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    Théâtre - La «dramapop» d'Éric Jean

    24 novembre 2009 |Alexandre Cadieux | Théâtre
    Dans Chambre(s), pas de personnages pour les sept acteurs, qui ne jouent aucun rôle sinon eux-mêmes.
    Photo: Yanick Macdonald Dans Chambre(s), pas de personnages pour les sept acteurs, qui ne jouent aucun rôle sinon eux-mêmes.
    Chambre(s)
    • Texte et conception: Éric Jean et Pascal Chevarie, en collaboration avec l'équipe de création.
    • Mise en scène: Éric Jean.
    • Une production du Théâtre de Quat'Sous
    • Jusqu'au 19 décembre.
    Est-ce l'influence de Vincent Letellier, musicien au sein des groupes montréalais Freeworm et The National Parcs et concepteur sonore de cette (ou ces) Chambre(s)? Ou encore celle de Loui Mauffette, qui baptisait l'hiver dernier le Quat'Sous nouveau avec son Dans les charbons, spectacle empruntant à la formule du cabaret ludisme et structure éclatée? Quoi qu'il en soit, la nouvelle création d'Éric Jean, réalisée en tandem avec l'auteur Pascal Chevarie, se reçoit comme un concert pop, pour le meilleur et pour le pire.

    Cette «dramapop» se découpe en vignettes, comme autant de chansons livrées les unes à la suite des autres. Des fragments créés en improvisation, comme plusieurs des spectacles précédents de Jean comme Hippocampe et Chasseurs, qui eux racontaient tout de même des histoires, aussi oniriques soient-elles parfois. Ici, pas de personnages pour les sept acteurs, Évelyne Brochu, Maxime David, Sébastien David, Sylvie Drapeau, Matthieu Girard, Alexandre Landry et Sacha Samar, qui ne jouent aucun rôle sinon eux-mêmes.

    Comme c'est souvent le cas avec ce type d'écriture qui relève plus du jaillissement spontané que du récit construit, on y retrouve de l'anecdote édifiante, de la fantaisie autofictionnelle, du fou rire placé d'avance, du proverbe étranger, de la confession impudique, de la mise à nu, de la chorégraphie emportée, de l'envolée acrobatique et de la variation sur le même thème. On emprunte aux codes de la danse, de la performance, de l'installation et du spoken word sans réellement repousser les limites des différents genres.

    La «dramapop» semble dispenser les créateurs de la nécessité de produire du sens pour une durée de plus de trois minutes à la fois. On nous invite (sans blague) à «laisser notre tête au vestiaire», à n'écouter que nos sens et à «pulser» avec les interprètes. Pour ceux qui vibrent moins à l'idée de l'abandon total, le spectacle offre bien quelques zones d'intérêt, tout particulièrement dans ces jeux ambigus entre le vrai et le faux, entre l'honnêteté et le mensonge. On pense à ces chanteurs et chanteuses qui prétendent livrer leurs tripes en concert, mais qui se construisent tout de même un personnage de scène, gardant ainsi une distance salutaire ou pleine de mystères.

    On ne s'ennuie guère dans la (ou les) Chambre(s) d'Éric Jean et de ses complices: le spectacle est truffé de trouvailles amusantes, et les (véritables) chansons, comme celle chantée par la voix incertaine de l'étonnant Matthieu Girard, émeuvent réellement. Mais pour qui récupère sa tête à la sortie du Quat'Sous, l'impression d'avoir assisté à un exercice narcissique qui, finalement, n'a pas grand-chose à dire s'avère tenace.













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