Festival Coups de théâtre - Gentil mais sans audace
Photo : Cyllavon Tiedemann
Tono, une production de la compagnie ontarienne Red Sky Performance.
Le Théâtre de l'œil nous a habitué au fil des années à de véritables voyages dans l'imaginaire, et ce Sur Trois pattes de Simon Boudreault, que l'on présentait mercredi et jeudi aux Coups de théâtre, ne fait surtout pas exception à la règle. À l'aide d'un improbable guide, qui a la forme d'une caméra vidéo montée sur un trépied, on propose ici aux petits dès cinq ans une sorte de survol des grands cycles écologiques.
Comme à l'habitude, il y a là des trouvailles exceptionnelles s'inspirant des techniques les plus récentes de cadrage de l'action comme on a pu le voir l'an dernier lors du passage du TJP de Strasbourg à la Maison Théâtre. Le Théâtre de l'Oeil sait faire et continue d'innover alors même que se pointe une toute nouvelle équipe: c'est fort bon signe.
Sur Trois pattes est une fable sans mots et sans véritable action qui s'amorce alors qu'une benne à ordures vient de laisser son contenu dans une décharge sauvage à l'orée de la forêt. On verra les animaux du sous-bois, la fameuse caméra sur trépied — qui a finalement des airs de Wall-E — et Dame nature elle-même prendre chacun à leur tour possession des sacs de déchets... qui seront finalement recyclés lorsque le feu embrasera la forêt tout entière.
Tout cela est fort bien fait, souvent inventif... mais sans absolument aucune audace. C'est en fait une trop belle histoire que l'on nous raconte là: les coins sont un peu trop ronds, trop lisses. Même la scène très réussie de l'incendie qui se propage à partir d'un terrier pour dévorer toute la forêt est trop «belle». Des déchets, ça sent mauvais même dans une forêt. Des pneux, des bouteilles de plastique et des débris métalliques, ça ne se recycle pas vraiment en un tournemain... C'est là qu'il aurait été plus efficace de faire preuve d'audace et de provocation pour que les enfants voient clairement que tout ne se réglera pas tout seul grâce à nos bonnes consciences réunies.
En coulisse
Ce premier week-end du festival est plutôt chargé alors que l'on propose une dizaine de représentations de cinq spectacles qui font appel à des pratiques et à des langages fort différents les uns de autres. Allons voir cela de plus près.
À 14h samedi (puis à 11h dimanche) à l'Usine C, place d'abord aux marionnettes de Dr Egg and the Man with no Ear de la compagnie australienne Jessica Wilson Productions. Ce conte déjanté s'articulant autour du thème science et conscience promet de faire frémir de plaisir les enfants dès 8 ans. Les enfants de la même tranche d'âge se voient aussi offrir un spectacle de danse regroupant des autochtones d'Amérique et d'Asie: Tono, une production de la compagnie ontarienne Red Sky Performance «sur le lien lumineux reliant entre elles les histoires de tous et chacun», est présenté dans la salle Maisonneuve de la Place des Arts samedi à 19h30 et dimanche à 15h. Du côté du Monument-National, à 11h samedi et dimanche, la célèbre compagnie Stella den Haag propose Thick Skinned Things aux jeunes dès 12 ans l'histoire d'une jeune fille «pas comme les autres» qui sortira un soir de son trou et qui...
Dimanche, on ne voudra pas rater deux productions québécoises dont le directeur du festival, Rémi Boucher, dit beaucoup de bien. Dans la petite salle de l'Usine C à 10h, on réinstalle pour deux jours la plus récente création du Théâtre des Confettis: Les Mécaniques célestes, une sorte de cabinet de curiosités sur les mystères du temps offert aux petits dès 4 ans — l'installation sera reprise le dernier jour du festival. Ailleurs, à la Cinquième salle de la Place des Arts, le Centre de recherche en art clownesque de Québec propose Clip!, «un anti-spectacle» mettant en vedette Philippe Trépanier sur une mise en scène d'Yves Dagenais.
Joyeux week-end au festival!
Comme à l'habitude, il y a là des trouvailles exceptionnelles s'inspirant des techniques les plus récentes de cadrage de l'action comme on a pu le voir l'an dernier lors du passage du TJP de Strasbourg à la Maison Théâtre. Le Théâtre de l'Oeil sait faire et continue d'innover alors même que se pointe une toute nouvelle équipe: c'est fort bon signe.
Sur Trois pattes est une fable sans mots et sans véritable action qui s'amorce alors qu'une benne à ordures vient de laisser son contenu dans une décharge sauvage à l'orée de la forêt. On verra les animaux du sous-bois, la fameuse caméra sur trépied — qui a finalement des airs de Wall-E — et Dame nature elle-même prendre chacun à leur tour possession des sacs de déchets... qui seront finalement recyclés lorsque le feu embrasera la forêt tout entière.
Tout cela est fort bien fait, souvent inventif... mais sans absolument aucune audace. C'est en fait une trop belle histoire que l'on nous raconte là: les coins sont un peu trop ronds, trop lisses. Même la scène très réussie de l'incendie qui se propage à partir d'un terrier pour dévorer toute la forêt est trop «belle». Des déchets, ça sent mauvais même dans une forêt. Des pneux, des bouteilles de plastique et des débris métalliques, ça ne se recycle pas vraiment en un tournemain... C'est là qu'il aurait été plus efficace de faire preuve d'audace et de provocation pour que les enfants voient clairement que tout ne se réglera pas tout seul grâce à nos bonnes consciences réunies.
En coulisse
Ce premier week-end du festival est plutôt chargé alors que l'on propose une dizaine de représentations de cinq spectacles qui font appel à des pratiques et à des langages fort différents les uns de autres. Allons voir cela de plus près.
À 14h samedi (puis à 11h dimanche) à l'Usine C, place d'abord aux marionnettes de Dr Egg and the Man with no Ear de la compagnie australienne Jessica Wilson Productions. Ce conte déjanté s'articulant autour du thème science et conscience promet de faire frémir de plaisir les enfants dès 8 ans. Les enfants de la même tranche d'âge se voient aussi offrir un spectacle de danse regroupant des autochtones d'Amérique et d'Asie: Tono, une production de la compagnie ontarienne Red Sky Performance «sur le lien lumineux reliant entre elles les histoires de tous et chacun», est présenté dans la salle Maisonneuve de la Place des Arts samedi à 19h30 et dimanche à 15h. Du côté du Monument-National, à 11h samedi et dimanche, la célèbre compagnie Stella den Haag propose Thick Skinned Things aux jeunes dès 12 ans l'histoire d'une jeune fille «pas comme les autres» qui sortira un soir de son trou et qui...
Dimanche, on ne voudra pas rater deux productions québécoises dont le directeur du festival, Rémi Boucher, dit beaucoup de bien. Dans la petite salle de l'Usine C à 10h, on réinstalle pour deux jours la plus récente création du Théâtre des Confettis: Les Mécaniques célestes, une sorte de cabinet de curiosités sur les mystères du temps offert aux petits dès 4 ans — l'installation sera reprise le dernier jour du festival. Ailleurs, à la Cinquième salle de la Place des Arts, le Centre de recherche en art clownesque de Québec propose Clip!, «un anti-spectacle» mettant en vedette Philippe Trépanier sur une mise en scène d'Yves Dagenais.
Joyeux week-end au festival!
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