Projet de Wajdi Mouawad au Parlement - Zéro spectateur, zéro politicien à la lecture des Justes
Ottawa — «Le vide est passionnant.» Le regard porté sur l'esplanade vide du Parlement, Wajdi Mouawad n'en revenait pas hier matin: personne ne s'est déplacé pour assister à la lecture publique et gratuite d'un extrait de la pièce Les Justes, d'Albert Camus.
Le théâtre français du Centre national des arts (CNA) avait convié la presse et le public à venir assister à cette lecture d'un drame de guerre qui interroge les limites de la résistance politique et des sentiments révolutionnaires. La réponse n'a pas été anémique: il n'y en a simplement pas eu. Zéro spectateur, zéro politicien. Les cinq micros disposés dans les marches qui mènent au Parlement n'ont donc pas servi et ont vite été remballés.
Problème de communication? D'horaire (un vendredi matin à 10h)? De température (temps gris et froid)? Impossible à dire, mais le directeur artistique du théâtre, Wajdi Mouawad, était interloqué. «Ç'a en dit beaucoup sur l'intérêt pour l'art, a-t-il déclaré au Devoir. Je ne suis pas déçu, mais je ne pensais pas que c'était à ce point.»
M. Mouawad y a vu la preuve d'une «absence de dialogue et d'intérêt» entre citoyens, artistes et monde politique. «La symbolique était forte de lire cet extrait ici même, devant le Parlement, à une conjonction entre la politique, l'art et le citoyen. Mais il n'y a aucun intérêt, semble-t-il», a indiqué le dramaturge, conscient toutefois qu'il était «un peu sévère» dans sa réaction donnée à chaud.
Selon l'auteur d'Incendies, l'idée de présenter un extrait des Justes — qui prend l'affiche au CNA mardi — sur la colline parlementaire ne se voulait pas un pied de nez au gouvernement conservateur, qui entretient des relations timides avec la communauté artistique. «C'est le lieu politique» qui intéressait l'équipe du CNA.
Le théâtre français du Centre national des arts (CNA) avait convié la presse et le public à venir assister à cette lecture d'un drame de guerre qui interroge les limites de la résistance politique et des sentiments révolutionnaires. La réponse n'a pas été anémique: il n'y en a simplement pas eu. Zéro spectateur, zéro politicien. Les cinq micros disposés dans les marches qui mènent au Parlement n'ont donc pas servi et ont vite été remballés.
Problème de communication? D'horaire (un vendredi matin à 10h)? De température (temps gris et froid)? Impossible à dire, mais le directeur artistique du théâtre, Wajdi Mouawad, était interloqué. «Ç'a en dit beaucoup sur l'intérêt pour l'art, a-t-il déclaré au Devoir. Je ne suis pas déçu, mais je ne pensais pas que c'était à ce point.»
M. Mouawad y a vu la preuve d'une «absence de dialogue et d'intérêt» entre citoyens, artistes et monde politique. «La symbolique était forte de lire cet extrait ici même, devant le Parlement, à une conjonction entre la politique, l'art et le citoyen. Mais il n'y a aucun intérêt, semble-t-il», a indiqué le dramaturge, conscient toutefois qu'il était «un peu sévère» dans sa réaction donnée à chaud.
Selon l'auteur d'Incendies, l'idée de présenter un extrait des Justes — qui prend l'affiche au CNA mardi — sur la colline parlementaire ne se voulait pas un pied de nez au gouvernement conservateur, qui entretient des relations timides avec la communauté artistique. «C'est le lieu politique» qui intéressait l'équipe du CNA.
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