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    Théâtre

    Gracias a la vida

    20 janvier 2011 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Je voudrais (pas) crever
    Texte: Marc-Antoine Cyr. Mise en scène: Reynald Robinson. Avec Francesca Bárcenas, Christian Baril, François Bernier, Sabrina Bisson, Monia Chokri, Charles Dauphinais, Hubert Lemire, Véronique Pascal. Production: Théâtre DuBunker. Au théâtre Périscope jusqu'au 6 février.
    Je voudrais (pas) crever de Marc-Antoine Cyr tourne autour de la mort, celle de Mateo. Elle tourne autour du sourire de celui qui sait qu'il va mourir, sans résister, pendant que les amis qui s'occupent de lui vivent l'agonie de ce qu'ils sont (ou ne sont pas encore) dans leur propre vie. C'est un texte sobre, sans fioriture, dont la structure s'apparente à un scénario de film, avec ses retours en arrière, ses strates oniriques ramenées vers le centre. Avec cette impression de fusion entre le rappel du passé, les petites choses qui l'ont peuplé et le très actuel présent. C'est aussi un texte sur le passage obligé de la fin de la vingtaine à la dure réalité d'être l'adulte de sa propre vie.

    L'espace de jeu est circulaire. Éléments du décor, jouets de l'enfance, veillées en famille, meubles, personnages, fragments de vie ou interventions du milieu médical, tout apparaît et disparaît dans le glissement sourd, élégant et délicat d'un grand manège. La mise en scène de Reynald Robinson évolue à la manière de ces ronds concentriques qui se forment autour d'un caillou lancé dans l'eau. C'est une mise en espace impressionniste, dans les déplacements et les superpositions de sens, qui n'est pas sans rappeler certaines images de Parle avec elle de Pedro Almodóvar. Un travail soigné dans la composition de tableaux visuels et la recréation d'atmosphères. Une direction d'acteurs qui fait appel au naturel le plus déconcertant autant qu'au jeu choral, à l'humour de dérision, à l'éclatement dramatique, mais également au rituel et à la solennité.

    Il faut certes mentionner la magie de la régie en coulisse, qui alimente le grand manège. Tout est réglé au quart de tour: changements de costumes, éléments du décor, accessoires, ce qui donne lieu entre autres à ce très beau mouvement qui s'exerce entre le fauteuil roulant et les tours à bicyclette.

    Spectacle d'une belle facture, Je voudrais (pas) crever laisse pourtant le spectateur avec l'étrange sensation de ne pas tout à fait avoir été là. D'avoir peut-être songé qu'il y était. Rien à voir avec la qualité de ce qui se déroule. Tout à faire peut-être avec les sensations éprouvées. Peut-être faut-il, à la manière d'un vin particulièrement fin, laisser décanter. Attendre et voir ce qui s'installe à demeure, longtemps après. Une chose est sûre, la lenteur, la circularité de l'ensemble, cette scène d'hiver à rebours, les choeurs et les chants ne s'effaceront pas. Et, comme le dit Mateo, c'est comme ça la vie.

    ***

    Collaboratrice du Devoir

     












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