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    Théâtre

    La route, c'est la vie

    22 janvier 2010 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    • Route
    • Texte et interprétation: Thomas Gionet-Lavigne. Mise en scène: Hugo Lamarre. Production:
    • La Compagnie Thomas, présentée à Premier Acte jusqu'au 6 février.
    Écrite et interprétée par Thomas Gionet-Lavigne, Route est mise en espace dans un cadre dépouillé, sur un plancher légèrement en pente délimité sur deux faces par des murs-écrans qui seront habités par une suite de projections et de jeux d'éclairage de qualité indéniable. La chaise renversée constitue le seul élément du décor.

    Dès le départ, le texte plus que prometteur de Gionet-Lavigne s'articule sur une mécanique de la répétition, une tentative de saisie du réel et de capture de l'instant, deux éléments (chers à Kerouac) qui se prêtent à la théâtralisation du moment autant qu'à sa poésie. On ne donne pas ici dans le sous-Kerouac, pas plus que dans le pillage d'une oeuvre, mais bien dans une écriture née d'une autre qui génère une voix personnelle.

    Dans son passage du papier à la scène, Route connaît cependant quelques difficultés, la plus grande étant de faire surgir la théâtralisation du texte plutôt que de céder à sa démonstration. Ainsi, malgré un travail attentif, Hugo Lamarre, metteur en scène de la pièce, opte à plusieurs reprises pour une direction qui amène son comédien à «illustrer» la narration. Ce choix, plutôt que de faire s'élever la voix organique et d'en faire surgir les sens, tend à ramener le texte à l'état de didascalie et le comédien, Thomas Gionet-Lavigne, à l'illustration explicite de ce qu'il livre. C'est dans ces moments que la musique d'Alex Thériault, d'une grande beauté, se fait plus accessoire, que les projections (Lionel Arnould) lumineuses et singulières du début perdent en intensité.

    On ne saurait blâmer la vision de Lamarre, empreinte d'un authentique désir de laisser à la parole et aux sentiments leur pleine présence. Il faut envisager qu'un sujet riche qu'on étreint avec tendresse fasse parfois en sorte qu'on omet de se donner davantage de liberté par peur de l'écorcher.

    Kerouac qui, dans ses dernières années, s'abreuvait à la pensée orientale, adhérait à l'idée que par le non-faire, on gagne le monde entier. Route a ce qu'il faut pour faire ce pas qui sépare la voix de la voie.

    ***

    Collaboratrice du Devoir

     












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