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    Wajdi Mouawad en fugue à Fermont

    L'homme de théâtre s'est inspiré de l'architecture du mur de la petite ville du nord du Québec pour Temps

    10 mars 2011 |Isabelle Porter | Théâtre
    Temps
    De Wajdi Mouwad, au théâtre du Trident du 8 mars au 2 avril
    Québec — Plus abstraite, plus personnelle, la nouvelle création de Wajdi Mouawad baptisée Temps marque une nouvelle étape dans l'œuvre du dramaturge. La pièce, qui est lancée à Québec cette semaine, se déroule à Fermont et promet de dépayser les admirateurs de Mouawad.

    En conférence de presse hier au théâtre du Trident, Wajdi Mouawad a expliqué que le succès de la tétralogie comprenant Littoral et Incendies (Le Sang des promesses) l'avait forcé à se faire violence afin de créer quelque chose de complètement différent. Pour se sortir «du pot de miel», le créateur a décidé de se téléporter très loin dans le nord, plus précisément dans la ville minière de Fermont. «C'est comme si j'avais fait une fugue.»

    Mouawad n'a jamais visité la ville, mais cela n'a fait que nourrir encore davantage son imaginaire. Il s'est fasciné pour son temps froid, l'isolement de sa communauté, sa mine et ce mur grâce auquel la population vit à l'abri du vent. «Le Fermont qu'il y a dans cette pièce, c'est moi», explique l'auteur, qui dit avoir exploré dans le texte son rapport à l'écriture notamment.

    Temps raconte l'histoire de deux frères et une soeur qui se retrouvent après 40 ans de séparation pour liquider la succession de leur père. Dans la pièce, la ville est menacée par une horde de rats. Le thème de la guerre en Afghanistan est aussi abordé à travers le personnage de l'un des frères.

    Le metteur en scène et dramaturge dit avoir créé une oeuvre beaucoup plus douce et abstraite dans la forme que le reste de son répertoire. Contrairement à ses autres pièces, elle ne se termine pas non plus par une «longue prise de parole» et une catharsis. Or le drame n'en est pas moins intense. «Je ne pensais pas qu'un jour j'arriverais à faire un spectacle calme mais très violent», a expliqué le dramaturge en qualifiant la pièce d'«hypnotique».

    Créé à la demande du théâtre de Trident pour son 40e anniversaire, Temps a été entièrement construite dans l'improvisation et sur ce plan, Wajdi Mouawad dit ne jamais être allé aussi loin. Les trois dernières scènes de la pièce ont d'ailleurs été créées quelques heures à peine avant la création de la pièce à la Schaubühne de Berlin, la semaine dernière.

    Après son passage à Québec, elle s'arrêtera au Centre national des arts d'Ottawa, puis au Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal. Le metteur en scène s'attend à devoir «gérer la déception» de ceux qui espéraient à tort trouver dans Temps le prolongement de ses autres pièces. À ses yeux toutefois, cette dernière oeuvre pousse son théâtre plus loin. «Je n'ai jamais été aussi proche de la puissance théâtrale qu'avec ce spectacle.»














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