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    Théâtre - Adieu, monsieur le professeur

    13 novembre 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    • Bashir Lazhar
    • Texte: Évelyne de la Chenelière
    • Mise en scène: Daniel Brière
    • Interprète: Denis Gravereaux.
    • Une production du Théâtre d'Aujourd'hui, présentée au théâtre Périscope jusqu'au 14 novembre.
    Au moment de la création, en 2007, de Bashir Lazhar d'Évelyne de la Chenelière, le Québec gigue sur le rigodon des accommodements raisonnables, les majorettes d'Hérouxville ouvrent la parade, la commission Bouchard-Taylor part en tournée de réconciliation et le système scolaire, fraîchement réformé et converti à la géométrie variable des «compétences transversales», prône l'ouverture d'esprit.

    Ce texte qui met en scène un Algérien francophile aspirant au statut de réfugié, qui se retrouve à occuper un poste de «remplaçant» dans une classe de 6e année, ne pouvait pas mieux tomber, et il y a fort à parier qu'il n'est pas près de perdre toute sa pertinence, son intelligence et sa beauté. Non seulement l'histoire de Bashir Lazhar est-elle touchante, mais elle a une âme et de l'ossature.

    Denis Gravereaux, seul en scène, porte le personnage avec la grâce, l'abandon et la retenue qui font de ce Bashir un être attachant, crédible, généreux, un maître d'école passionné et attentionné, dérouté par les conventions auxquelles il se bute, confus quant aux réactions que sa présence suscite.

    Le personnage évolue dans un décor d'une émouvante simplicité: une table et deux chaises, un tableau au fond, qui sert également d'écran de projection, et deux caméras, dont l'une au-dessus de la table-pupitre. Le procédé a l'avantage, par le dévoilement simultané des pages de ce grand livre posé à plat sur la table, de marquer le passage du temps, d'établir le rythme des leçons en classe et de consigner les événements tragiques de la vie de Bashir.

    L'idée est solide, et si parfois l'obligation de tourner les pages qui incombe au comédien se fait trop marquée, on ne saurait s'en passer, ne serait-ce que pour cette page annonçant «le travail d'Alice», qui donne lieu à une scène remarquable et déconcertante qui lève le voile sur notre incapacité comme société à entendre ce que l'enfant (ou l'immigré) perçoit et ressent dans toute son authenticité.

    La voix chantée qui accompagne Bashir est une pure merveille. Les insertions historiques sont incontournables. Une retenue cependant quant aux témoignages d'ouverture, si beaux soient-ils, qui n'apportent pas à la pièce la richesse que nous réserve celui de la fin par la voix menue et bien campée de la jeune Alice.

    Il n'y a pas de conclusion à tirer de Bashir Lazhar. Il y a ce que nous devons considérer comme une rencontre qui doit se poursuivre. Comme une présence que nous regrettons de voir partir.













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