, mes opinions valent bien les vôtres.

    Pour ce qui est de considérer la probabilité qu'il se cache un ou une criminel-le en chaque personne que je rencontre, je préfère encore croire que toute personne est innocente jusqu'à preuve du contraire.

    En terminant, voir des lyncheurs " antiréhabilitation " chez toutes personnes qui oseraient ne serait-ce qu'émettre des réserves sur la décision de Wajdi Mouawad est aussi grossier que de traiter les défenseurs de la loi 101 de nazis.
    Où est la foule de lyncheur? Y a-t-il eu mort d'homme? Vous inventez des scénarios et vous y croyez.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    11 avril 2011 10 h 51
    À Mamantara: Sentence, etc.
    En démocratie, même aux USA, il y a des différences entre la sentence imposée et le temps purgé: il y a le temps préalablement purgé, la conduite du condamné, les libérations conditionnelles, etc.

    Il est peut-être vrai que je charrie un peu... Pourquoi pas? Même accepté par une majorité comme l'existence de dieu, la violence fait aux femmes reste un concept. Cherchez le nombre de morts au travail chaque année au Québec versus celui des femmes tuées par leur conjoint et vous concluerai ce que vous voudrez. Toutes les morts violentes ont le même poids.

    La criminalité gallopante aux USA parque des centaines de milliers d'hommes dans les prisons, presque exclusivement venant de milieux pauvres et comme la peine de mort y reigne toujours... Ici, et là je sors un peu du sujet, les victimes d'erreurs judiciaires graves à 98% peut-être sont aussi des pauvres, par hasard, souvent autochtones.

    Et puisque vous vous référez vous-même "au monde" pourquoi ne pas parler de la lutte à la drogue menée par les pays importateurs? En fait, il est vrai que les hommes et les femmes victimes de violence ne meurent pas dans les mêmes circonstances, et alors? C'est pourquoi je considère que le concept de "violence faite aux femmes" est abusif parce qu'il fait des femmes des victimes à part, et relève à ce titre de la démagogie.

    Au Canada, le fédéral comme le gouvernement québécois on voté il y a presque une décennie une loi pour abolir la pauvreté des enfants (des deux sexes). Quel autre beau concept! Ceux ci poussent dans les arbres? Eh non! dans des familles souvent monoparentales, et le gouvernement québécois calcule les pensions des ex conjoints payées aux mères comme un revenu de travail pour réduire leur aide sociale: violence financière. Violence financière

    Lyncheurs? Je m'adressais à videoqualia et son éloge des foules: les avis sont très partagés sur le sujet, alors quelle foule?
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    11 avril 2011 12 h 33
    correction:
    amaranta

    S'cusez-la!
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  • Christian Bloch - Abonné
    12 avril 2011 15 h 51
    L'avis d'une juge française
    Bonjour

    Je vous invite à lire l'avis d'une juge française. C'est tout aussi remarquable que l'avis contraire. Mais je trouve ses arguments à elles plus convaincants.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/12/est
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    12 avril 2011 22 h 04
    Réponse à ma question amaranta (et par le biais à videoqualia):
    Une personne tous les quatre jours meurt au travail, au Québec: combien de femmes parmi eux? Et combien de femmes meurent dans une année au Québec suite à des actes de violence de la part d'un conjoint? Bien sûr, c'est trop mais...

    Et le gouvernement qui publie ces données sur les accidents au travil ne trouve rien de mieux à faire que des petites pubs de temps à autre. Alors je le répète autrement: toutes les morts violentes devraient avoir le même poids, soulever la même indignation,
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  • Trobadorem - Inscrit
    13 avril 2011 08 h 22
    ...Parce que la 'vengeance d'Érinyes ne libère personne"...
    Merci Madame Odile, c'est vrai que votre texte fait du bien. Mais malheureusement, comme en témoigne les commentaires et l'acharnement de certaines personnes, la colère, le ressentiment et la vengeance sont souvent durs à déloger.

    Je laisse ici la place à Marie Dosé, avocate à la cours de France ( http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/12/est :

    "En réduisant publiquement l'artiste à son méfait, en décidant que Cantat n'est et ne sera jamais rien d'autre que la mort de Marie Trintignant, la double peine de cet "élargi" confine à une mise au pilori qui finit par devenir l'instrument d'une dictature de l'émotion, celle des victimes. "

    Et aux hystériques qui se reconnaitront ici,...de grâce, fermez le journal, éteignez votre ordinateur et allez prendre du belle marche de printemps. Le monde ne s'en portera que mieux.
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 avril 2011 05 h 25
    Aux pays des anges
    Que de beaux sentiments (mielleux plutôt que venimeux) dans tout ceci.
    Que de soumission aussi et de conformisme à la voix qui fait autorité, qui indique le chemin, qui balise la pensée. Surtout ne pas en déroger.

    On se risque à sortir le museau pendant qu'en bas, les chats de ruelle, motonneux et crottés, dorment la bave aux lèvres.

    Pas sûre que l'art se sentirait plus à son aise là-haut.
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  • Marco - Inscrit
    14 avril 2011 08 h 59
    Qui peut savoir?!...
    Qu'on ait été pour , qu'on ait été contre la venue de Cantat dans le cadre de l’évènement artistique que l’on connaît , un devoir de réserve s'imposait et s’impose toujours... Et il serait bien sage d'éviter d'émettre une opinion trop rapide sur le sujet alors que notre jugement est faussé au départ et conditionné par toute cette peur de la violence des hommes et qui, pour mieux la circonscrire et la réprouver, nous entraîne à notre tour ( ironiquement) dans une aussi dangereuse spirale de violence et de vengeance.

    C’est également vrai lorsque nous endossons cette soi-disant ouverture d’esprit et que nous sommes si prompts à exprimer diverses opinions qui viendraient appuyer cette position fort discutable qui est celle du refus de juger à nouveau un homme qui a d’abord été jugé et qui a déjà purgé sa peine... S’agi-il tout simplementt d’une autre façon de se rassurer soi-même? Comme si en s’évitant de juger (dans le seul but de ne pas être jugé à son tour), nous tentions d’en arriver à mieux occulter cette réalité fort dérangeante et éviter de reconnaître que tous ces vices et toutes ces passions sont tout simplement inscrits en chacun de nous...

    Celui ou celle qui n'a pas perdu un être cher en pareilles circonstances ne pourra jamais comprendre... Les proches, eux, la famille, les amis, tous ceux qui restent et qui sont accablés par la peine, l'indignation, sont conviés bien malgré eux à une longue traversée qui les oblige à revisiter continuellement l'enfer de la douleur, la seule traversée possible qui puisse les conduire à l’acceptation et, à la limite, au pardon.. Alors qu’oublier, ça, ils ne le pourront jamais…


    Marc Ste-Marie
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  • Jean-Louis Chabot - Inscrit
    14 avril 2011 10 h 14
    À lire et une invitation à réféchir plus sereiment
    Il semble qu'il soit devenu difficile et risqué de réfléchir et de faire part de ses réflexions. Je préfère la ligne du risque, elle nous permet d'avancer. Merci à Madame Tremblay et à celles et ceux qui nous livrent leur réflexion et nous communiquent leurs émotions sur des questions qui nous touchent si intimement.

    Jean-Louis Chabot
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  • Frédéric Jeanbart - Inscrit
    16 avril 2011 10 h 46
    Honteuse position des gouvernements...
    Ce qui se passe dans la vie de Cantat n'est qu'une conséquence de ses propres gestes, et oeuvrant dans le domaine public, il se doit d'asssumer que cela puisse avoir une influence directe sur sa carrière : il se peut que le public ne le suive plus, mais c'est au public de le faire savoir par son absence, telle en démocratie alors que le droit a fait son oeuvre.

    Le gouvernement n'avait pas à se prononcer là-dessus, il n'est pas "Juge Universel" alors qu'il balaie du revers la cause telle qu'elle fut entendue et analysée par les juristes français, ne se fiant qu'à un brouhaha émotif afin de capitaliser dessus, pour ses propres intérêts (pas pour l'intérêt d'une Nation et sa démocratie), une oeuvre d'arrogance en soit. Qui plus est quand d'autre part il accueille avec tapis rouge des dictateurs ou des chefs d'état qui imposent oppression et meurtres politiques (la Chine par ex.), de traiter avec ces derniers (par ex, cautionner les actes répréhensibles d'un pouvoir d'état par pur dogmatisme ou intérêt économique), ou encore le laxisme de "l'immigration politico-stratégique" qui permet l'entrée d'individus plus que douteux...

    Au Canada la loi est différente donc ce serait justifié? Ah oui... De fait, elle est globalement plus sévère en France, réputé "état policier" : on n'a pas peur de mettre des individus en tôle peu importe leur statut économique ou social, Lacroix serait encore en prison à cette heure, Charest et Tremblay pourraient avoir à confronter la justice (n'ayant pas d'immunité "présidentielle"), et quand on se fait emprisonner on ne ressort pas au sixième de la peine imposée par un juge (ce qui peut aussi se produire dans les cas d’homicide involontaire par chez nous)!.. Bref, encore une fois on voit à l'oeuvre le populisme et la démagogie d'un pouvoir hyper-hypocrite, fondamentalement néoconservateur peu importe l'étiquette...
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  • Jean-Yvan Nadeau - Abonné
    16 avril 2011 13 h 13
    Odile Tremblay n'a rien compris.
    Madame,
    Bien humblement, je crois sincèrement que vous seriez mieux de rester dans la critique du cinéma, surtout pas trop compliqué. Car, chaque fois que vous vous aventurez a discuter ou à commenter des sujets plus profonds, qui demandent une longue réflexion, une soide formation et une culture profonde (non celle de surface pour paraître et tenter d'épater la galeie), alors vous dérapez et vous dites des conneries et des aberrations. SVP, laissez ces domaines à d'autres et contentez-vous de les lire et d'apprendre d'eux. Vous savez la véritable culture, ce n'est pas comme la confiture qu'il faut étendre à outrance parce que . . . (vous connaissez sans doute le reste de la phrase). Si ce n'était pas le cas, alors posez la question à vos semblables . . . . peut-être que . . .

    Jean Nadeau
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  • Maryse Lucie Paquette - Inscrit
    16 avril 2011 17 h 58
    Merci Mme Tremblay
    Au contraire de M. Nadeau, je considère ce texte éclairant, réfléchi et pertinent.
    Continuez Mme, nous avons besoin de vous lire.
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  • emma goldman - Inscrit
    16 avril 2011 21 h 20
    hier, Josée Blanchette écrivait ceci...
    qu'il me semble bon de rappeler ici...

    Cher Wajdi,

    En attendant de vous entendre ce soir nous parler du pardon nécessaire, j'ai fait appel à un ami commun (c'est probablement le seul), le père Benoît Lacroix. Parce qu'à force d'entendre parler du pardon, vous m'excuserez, mais j'ai eu des doutes. Tout le monde semble s'entendre sur «le» pardon.

    D'abord, comme vous le savez, le père Lacroix n'est pas exactement identifié à la droite religieuse. Plutôt un doux «hérétique» dont la tolérance a fait bien des adeptes chez les athées et les croyants.

    Quoi qu'il en soit, voici ce qu'il en dit: «Pardonner, ce n'est pas oublier. On ne peut pas tout oublier. Le pardon est toujours en devenir, jamais absolu. Nous ne sommes pas dans l'idéalisme de Kant, mais dans la réalité. En imposant un homme qui a tué sa femme à un auditoire, on trahit ce dernier, on le confronte à des émotions très vives. Chaque mot, chaque intonation deviendrait un petit procès. Car ce spectacle n'est pas destiné à faire sa propre promotion; il se destine au public.

    «Ce conflit n'est pas une opposition entre la gauche bien pensante et la droite rigoriste. Et la mémoire humaine n'est pas au service du siècle de la vitesse et de la technologie. On veut tout résoudre trop vite.

    «On idéalise le pardon comme si cela était définitif. Ça ne peut pas l'être. Et la religion ne pardonne pas toujours. Elle a prévu l'enfer! (rire) C'est bien pour cela qu'on envoie quelqu'un chez le diable. Ça libère! Pourvu qu'on n'y aille pas avec... »

    Joblo
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  • Jean-Yves Bégin - Abonné
    17 avril 2011 11 h 15
    LE PARDON, OUAIS...

    MOI, DISAIT L'AUTRE, JE FERAIS D'ABORD EN SORTE QU'ON DEMANDE PARDON.

    PARDON!
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  • Evanescente - Inscrite
    17 avril 2011 11 h 40
    Je ne comprends pas...
    Je ne comprend pas comment comment Wajdi Mouawad peut penser un seul instant que les québécois accepteraient d'emblée qu'il donne un rôle dans une pièce de théâtre à un homme qui a assassiné sa conjointe à coups de poings et à coups de pieds: 20 fractures au visage pour une actrice qui gagnait sa vie avec son visage et avec son talent. Vous parlez de crime passionnel, non! C'est de l'acharnement dans le meurtre, il s'est acharné sur elle...

    J'ai vu un extrait de sa comparution derrière un box vitré en cour. Bertrand Cantat ne semblait avoir aucun remords, il ne baissait même pas la tête comme une personne qui a des regrets le fait. Il levait parfois les yeux pour regarder en l'air. C'est comme s'il s'attendait à recevoir une baffe de la part de son père après avoir cassé une vitre chez la voisine. Un peu plus et il pouffait de rire. Était-il sous médicaments? Je ne sais pas.

    Vous dites qu'il a purgé sa peine, mais de quelle peine parlez-vous donc? D'un misérable 4 ans de prison? C'est de la foutaise. Il aurait fait 2 ans, et vous diriez encore qu'il a purgé sa peine. Aux USA, il aurait été condamné à la peine de mort ou à la prison à vie. Mais il s'en serait peut-être sauvé avec un très bon avocat comme çà été le cas pour lui en Lituanie.

    Et vous ne pensez pas non plus aux victimes, aux 4 enfants de Marie Trintignant, à son père, à sa mère, à cette famille, à ses amis (es). Et l'on dit de vous que vous êtes un génie, pas dans ce domaine en tout cas. Imaginez donc un peu la souffrance que ces personnes continuent d'endurer à cause de votre choix "génial". Avez-vous assez d'imagination pour cela?

    Je ne comprends pas non plus que des comédiennes comme Sylvie Drapeau endosse votre choix, seraient-elles fascinées par les tueurs? Ce que Bertrand Cantat doit faire? Disparaître.
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  • Ariel Marie - Inscrit
    17 avril 2011 19 h 21
    Questions à vous tous
    Si le français Cantat n'avait pas été disponible...

    Un québécois chanteur en réhabilitaiton pour le même crime aurait-il pu jouer le rôle?

    Wajdi aurait-il osé le proposer ?
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  • Stefane Cloutier - Inscrit
    20 avril 2011 10 h 28
    Comment ouvrir? Comment taire?
    Encore un autre excellent article d'Odile Tremblay. Commenter le cinéma, c'est commenter le mouvement, quoiqu'en disent certains esprits chagrins qui veulent enfermer la parole d'Odile Tremblay tellement celle-ci vise et voit juste. L’événement à lui seul valait cet article qui nous ouvre à partir du cœur même de notre civilisation. Odile Tremblay sait comment ouvrir. Certains cherchent comment taire...
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  • Sonia Grenon - Inscrit
    21 avril 2011 07 h 18
    Art et réalité
    Si un garçon couchait avec sa mère et tuait son père dans un condo à Longueuil, je ne crois pas qu'il s'en trouverait pour s'écrier :"Quelle belle tragédie!"
    Les grands tragédiens connaissaient l'importance de la distance entre le tabou et sa représentation. Lorsque vous dites:"Et sans doute voit-il avec raison dans votre destin un écho contemporain aux tragédies grecques. Celles-ci sont peuplées de héros et d'héroïnes aux mains rouges, torturés de remords, qui après avoir tué père, mère, enfants ou amour deviennent la proie des Érinyes, terribles déesses de la vengeance à la mémoire longue", non seulement vous insultez ceux qui comprennent que l'art repose, d'une façon ou d'une autre, sur cette distance (la mise en scène), mais vous comparez Cantat à un héros tragique. C'est cette erreur de raisonnement qui est tragique.
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