vendredi 30 juillet 2010 Dernière mise à jour 00h49


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Théâtre - Une reine Margot de coeur et d'esprit

Sylvie Nicolas   15 janvier 2010  Théâtre

À retenir

    • La Reine Margot
    • D'après Alexandre Dumas père. Adaptation et mise en scène: Marie-Josée Bastien.
    • Coproduction Théâtre de la Bordée et Théâtre Denise-Pelletier. Présenté à la Bordée jusqu'au 6 février.
Le roman de Dumas père couvre deux ans de la vie de la reine Margot, de son mariage à son cousin Henri, roi de Navarre, en 1572, à la mort de son frère Charles IX, en 1574. Margot est catholique, Henri est protestant. Leur union a pour but de calmer les tensions religieuses qui déchirent le pays. Le 18 août, les protestants affluent afin d'assister au mariage. Le 24, jour de la Saint-Barthélemy, les massacres débutent.

Le passage du roman à la scène est réussi. Bastien opte pour une touche de modernité, discrète mais visible dans les costumes et les accessoires, maintient l'esprit de la lettre et agrémente le dialogue d'une touche d'humour.

Christian Fontaine a conçu un décor austère, en arcades, constitué d'une façade imposante en fond de scène, d'un palier en retrait — symbole des complots ourdis — qui s'ouvre sur une sorte de lieu des pas perdus. Imposant mais discret, le décor se prête au déploiement de l'action et aux déplacements des acteurs, ce qui permet à la metteure en scène, qui excelle à ce genre de choses, de faire en sorte que les transitions, entrées et sorties nous soient redonnées sous forme de chorégraphies ponctuées et rigoureuses. Les éclairages de Nishikawa effleurent et patinent les visages des acteurs qui, entre les interactions, figent et se font épieurs ou témoins de l'action. Le champ sonore de Brault, organique et vibrant, soulève.

Les personnages qu'incarnent Danielle Lépine (Catherine de Médicis) et Marie-Ève Pelletier (Margot) sont de chair, de force et de sensualité trouble, celui de Marie-Soleil Dion (Henriette) a la légèreté de la soubrette. C'est dans le dénouement des intrigues que le jeu des hommes et la richesse insufflée à leur rôle respectif surgissent. Un lien entre l'Histoire et les hommes dans l'Histoire, entre ce qui se terre et se révèle. Gagnon (Charles IX) ravit dans la cassure affective et l'aplomb retrouvé, Lacelle-Bourdon émeut dans ce fragile et complexe D'Alençon, Bouffard (D'Anjou) en impose, Laprise (Coconnas) et Perreault (La Mole) charment, les Rousseau (Navarre), Fournier (De Guise) et Cousineau (Coligny et Florentin) marquent solidement le pas.

Hugo disait de Dumas qu'il créait la soif de lire, creusait le coeur humain et l'ensemençait. On dira de Marie-Josée Bastien, qui signe l'adaptation de La Reine Margot de Dumas et sa mise en scène, qu'elle crée le mouvement, puise le souffle des acteurs et l'ensemence.

***

Collaboratrice du Devoir











CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2010