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    Théâtre - Tragédie burlesque

    23 novembre 2009 |Luc Boulanger | Théâtre
    Il n’y a plus rien, de Robert Gravel, rend hommage aux icônes du burlesque sans cabotiner.
    Photo: François Laplante Delagrave Il n’y a plus rien, de Robert Gravel, rend hommage aux icônes du burlesque sans cabotiner.

    Il n'y a plus rien

    De Robert Gravel. Mise en scène par Claude Laroche et interprétée par 14 comédiens. Au Théâtre du Rideau Vert jusqu'au 19 décembre.
    Jacques L'Heureux et Jean Bard ont réussi. Les deux hommes de théâtre ont voulu rendre hommage à Robert Gravel en faisant entrer l'¶u-vre de leur ancien ami dans le répertoire. Or, en revoyant

    Il n'y a plus rien au Rideau Vert mercredi soir, 17 ans après sa création à Espace libre, force est de constater que cette pièce n'a pas vieilli. C'est même un classique de la dramaturgie québécoise!

    Un classique, c'est un contemporain de tous les temps, dit-on. Dans Il n'y a plus rien, Robert Gravel fait comme tous les grands auteurs, de Corneille à Tremblay: il expose la vulnérabilité et l'absurdité de la condition humaine. Peu importe le sujet ou la manière. Qu'importe si la scène se passe dans un palais avec des rois despotes, ou bien, comme ici, dans un hôpital pour vieillards avec des patients à l'article de la mort, le théâtre dit toujours la même chose: le destin de l'Homme est constitué de sa grandeur et de sa déchéance.

    C'est le temps des Fêtes à l'hôpital Saint-Jacques de la Providence. Les patients alités attendent la visite de leur famille. Un vieillard tente de faire fonctionner le téléviseur pour regarder la rétrospective de l'année. Gaby, l'infirmier, raconte à la réceptionniste ce qu'il fera dans la famille de son chum pour le réveillon. Puis, il va faire la toilette des bénéficiaires...

    Il n'y a plus rien commence crûment, comme un tableau hyperréaliste de l'ennui et de la solitude qui pèsent dans tous les mouroirs de la province. Puis, au fur et à mesure qu'arrivent les autres personnages, les actions se multiplient: un acteur populaire rend visite aux patients, des jeunes apportent de la bière, le party lève, et la pièce bifurque: ce qui s'annonçait comme un drame naturaliste et tragique sur la vieillesse et la mort se transforme en un hommage au théâtre burlesque... Et ça marche!

    La mise en scène de Claude Laroche est respectueuse du texte et des indications laissées par Gravel. Visiblement, Laroche a eu un grand plaisir à diriger les comédiens. Ces derniers sont tous dans le ton à la fois grave et comique de la pièce, et ils nous offrent parfois de grands numéros d'acteurs. Mentionnons la tonitruante madame Caron incarnée par Claudine Paquette (elle rappelle une reine du burlesque, Manda Parent); l'expressif monsieur Vendette de Jean-Pierre Chartrand; l'infirmier routinier de Louis Champagne; ou encore le frêle monsieur Lussier de Marc Legault. Tous les comédiens s'en donnent à coeur joie, sans jamais franchir la ligne du cabotinage.

    Rendre hommage aux icônes du burlesque sans cabotiner, voilà déjà un bel exploit!

    ***

    Collaborateur du Devoir












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