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    Théâtre - En direct du Trident

    7 novembre 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Véritable machine de guerre théâtrale, la pièce pousse le spectateur dans ses derniers retranchements.
    Photo: Louise Leblanc Véritable machine de guerre théâtrale, la pièce pousse le spectateur dans ses derniers retranchements.
    • MacBett
    • Texte: Eugène Ionesco.
    • Mise en scène: Diego Aramburo.
    • Distribution: Frédérick Bouffard, Lise Castonguay, Gill Champagne, Vincent Champoux, Sophie Dion, Jonathan Gagnon, Myriam LeBlanc, Sophie Martin, Nicola-Frank Vachon.
    • Une production du Trident présentée au Trident jusqu'au 28 novembre.
    Le MacBett de Ionesco, écrit en 1972, fait l'autopsie de l'infernale mécanique qu'engendrent l'ambition, l'avidité, la corruption et le pouvoir. Véritable machine de guerre théâtrale, cette production du Trident, mise en scène par Diego Aramburo, pousse le spectateur dans ses derniers retranchements: là où il se retrouve, au quotidien, devant son écran de télé, spectateur passif devant ce qui se déroule, en direct, à quelques pas de lui autant qu'à des kilomètres de distance.

    L'Histoire, les lieux, les individus, les manigances et les siècles sont ce qu'ils sont: interchangeables. Ionesco le savait en écrivant son MacBett. Et Aramburo a su faire en sorte que cette interminable répétition, impact médiatique oblige, s'incarne dans le contexte actuel avec ses points de presse, ses micros, ses retransmissions et ses bandes défilantes marquant le direct du déroulement.

    Les raisons de se réjouir au sortir de cette production sont légion: un décor à panneaux et à portes coulissantes, à l'image du texte de Ionesco, qui s'ouvre, se désarticule et se reforme à souhait. Des comédiens dont l'apparence, le jeu, les costumes, les mouvements, le rythme, les gestes et le ton se déploient comme des reflets, des échos, des rappels d'un partenaire ou d'un rival. Un effet qui s'inscrit dans ce numéro d'ouverture réussi que nous offrent Candor (Vincent Champoux) et Glamiss (Jonathan Gagnon). Un effet follement insidieux quand Duncan (Gill Champagne) livre son premier discours et que sa façon de faire évoque un George W. Bush. Un effet qui s'étend au convaincant duo MacBett (Nicola-Frank Vachon) et Banco (Frédérick Bouffard), aux éloquentes présences de lady Duncan (Myriam LeBlanc) et de sa suivante (Lise Castonguay), et aux autres fantassins qui évoluent de pair.

    Délicat équilibre

    Ionesco n'est pas facile à jouer. Son MacBett moins que toute autre pièce. Et les comédiens préservent le délicat équilibre que commande l'oeuvre. Saluons la facture simple des éclairages, percutante dans ses bleus. L'usage (brillant) du rouge et du noir, des accessoires de plexiglas (dont l'épée et le poignard dans leur écrin) et ce magistral fauteuil roulant qui tient lieu de trône. La trame sonore marque la persistance de la rumeur et l'ironique abandon au blues. Cependant, malgré un calibrage adéquat, elle avale parfois des fragments de texte. On s'en voudrait de jeter aux oubliettes ces éclaboussures de sang. Bleues. Comme l'encre. L'encre des mots. L'encre indélébile de l'oeuvre. Alea jacta est.

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    MacBett

    Texte: Eugène Ionesco. Mise en scène: Diego Aramburo. Distribution: Frédérick Bouffard, Lise Castonguay, Gill Champagne, Vincent Champoux, Sophie Dion, Jonathan Gagnon, Myriam LeBlanc, Sophie Martin, Nicola-Frank Vachon. Une production du Trident présentée au Trident jusqu'au 28 novembre.

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    Collaboratrice du Devoir












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