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    Théâtre - Ribouldingue chez Goldoni

    4 mars 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    La Locandiera
    Texte: Carlo Goldoni. Mise en scène: Jacques Leblanc. Avec Marie-Hélène Lalande, Serge Bonin, Jonathan Gagnon, Jack Robitaille, Krystel Descary, Marie-Hélène Gendreau, Jean-
    Michel Girouard, Philippe Durocher. Une production du Théâtre de La Bordée, à la Bordée jusqu'au 26 mars 2011.
    Il y a deux ans, Jacques Leblanc nous offrait une réjouissante production du Menteur de Corneille qui se faisait annonciatrice du printemps. Sa Locandiera de Goldoni confirme qu'il a trouvé une façon de faire fondre toutes résistances à l'hiver autant qu'aux classiques.

    Les raisons de célébrer cette production sont légion: un décor ingénieux qui évoque les lieux, les renouvelle, tout en texture et en subtilité, des accessoires qui, entre les mains des acteurs, trouvent toute leur intelligence, des éclairages fins, nuancés qui s'estompent, dévoilent, rehaussent, des univers musical et visuel en accord avec ce qui se déploie sur scène. Et le plus grand des bonheurs: cet heureux mélange des niveaux de jeu où chaque interprète joue dans le registre qui est le sien, épouse celui de l'autre, et contribue à faire de cette lecture de La Locandiera une réussite.

    Texte bien en bouche, réparties agiles, rythme soutenu, rigueur, un soupçon de ballet dans les déplacements, duos complices, trios désopilants, les interprètes font corps avec les personnages et les prestations individuelles, dans le regard, le geste, l'envolée, l'écoute, jamais ne font ombrage. La Mirandolina de Lalande et le Ripafratta de Bonin ont du panache et de l'aplomb. Le très gamin Bastiano et l'excédé Fabrizo sont tout à fait dans le ton. L'Ortensia de Descary réjouit et la Dejanire qu'offre Gendreau est plus que délicieuse. Jack Robitaille en comte d'Albafiorita est d'une redoutable efficacité et le marquis de Forlipopoli de Jonathan Gagnon est un exquis mélange de dame Plume, de Mado Lamothe (vulgarité en moins) avec ce je ne sais quoi qui s'apparente dans le ton au très regretté Jean-Louis Millette.

    La justesse des maquillages mérite d'être soulignée et une mention pour les costumes et les coiffures s'impose. Sébastien Dionne sait que même à distance, chaque détail importe et que la qualité du tissu de la chemise d'un chevalier doit se distinguer de celle de son valet.

    Le recours au bruitage risque de déplaire aux frileux, mais va de pair avec ces «arrêts sur image», qui sont autant de clins d'oeil au champ télévisuel, au clip, à la ribouldingue, à la modernité, qui ne déparent en rien ce qui était cher à Goldoni: l'admiration qu'il vouait à Molière, son attachement à la commedia dell'arte et son souci de rendre avec réalisme les comportements humains et le regard porté sur les différentes classes sociales.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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