Théâtre - Rites de passage
Alors que La Licorne semble fort bien réussir à survivre pendant que Jean-Denis Leduc se ressource ailleurs «pour voir s'il a encore quelque chose à donner» — ainsi qu'on se préparerait doucement à le faire un peu partout dans plusieurs «vieilles» compagnies, selon certaines sources fiables; alors aussi que Fabien Cloutier reprend jusqu'à samedi, rue Papineau, son Scotstown qui en avait ébranlé plusieurs la saison dernière, sorte de «King Dave des Cantons de l'Est» à la langue si imagée et si rapetissante à la fois... le nouveau patron, Denis Bernard, met en place les derniers bouts de tuyaux de l'immense truc qu'il a mis sur pied et qui porte le nom de La Dizaine des auteurs. Une folie. Risquée comme on les aime!
Dizaine des auteurs, donc, comme dans «dix auteurs» ou encore «dix jours». Dix soirs d'affilée plutôt, du 9 au 18 novembre, animés chacun par un auteur ou une «gagne» différente. Dix cartes blanches à «des artistes qui font partie du passé, du présent et du futur» de la Licorne, comme on le souligne sur le site de la compagnie (www.theatrelalicorne.com). Une sorte de spectacle d'adieu aux murs trop étroits du petit théâtre qui fermera ses portes en mars pour les rouvrir au printemps 2011. De rite de passage aussi vers ce que sera la nouvelle Licorne. Une ouverture. Brèfle comme disait Jarry, La Dizaine des auteurs est un événement happening qui n'arrivera en principe qu'une fois.
Au téléphone, Denis Bernard est enthousiaste. L'événement, une forme nouvelle de collecte de fonds pour la future Licorne, «ressemble» au petit théâtre et à son public, dit-il. «Il y aura là des gens qui vont essayer des choses, prendre des risques, se lâcher lousse. Qui vont s'impliquer et manifester leur appartenance au lieu comme notre public le fait.» Mais sous une forme ou sous une autre, précise-t-il encore, l'événement devrait revenir. «Ce sera peut-être une neuvaine des metteurs en scène ou une fin de semaine des scénographes, mais tout le monde s'est tellement tout de suite impliqué dans la chose que ça va revenir, c'est clair.»
On verra là autant les Éternels Pigistes et Olivier Choinière que Félix Beaulieu-Duchesneau, Fanny Britt, Frédéric Blanchette, Jean-Marc Dalpé, Marc Labrèche et plusieurs autres. On trouvera bien sûr sur le site Internet de La Licorne le programme très spécial de ces dix jours offerts, à compter de lundi prochain, tout autant aux mécènes qu'au public «ordinaire» de La Licorne.
Les Écuries en selle
On n'a presque pas vu passer la chose au milieu des scandales de la campagne électorale et de la psychose du vaccin contre la grippe-code postal, mais un dossier important s'est bouclé vendredi dernier: celui des Écuries. C'est un dossier dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises au cours des dernières années. Un dossier capital puisqu'il met en relief à la fois les problèmes les plus criants de «la relève» et ceux de la transmission des acquis.
Le lieu, qui abrite Les Deux Mondes depuis des lunes, accueillera désormais aussi, après des travaux d'agrandissement de plus de trois millions de dollars, huit petites compagnies de «la relève». Elles ont bien l'intention de continuer à faire des Écuries, installées là depuis l'hiver dernier, un lieu de production, de création et de diffusion théâtrale ouvert sur les nouvelles écritures et les nouvelles réalités de la scène. Le tout près d'une station de métro, dans un quartier populaire du nord de la ville peu touché par les retombées du quartier des spectacles, disons. Dans des bâtiments qui sont déjà là, payés presque en totalité, et que l'on n'a qu'à agrandir. Un bon coup, avouons-le.
«Bouclé», c'est toutefois un bien grand mot puisqu'il faut encore que la chose se fasse. Mais Les Deux Mondes — et surtout Pierre MacDuff qui s'est beaucoup impliqué dans l'affaire — auront réussi à faire triompher une solution originale, inventive et simplement brillante. Bravo. Et bravo aussi aux différents paliers de gouvernement — on n'a pas trop souvent l'occasion de le souligner — qui financent le projet et qui ont choisi la meilleure des solutions possibles. Yeah! On piaffe d'impatience!
En vrac
- Le Théâtre de la Pire Espèce, qui se fait un point d'honneur de faire les choses différemment d'un peu tout le monde, présente en reprise «une création déjà créée mais très peu montrée»: Roland, la vérité du vainqueur! Nous vous avons parlé déjà de cette production lors de sa création dans la petite salle du Théâtre d'Aujourd'hui: c'est une sorte d'éloge de la tolérance et de la différence à la fois pleine de subtilité et d'invention. Avant d'entreprendre une tournée d'une cinquantaine de représentations — la production traversera même les grandes eaux et on la retrouvera à Méli'môme, au printemps —, Roland sera présenté le dimanche 8 novembre à 15h, dans le cadre du Festival du monde arabe. Belle occasion de voir la chose «dans un contexte particulièrement pertinent et en phase avec les propos du texte d'Olivier Ducas», précise le communiqué.
- Si vous êtes curieux et que vous n'êtes pas pris le mercredi 11 novembre à 20h, sachez que l'on présentera au Théâtre Ouremont une pièce du répertoire très peu jouée de nos jours: Bousille et les Justes de Gratien Gélinas. La production de La Comédie humaine — qui nous avait donné un Amadeus avec Gilles Pelletier dans le rôle de Salieri il y a quelques années — est mise en scène par Michèle Deslauriers et réunira entre autres Béatrice Picard, Yves Corbeil, Christine Lamer et Marc-André Coallier dans le rôle de Bousille. La représentation sera précédée d'un hommage à Gratien Gélinas au cours duquel Sophie Faucher, Catherine Lachance, Mireille Deyglun, Brigitte Paquette, Louise Deschâtelets et bien d'autres liront des témoignages et des textes du père du théâtre québécois.
- Ce soir et jusqu'à vendredi, on peut encore assister au premier exercice public des finissants du Conservatoire d'art dramatique dans la toute nouvelle salle du Théâtre Rouge du Conservatoire, rue Henri-Julien. Neuf finissants joueront dans trois courtes pièces de Feydeau: Hortense a dit: je m'en fous, Dormez, je le veux et On purge bébé — mises en scène par Carl Béchard. Les représentations sont à 20h et l'on donne aussi une matinée à 15h, vendredi. On peut passer prendre ses billets au Conservatoire au coût de 5 $.
Dizaine des auteurs, donc, comme dans «dix auteurs» ou encore «dix jours». Dix soirs d'affilée plutôt, du 9 au 18 novembre, animés chacun par un auteur ou une «gagne» différente. Dix cartes blanches à «des artistes qui font partie du passé, du présent et du futur» de la Licorne, comme on le souligne sur le site de la compagnie (www.theatrelalicorne.com). Une sorte de spectacle d'adieu aux murs trop étroits du petit théâtre qui fermera ses portes en mars pour les rouvrir au printemps 2011. De rite de passage aussi vers ce que sera la nouvelle Licorne. Une ouverture. Brèfle comme disait Jarry, La Dizaine des auteurs est un événement happening qui n'arrivera en principe qu'une fois.
Au téléphone, Denis Bernard est enthousiaste. L'événement, une forme nouvelle de collecte de fonds pour la future Licorne, «ressemble» au petit théâtre et à son public, dit-il. «Il y aura là des gens qui vont essayer des choses, prendre des risques, se lâcher lousse. Qui vont s'impliquer et manifester leur appartenance au lieu comme notre public le fait.» Mais sous une forme ou sous une autre, précise-t-il encore, l'événement devrait revenir. «Ce sera peut-être une neuvaine des metteurs en scène ou une fin de semaine des scénographes, mais tout le monde s'est tellement tout de suite impliqué dans la chose que ça va revenir, c'est clair.»
On verra là autant les Éternels Pigistes et Olivier Choinière que Félix Beaulieu-Duchesneau, Fanny Britt, Frédéric Blanchette, Jean-Marc Dalpé, Marc Labrèche et plusieurs autres. On trouvera bien sûr sur le site Internet de La Licorne le programme très spécial de ces dix jours offerts, à compter de lundi prochain, tout autant aux mécènes qu'au public «ordinaire» de La Licorne.
Les Écuries en selle
On n'a presque pas vu passer la chose au milieu des scandales de la campagne électorale et de la psychose du vaccin contre la grippe-code postal, mais un dossier important s'est bouclé vendredi dernier: celui des Écuries. C'est un dossier dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises au cours des dernières années. Un dossier capital puisqu'il met en relief à la fois les problèmes les plus criants de «la relève» et ceux de la transmission des acquis.
Le lieu, qui abrite Les Deux Mondes depuis des lunes, accueillera désormais aussi, après des travaux d'agrandissement de plus de trois millions de dollars, huit petites compagnies de «la relève». Elles ont bien l'intention de continuer à faire des Écuries, installées là depuis l'hiver dernier, un lieu de production, de création et de diffusion théâtrale ouvert sur les nouvelles écritures et les nouvelles réalités de la scène. Le tout près d'une station de métro, dans un quartier populaire du nord de la ville peu touché par les retombées du quartier des spectacles, disons. Dans des bâtiments qui sont déjà là, payés presque en totalité, et que l'on n'a qu'à agrandir. Un bon coup, avouons-le.
«Bouclé», c'est toutefois un bien grand mot puisqu'il faut encore que la chose se fasse. Mais Les Deux Mondes — et surtout Pierre MacDuff qui s'est beaucoup impliqué dans l'affaire — auront réussi à faire triompher une solution originale, inventive et simplement brillante. Bravo. Et bravo aussi aux différents paliers de gouvernement — on n'a pas trop souvent l'occasion de le souligner — qui financent le projet et qui ont choisi la meilleure des solutions possibles. Yeah! On piaffe d'impatience!
En vrac
- Le Théâtre de la Pire Espèce, qui se fait un point d'honneur de faire les choses différemment d'un peu tout le monde, présente en reprise «une création déjà créée mais très peu montrée»: Roland, la vérité du vainqueur! Nous vous avons parlé déjà de cette production lors de sa création dans la petite salle du Théâtre d'Aujourd'hui: c'est une sorte d'éloge de la tolérance et de la différence à la fois pleine de subtilité et d'invention. Avant d'entreprendre une tournée d'une cinquantaine de représentations — la production traversera même les grandes eaux et on la retrouvera à Méli'môme, au printemps —, Roland sera présenté le dimanche 8 novembre à 15h, dans le cadre du Festival du monde arabe. Belle occasion de voir la chose «dans un contexte particulièrement pertinent et en phase avec les propos du texte d'Olivier Ducas», précise le communiqué.
- Si vous êtes curieux et que vous n'êtes pas pris le mercredi 11 novembre à 20h, sachez que l'on présentera au Théâtre Ouremont une pièce du répertoire très peu jouée de nos jours: Bousille et les Justes de Gratien Gélinas. La production de La Comédie humaine — qui nous avait donné un Amadeus avec Gilles Pelletier dans le rôle de Salieri il y a quelques années — est mise en scène par Michèle Deslauriers et réunira entre autres Béatrice Picard, Yves Corbeil, Christine Lamer et Marc-André Coallier dans le rôle de Bousille. La représentation sera précédée d'un hommage à Gratien Gélinas au cours duquel Sophie Faucher, Catherine Lachance, Mireille Deyglun, Brigitte Paquette, Louise Deschâtelets et bien d'autres liront des témoignages et des textes du père du théâtre québécois.
- Ce soir et jusqu'à vendredi, on peut encore assister au premier exercice public des finissants du Conservatoire d'art dramatique dans la toute nouvelle salle du Théâtre Rouge du Conservatoire, rue Henri-Julien. Neuf finissants joueront dans trois courtes pièces de Feydeau: Hortense a dit: je m'en fous, Dormez, je le veux et On purge bébé — mises en scène par Carl Béchard. Les représentations sont à 20h et l'on donne aussi une matinée à 15h, vendredi. On peut passer prendre ses billets au Conservatoire au coût de 5 $.
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