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    Théâtre - La force vive d'exister

    24 avril 2010 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Dans Charbonneau et le Chef, les acteurs sont, à chaque instant, de terribles porteurs de mémoire collective et de merveilleux porteurs de tradition théâtrale.
    Photo: Louise Leblanc Dans Charbonneau et le Chef, les acteurs sont, à chaque instant, de terribles porteurs de mémoire collective et de merveilleux porteurs de tradition théâtrale.
    • Charbonneau et le Chef
    • Texte: John Thomas McDonough. Traduction et adaptation: Paul Hébert et Pierre Morency.
    • Mise en scène: Jean-Philippe Joubert. Au Théâtre du Trident jusqu'au 15 mai.
    Créée en 1971, au Trident, et mise en scène par l'homme de théâtre Paul Hébert, qui en signait la traduction avec le poète Pierre Morency, Charbonneau et le Chef ravivait les combats des hommes et des femmes des années 1940, permettait à de jeunes acteurs — dont plusieurs sont devenus des incontournables depuis — de faire leurs premiers pas, et au public d'alors de garder précieusement en mémoire les prestations d'un Jean Duceppe et d'un Jean-Marie Lemieux.

    À l'aube de sa quarantième année d'existence, le Trident clôture sa saison avec un Charbonneau et le Chef millésimé, une production aux ramifications politiques, théâtrales, poétiques et sociales d'une remarquable beauté.

    C'est d'abord un espace nu qui vous accueillera. Puis dans le dépouillement et la simplicité, Simonne (Eva Saïda) s'avancera et la première lumière surgira avec la plus nette clarté. Nous sommes en 1949. Dans le Québec de la Grande Noirceur. Celle de Duplessis. Le «Chef». Celle de la grève d'Asbestos. Celle de l'amiante. De l'amiantose. Des mineurs. Des Laroche, Marchand, Rainville et autres syndiqués qui, pendant 140 jours, tiendront tête aux pouvoirs politiques et économiques. Nous sommes dans cette page d'histoire où, dans l'ombre, Mgr Charbonneau, archevêque de Montréal, affrontera Duplessis en prenant position pour les travailleurs.

    Mais nous sommes résolument là où Jean-Philippe Joubert veut nous amener: dans une théâtralisation où l'espace est célébré, où les acteurs sont, à chaque instant, de terribles porteurs de mémoire collective et de merveilleux porteurs de tradition théâtrale. Là où de simples bancs recréent successivement le miracle des lieux et activent la grande mécanique du jeu autant que celle du temps.

    Le Mgr Charbonneau de Jean-Sébastien Ouellet ne vous quittera plus. Le Duplessis de Jack Robitaille vous comblera. Le Mgr Courchesne de Patric Saucier vous convaincra. La Simonne d'Eva Saïda restera présente. La musique de Mathieu Campagna s'insinuera malgré vous sous votre peau. Et les éclairages magistraux de Caroline Ross vous livreront à votre insu la grandeur de l'histoire autant que le talent de ceux qui la portent.

    Ils sont 17 sur scène. Ils sont la fresque de ce que nous sommes dans le tremblement, le frisson, la force vive d'exister. Ils seront, pour vous, la preuve que nous devons continuer d'aimer le théâtre, follement, profondément. D'aimer les acteurs. D'aimer.

    ***

    Charbonneau et le Chef
    Texte: John Thomas McDonough. Traduction et adaptation: Paul Hébert et Pierre Morency.
    Mise en scène: Jean-Philippe Joubert. Au Théâtre du Trident jusqu'au 15 mai.

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    Collaboratrice du Devoir












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