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    Théâtre - Coeurs à demeure

    1 mars 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    6h30
    Texte: Maxime-Olivier Moutier, Isabelle Forest, Julie Gaudet-Beauregard, Jennifer Tremblay, Vincent Madore, Marc-Antoine K. Phaneuf, Sylvie Laliberté et Geneviève Letarte.
    Mise en scène: Jonathan Gagnon. Avec Maude Boutet, Marie Soleil Dion et Jean-Pierre Cloutier; collaboration spéciale de Claire-Alexie Turcot, sculptrice. Production de Projet Un, présentée chez Premier Acte jusqu'au 5 mars.
    6h30, de Projet Un, renoue avec le collectif d'auteurs, le collage textuel, les monologues entrecroisés, fragmentés, fracturés, une forme en émergence dans les années 1970-1980, axée sur le témoignage direct, l'intime, le drame personnel et les états d'âme.

    Marie Soleil Dion, Maude Boutet et Jean-Pierre Cloutier personnifient trois voisins qui se croisent à peine: la jeune femme cloîtrée dans sa peine d'amour, le garagiste en mal d'aimer et la mère de famille privée d'intimité amoureuse, prisonnière de l'amour des

    petits et des responsabilités à assumer. Ils incarnent ce qui marque les hommes et les femmes, délaissés, abandonnés ou ignorés de tous les Limoilou de ce monde, captifs d'un ordinaire qui se répète et épuise la plus précieuse de toutes les ressources naturelles: la nécessité d'aimer et d'être aimé.

    La promesse de 6h30 réside dans la qualité des textes et des auteurs qui les ont signés. Cette promesse est tenue et le travail dramaturgique d'Anne Julie Royer offre un tissage sans traces de reprisages textuels. La conception vidéographique s'avère efficace dans son ouverture cosmique et ce montage (avec narration hors champ) qui propose, par déferlement, images et objets du quotidien, pans d'histoire, photographies, de l'actualité, de l'urbain et de la mémoire. Un clin d'oeil au surréalisme et aux traditions hybrides du collage et du montage visuel.

    Les comédiens sont indéniablement portés par le désir et la volonté de servir leur personnage. On sent l'effort, le travail, mais le rendu n'atteint pas la qualité d'interprétation envisagée. Le texte glisse, se précipite, déferle, passe de la tête aux lèvres et manque d'intériorisation.

    Certains accessoires sont inutiles (la télé, le micro-ondes, le décorum de fête), la table est mal ou sous-utilisée, les post-it, le calendrier 2002, le linge d'enfant auraient dû mieux servir le rapport des acteurs à l'objet, un rapport essentiel et précieux qui, ici, ne sert qu'à illustrer le propos. À titre d'exemple, ce qui a servi à bricoler les invitations retourne dans sa boîte après avoir été disposé sur la table. À l'instar de ce qui se retrouve sur le mur un peu avant la finale, tout cela aurait pu, sans nuire aux projections, servir à peupler l'univers.

    6h30 porte un univers textuel d'une belle facture qui aurait pu s'élever davantage sous une direction d'acteurs plus habile et mieux nourrie. Malgré l'enthousiasme de la salle, 6h30 reste en deçà des attentes.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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