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    Théâtre - On veut être du voyage

    27 janvier 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Kukipik et doikipu
    Texte: Catherine Dorion et Nicola Frank-Vachon. Mise en scène: Marc Doré. Avec Catherine Dorion, Nicola Frank-Vachon, Mathieu Campagna, Philip Larouche. Production: Soucide collectif. Présenté chez Premier Acte jusqu'au 5 février.
    Un titre qui se dévoile comme le caramel dans le chocolat et qui coule aux oreilles si on ajuste le son de notre voix. Un titre irrévérencieux qui met le doigt sur le bobo: la vie, la mort et la démangeaison entre les deux. Un titre qui s'enfile comme un gant de latex pour prendre le pouls de notre existentielle présence, de la CUL-ture du soi et de sa réussite so-so-so-ciale qui n'a plus rien à voir avec la so-so-so-solidarité.

    Mise en scène par Marc Doré, cette création de Soucide collectif propose au public une incursion au coeur du postatomique en compagnie de deux Auguste (Catherine Dorion et Nicola-Frank Vachon), survivants de la catastrophe, en quête d'eux-mêmes, du bonheur et de nos restes d'humanité.

    La proposition est vaste et embrasse large. Elle se veut une critique de ce qui domine: l'économique, la réussite, la nécessité d'être connu, reconnu, aimé, de briller, de faire des sous, de consommer. Elle couvre aussi la vénération du star-system, le racolage religieux, l'impuissance à nommer ce qui trouble, le désir de l'autre qui n'arrive pas à se formuler, les réseaux sociaux, les liens de l'un à l'autre qui ne sont plus que des fils virtuels qui excluent les débranchés.

    La mise en contexte de Kukipik et doikipu est fulgurante. Le jeu de Dorion et de Vachon au décollage est une réussite. Leurs mimiques, le texte en voix hors champ, la gestuelle de leurs personnages d'agents de bord, ravissent. La dérision et la déraison sont au rendez-vous. On veut être du voyage et les suivre au bout de la nuit. La suite est bellement reprise dans un jeu sonore et visuel qui fonctionne. Les complices Campagna et Larouche, vêtus de combinaisons, de masques, armés de détecteurs sonores et lumineux assurent le passage.

    Il y a des moments de force dans cette création. Le reportage du déprimé sous le parapluie est un délice. Le porte-à-porte pour porter la bonne réponse, joyeusement fou. Le dogme-Dion, ses «profites», «l'angélil» et sa parole, savoureux. La présence musicale vive, intéressante et le solo de casseroles, précieux. Les costumes de mousse synthétique, bien conçus. Et le texte, malgré ses longueurs, est absurde à souhait. Reste que certaines séquences demeurent à l'état d'improvisation. Ruptures et changements de ton ne produisent pas toujours l'effet escompté.

    Kukipik et doikipu peut être lu comme une proposition en voie de mûrissement et ses artistes tels des explorateurs du temps présent.

    ***

    Collaboratrice du Devoir














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