Théâtre - Ridicule
À retenir
-
Trans(e)
- De et mise en scène par Christian Lapointe.
- À la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 10 avril.
- À Premier Acte, à Québec, du 20 avril au 1er mai.
Le ridicule ne tue pas. La prétention, non plus. Surtout au théâtre. Prenez «l'auteur, metteur en scène, acteur, musicien, concepteur et directeur artistique» (alouette!) du Théâtre Péril, à Québec. Un dénommé Christian Lapointe. Un artiste prisé de ses pairs (entre autres par Brigitte Haentjens et Marie-Thérèse Fortin), l'un des lauréats, en février, du prix John-Hirsch du Conseil des arts du Canada.
Lapointe dit créer un théâtre de résistance, en marge, non consensuel, pour «mettre le feu à l'esthétique» de ceux qui l'ont précédé. Qu'un jeune artiste de 30 ans désire «arracher la tête de ses parents», aucun problème avec ça. Toutefois, il devrait avoir l'humilité (la lucidité?) de reconnaître qu'il n'est ni le premier ni le dernier à faire ainsi.
Sa dernière création, Trans(e) ressemble à un mauvais spectacle du Living Theatre dans les années 1960. Sans les drogues, le contexte, ni le talent.
Le sujet en est le transsexualisme. Non pour évoquer la réalité des transgenres. Ce serait trop simple... Lapointe veut plutôt parler des «enjeux de l'humanité au XXIe siècle», dont celui de «la disparition de la collectivité humaine». Ou encore, comme écrit l'auteur dans un beau livre publié pour les dix ans de sa compagnie (offert gratuitement grâce à la générosité des subventionnaires!), «du nous en perdition, du nous en dislocation»!
Revenons à la pièce présentée cette semaine à la salle Jean-Claude Germain.
Un spectacle de 50 minutes durant lequel Lapointe et sa complice (Maryse Lapierre) manipuleront une poupée gonflable; réciteront nus et immobiles un texte incompréhensible (tenant davantage du délire verbal de l'écriture automatiste que du travail d'un dramaturge); abuseront des effets sonores et visuels bidon (soulignons le retour de la fumée sèche et du stroboscope). En résumé, c'est 50 minutes de n'importe quoi, n'importe comment!
D'abord, l'acteur joue mal. Il peine à projeter dans une salle de 60 places, et sa diction oscille entre joual et français normatif. (Maryse Lapierre est plus juste dans sa livraison.) Ensuite, comme dans Shopping and F***ing à l'été 2006 au National, sa mise en scène confond provocation facile et théâtre symbolique. Finalement, Trans(e) dégage un parfum spectaculaire suranné, alors que son auteur... veut en finir avec la société de spectacle et le divertissement.
***
Collaborateur du Devoir
Lapointe dit créer un théâtre de résistance, en marge, non consensuel, pour «mettre le feu à l'esthétique» de ceux qui l'ont précédé. Qu'un jeune artiste de 30 ans désire «arracher la tête de ses parents», aucun problème avec ça. Toutefois, il devrait avoir l'humilité (la lucidité?) de reconnaître qu'il n'est ni le premier ni le dernier à faire ainsi.
Sa dernière création, Trans(e) ressemble à un mauvais spectacle du Living Theatre dans les années 1960. Sans les drogues, le contexte, ni le talent.
Le sujet en est le transsexualisme. Non pour évoquer la réalité des transgenres. Ce serait trop simple... Lapointe veut plutôt parler des «enjeux de l'humanité au XXIe siècle», dont celui de «la disparition de la collectivité humaine». Ou encore, comme écrit l'auteur dans un beau livre publié pour les dix ans de sa compagnie (offert gratuitement grâce à la générosité des subventionnaires!), «du nous en perdition, du nous en dislocation»!
Revenons à la pièce présentée cette semaine à la salle Jean-Claude Germain.
Un spectacle de 50 minutes durant lequel Lapointe et sa complice (Maryse Lapierre) manipuleront une poupée gonflable; réciteront nus et immobiles un texte incompréhensible (tenant davantage du délire verbal de l'écriture automatiste que du travail d'un dramaturge); abuseront des effets sonores et visuels bidon (soulignons le retour de la fumée sèche et du stroboscope). En résumé, c'est 50 minutes de n'importe quoi, n'importe comment!
D'abord, l'acteur joue mal. Il peine à projeter dans une salle de 60 places, et sa diction oscille entre joual et français normatif. (Maryse Lapierre est plus juste dans sa livraison.) Ensuite, comme dans Shopping and F***ing à l'été 2006 au National, sa mise en scène confond provocation facile et théâtre symbolique. Finalement, Trans(e) dégage un parfum spectaculaire suranné, alors que son auteur... veut en finir avec la société de spectacle et le divertissement.
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