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Théâtre jeunes publics - Le tour du jardin

Michel Bélair   23 janvier 2010  Théâtre

À retenir

    • Les Mauvaises herbes
    • Texte de Jasmine Dubé mis en scène par Benoît Vermeulen.
    • Production du Théâtre Bouches décousues présentée à la Maison Théâtre jusqu'au 31 janvier.
    • Public visé: les enfants de 7 à 12 ans. Durée: environ une heure.
Partout, sur tous les continents, les enfants ne l'ont pas toujours belle, on le sait. Tout comme le fait que, depuis ses tout débuts, Jasmine Dubé s'entête à garder allumée la flamme de l'espoir chez les jeunes mal traités, mal élevés, mal aimés et autres écorchés. Elle leur consacre d'ailleurs cette année, pour marquer les 25 ans de sa compagnie, un triptyque dont la Maison Théâtre présente le volet pour les plus âgés: Les Mauvaises Herbes. J'y étais jeudi matin, au beau milieu d'une salle bondée particulièrement réceptive.

Sur scène, trois écorchés, trois «mauvaises herbes» — Vincent Bolduc, Monia Chakri, Hubert Lemire, toujours justes. Ils incarnent Lina Perçue, Momo et Tatou, trois enfants qui ont manqué de soins, d'amour et d'attention et que Flore la jardinière (Jasmine Dubé) a recueillis chez elle pour leur permettre de prendre racine en eux-mêmes avant de «voler de leurs propres ailes». La métaphore de la mauvaise herbe allait de soi. Mais il n'est pas du tout évident de planter trois comédiens dans un pot de fleurs et de leur faire prononcer des phrases assassines sur l'horreur que vivent les enfants abandonnés. C'est pourtant ce que réussit à faire le texte remarquable et sans compromis de Jasmine Dubé. On ressortira de là avec l'envie d'empêcher que de telles choses arrivent et en pensant à ses propres enfants de façon différente.

Pertinence et efficacité

La mise en scène de Benoît Vermeulen, qui a pourtant l'habitude de travailler pour les ados, est d'une pertinence et d'une efficacité qui ne se démentent jamais tout au long de la pièce en proposant des allers-retours entre la mauvaise herbe-plante en pot et la mauvaise herbe-enfant blessé. On s'y laisse prendre, et quand vient l'abandon, le texte agit bientôt sur nous comme l'eau sur les plantes bonnes ou mauvaises.

Faites vous-même le tour du jardin, vous verrez bien à quelles extrémités cela vous mènera...

 
 
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