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Festival Coups de théâtre - Deux fois trois contes

Michel Bélair   18 novembre 2010  Théâtre
La tendance se maintient: c'est tout le secteur du théâtre s'adressant aux jeunes publics qui s'est mis en phase recherche. Cela se sentait déjà la semaine dernière, en Bretagne à Festi'Mômes, où l'on a littéralement ouvert une grande porte au théâtre pour bébés avec la création Embrasser la lune d'Ève Ledig. Et cela se poursuit ici à Coups de théâtre, alors que tous les spectacles que j'ai pu voir font appel à des langages mêlés: danse, théâtre clownesque, musique, objets, ombres et vidéo.

Mardi, par exemple, la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal proposait le plus récent spectacle du DynamO Théâtre, Le Grand Méchant Loup de Jacqueline Gosselin, qui signait aussi la mise en scène. Surprise: pas de «théâtre de mouvement acrobatique» ici. On a plutôt voulu explorer la voie du théâtre clownesque en faisant raconter trois contes (Le Petit Chaperon rouge, Le Loup et les sept chevreaux, Trois petits cochons) par trois «élèves» présentant un exposé oral sur le sujet. L'ensemble destiné aux six ans et plus est encore plutôt mal fagoté puisque le jeu clownesque peut facilement verser dans le tic, la caricature et la surenchère... ce qui arrive ici à répétition et sans justification. Heureusement, le spectacle explore aussi le théâtre d'ombres et c'est là que l'on trouve les passages les plus intéressants — on se souviendra du tragique que dégage la scène où les personnages marchent derrière le rideau dans une admirable forêt de patères et de lutrins de toutes tailles.

Hier, par contre, la compagnie Percussions Claviers de Lyon explorait le même univers du conte (Le Petit Chaperon rouge, La Belle au bois dormant, Le Petit Poucet), mais en faisant plutôt appel à la musique de Ravel et à la vidéo. S'appuyant sur la musique de Ravel, le spectacle (présenté aujourd'hui à 10h et à 13h au Conservatoire) est remarquable par l'atmosphère trouble que les images vidéo et la lectrice-comédienne réussissent à instiller dans la salle. Peut-être parce que l'on fait appel au texte original des Contes de Perreault, mais surtout parce que les images proposent une sensualité à peine déguisée et une sorte de mystère flottant qui épousent parfaitement l'étrange univers du conte.

Plusieurs productions prennent l'affiche demain, mais il faut surtout ne pas manquer le retour de la compagnie Stella den Hagen au Monument-National et la plus récente installation des Confettis qui occupera la petite salle de l'Usine C. On vous recause du festival dans notre cahier Culture de samedi.
 
 
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