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    Théâtre - Les rouages de la machine

    25 février 2010 |Alexandre Cadieux | Théâtre
    Là où le Parabolik Guérilla se distingue avec panache, c’est dans la création d’un langage où toutes les composantes théâtrales forment une synthèse fort parlante et cohérente.
    Photo: Marie-Chantale Desrosiers Là où le Parabolik Guérilla se distingue avec panache, c’est dans la création d’un langage où toutes les composantes théâtrales forment une synthèse fort parlante et cohérente.
    Homo Faber

    Conception et mise en scène: Alexander Wilson et Mélanie Verville.

    Une production de Parabolik Guérilla présentée Aux Écuries jusqu'au 27 février.
    L'homo faber, celui qui a la faculté de fabriquer des outils, semble avoir atteint un degré de spécialisation qui le fait régresser, du moins sur le plan de la pensée. Contrairement à l'homo ludens, l'homme qui joue, l'homo faber effectue, répète, affine sa technique, devenant lui-même la machine, l'usine. Si l'idée n'est pas nouvelle, les agents provocateurs du Parabolik Guérilla Théâtre ont mis au point une esthétique fort percutante pour aborder la question.

    Le spectacle Homo Faber qu'accueillent les Écuries met en scène une réalité qui évoque à la fois Les Temps modernes de Chaplin, les automates au regard vide de l'EPCOT Center de Walt Disney et le monde totalitaire du 1984 de George Orwell. Dans un monde cauchemardesque d'ordre et de méthode, le simple employé est parfaitement formaté, programmé, réglé avec soin dans ses actions liées à son travail, mais aussi dans toutes ses autres fonctions humaines: consommation de nourriture et d'informations, reproduction, rapports sociaux et familiaux, jeux de séduction, etc.

    La troupe formée autour d'Alexander Wilson et Mélanie Verville semble se concentrer ici davantage sur l'aliénation du corps par le travail que sur la destruction de l'esprit et de l'individualité, bien que ces concepts soient assez intimement liés. Les composantes de la fable paraîtront simplistes à quiconque connaît les grands mythes d'anticipation qui vont de Metropolis à Brazil: dans un monde devenu machine, il y aura toujours un petit rouage organique pour tenter de changer le cours des choses de l'intérieur, même si toute tentative de dérèglement est sévèrement réprimée.

    Là où le Parabolik Guérilla se distingue avec panache, c'est dans la création d'un langage où toutes les composantes théâtrales — costumes, maquillages, scénographie, accessoires, éclairages, projections vidéo, musique et environnement sonore — forment une synthèse fort parlante et cohérente. Le lecteur pourra s'en faire une excellente idée en consultant le site Web de la compagnie (parabolikguerilla.com), qui regorge de photos et de vidéos de leurs précédents projets.

    La gestuelle robotique des comédiens Catherine Cédilot, Peter James, Jean-Frédéric Noël et Michelle Parent contraste avec la présence fantomatique et traînante de Catherine Tardif, la «concierge-chamane». Les maîtres d'oeuvre, installés derrière la console, triturent en direct images et sons, savants fous orchestrant avec une rigueur démoniaque les mouvements de cet écrin mécanique dans lequel l'homme ne trouve sa finalité que comme engrenage.

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    Collaborateur du Devoir












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