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    Théâtre - Un pas vers l'autre

    21 janvier 2010 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    L'Étape

    Texte et mise en scène: Alexandre Fecteau. Interprètes: Ann-Sophie Archer, Guillaume Boisbriand, Frédérique Bradet, Benoît Cliche, Israël Gamache, Joanie Lehoux. Production: Nous sommes ici.

    À la salle Marc-Doré du théâtre Périscope jusqu'au 13 février.
    Ça se passe sur la route 175, dans cette traversée du parc des Laurentides qui sépare Québec et Chicoutimi. Ça se passe entre un chauffeur et cinq jeunes voyageurs qui, à un moment ou l'autre, ont fait appel à Allo Stop pour franchir la distance entre ces villes. Ça se passe sous la plume et la direction d'Alexandre Fecteau, avec la complicité de six jeunes comédiens qui se sont prêtés au jeu d'une expérience qualifiée de docu-théâtre.

    La balade théâtrale que propose Nous sommes ici se fonde sur l'expérience personnelle du metteur en scène, une expérience qu'il a choisi de documenter en retrouvant cinq de ses passagers Allo Stop occasionnels et en recueillant leurs témoignages. L'aventure qu'il propose aux comédiens relève de la «reconstitution», ce qui soumet chacun d'entre eux à la personnalité et à la personne plutôt qu'au personnage incarné et interprété. Une forme de «covoituréalité» où le comédien s'efface derrière les particularités du passager, représenté tant physiquement que dans la petite histoire qui est la sienne.

    Pour servir l'ensemble, la salle Marc-Doré prend l'allure d'une série de sièges rappelant les rangées de transport en commun. Chaque siège porte l'heure et le jour d'un départ prévu. Chaque spectateur reçoit un ticket correspondant à l'un de ces départs. Sur les quatre écrans qui délimitent l'ensemble, on verra la route se déployer devant, s'estomper derrière, et le paysage défiler sur les côtés, ceci grâce au travail vidéo soigné de Marilyn Laflamme.

    Les comédiens-passagers se glissent parmi les spectateurs et le chauffeur trouve place à l'avant. Ses réactions aux échanges qui s'établissent entre lui et ses passagers nous sont redonnées par ce rectangle qui, tel un rétroviseur, barre l'écran frontal.

    L'intelligence de la chose réside dans l'équilibre et la constance, le découpage temporel des histoires, le passage des saisons et son rendu simultané sur écran, dans ce sentiment que jamais nous ne quittons la route qui nous mène d'un pôle à l'autre: entre le départ et l'arrivée, la rencontre et la séparation, le propos et la confidence, l'impersonnel et l'intime, la réalité et sa reconstitution.

    Il y a quelque chose qui s'inscrit dans ce moment de théâtre et son double, dans le jeu proposé, son rendu par la troupe, quelque chose d'enveloppant tant au niveau sonore qu'au niveau des présences en scène et qui laisse, comme le font les rencontres, ses traces dans le temps.

    ***

    Collaboratrice du Devoir












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