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    Théâtre : L'envoûtement Gainsbourg

    30 avril 2010 |Sylvie Nicolas | Théâtre

    • Cabaret Gainsbourg
    • Mise en scène: Martin Genest.
    • Chansons: Serge Gainsbourg, Anne-Marie Olivier et Martien Bélanger.
    • Dramaturgie: Anne-Marie Olivier. Avec Pierre Robitaille, Patrick Ouellet, Valérie Laroche, Martien Bélanger, Stéphane Caron et Mathieu Doyon.
    • Production de Pupulus Mordicus présentée au Périscope jusqu'au 1er mai, supplémentaire le 4 mai.
    À l'ère du sans fumée, du sans sel et sans sucre ajoutés, du sans trace de gras, 100 % authentique langue de bois, Pupulus Mordicus mord goulûment dans l'irrévérence et la déliquescente délinquance, avec une production jazzée et chantée qui fait appel à l'interprétation, à la peinture en direct, au théâtre d'ombres et d'objets, à la chanson, aux marionnettes (impossible d'imaginer ce Gainsbourg sans elles), à la folle complicité des genres et à cette extravagance qui pourrait sobrement se définir comme la passion du jeu.

    Car il y a dans ce spectacle, qui envahit la salle du Périscope, une fiévreuse passion des mots, du geste, du personnage. Une passion qui unit les artisans de cette production à chaque note jouée, à chaque tableau recréé. Des tableaux qui sont autant de pièces de résistance, tant par la qualité de leur exécution que par l'atmosphère qui les distingue les unes des autres.

    Gainsbourg est ici le fil conducteur, la muse, l'objet, le sujet, le coeur martelant de son propre théâtre. Il est de chair et de voix, animé, articulé, il est son propre géant, son poinçonneur de lilas, son propre petit corps fragile se réfugiant dans le ventre d'un piano. Il est, dans la conception singulière de ce spectacle, une célébration de tout ce qui fait vibrer les sens, de l'instinct à la fougue, de la sensualité à l'indécence frôlée, du rire coquin à la boutade, de l'imaginaire à la désarmante réalité.

    Cette production scelle le pacte entre la marionnette et l'art, entre les musiciens et le théâtre, entre la peinture-écriture en direct et sa rare intégration «naturelle» à l'ensemble. L'utilisation symbolique de la table tournante n'a de cesse de réinventer plateau, paysage, espaces. Masques de Gainsbourg dans leurs usages variés, danse avec des marionnettes articulées, voyage au fond des mers où méduses, poissons-clowns et poisson-Gainsbourg opèrent une traversée du lieu, tout concourt à faire chavirer la sensation de laideur que portait Gainsbourg du grand bord de la beauté qu'il portait.

    Certaines rencontres sont inévitables. Elles semblent fortuites, imprévisibles et sans qu'on puisse dire exactement en quoi, essentielles. Dans la lignée de ces rencontres improbables mais souveraines, Pupulus Modicus mène, avec Cabaret Gainsbourg, un bal mutatis mutandis à la mesure et à la démesure de l'homme à tête de chou qu'était Gainsbourg.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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