Théâtre - Au-delà du réel
Photo : Yves Dubé
Louise Bombardier et Émile Proulx-Cloutier
À retenir
- Tout est encore possible
- Texte de Lise Vaillancourt.
- Mise en scène de Daniel Meilleur.
- Au Théâtre d'Aujourd'hui, jusqu'au 21 novembre.
Un an après son retour à la création théâtrale avec Les Exilés de la lumière, Lise Vaillancourt nous entraîne à nouveau dans des pistes peu banales, balisées par la fantaisie. D'une étrangeté souvent séduisante, ses histoires court-circuitent le quotidien pour se brancher sur des questionnements existentiels. Transferts d'identité, déplacements géographiques invraisemblables, histoires d'amour improbables: tout est encore possible, en effet.
Traitant des origines et de l'identité à travers quelques récits entrecroisés, la pièce manie la métaphore pour mieux parler du réel: angoisse de la mort, peur de se perdre dans une passion amoureuse, blessures de l'enfance principalement causées par la relation fondamentale avec la mère. Les fils et les thématiques finissent par se rejoindre entre ces monologues où une femme blanche se réveille dans la peau d'un ex-amant noir, où un jeune médecin (sensible Émile Proulx-Cloutier) exilé en Afrique est confronté à sa mère et où un auteur d'origine congolaise est hanté par le spectre maternel. Dans ces images se joue l'étrangeté du rapport à l'autre, cet inconnu.
Dès — l'excellente — première phrase, on est happé par le ludisme, l'humour intelligent d'une écriture plutôt littéraire. L'entrée en matière est particulièrement forte, avec ce personnage (joué avec une délicieuse précision par la formidable Louise Bombardier) dont le corps est envahi par une statuette ancienne. Le problème, c'est que le spectacle ne soutient pas toujours également cet envoûtement. Le segment sur l'écrivain en psychanalyse, défendu honnêtement par Widemir Normil, m'est par exemple apparu plus faible.
Dans l'une de ses rares apparitions sur scène, l'auteure elle-même fait une forte impression: elle impose savoureusement une figure maternelle colorée, dont la langue très terre à terre rompt avec le ton de l'ensemble et semble contraster avec le fauteuil roulant invraisemblablement surélevé qui la porte.
Ce n'est pas le seul accessoire intéressant, conçu par Guy Fortin, qu'on trouve sur la scène par ailleurs nue du Théâtre d'Aujourd'hui. Certains éléments scénographiques inversés rappellent ainsi la nature insolite de ce monde à l'envers, où tout est déplacé. La mise en scène dépouillée de Daniel Meilleur souligne le caractère imagé, apparenté à la fable, de Tout est encore possible. Un spectacle qui met en lumière la part d'inexplicable du monde et laisse de l'espace pour l'imagination du spectateur.
Traitant des origines et de l'identité à travers quelques récits entrecroisés, la pièce manie la métaphore pour mieux parler du réel: angoisse de la mort, peur de se perdre dans une passion amoureuse, blessures de l'enfance principalement causées par la relation fondamentale avec la mère. Les fils et les thématiques finissent par se rejoindre entre ces monologues où une femme blanche se réveille dans la peau d'un ex-amant noir, où un jeune médecin (sensible Émile Proulx-Cloutier) exilé en Afrique est confronté à sa mère et où un auteur d'origine congolaise est hanté par le spectre maternel. Dans ces images se joue l'étrangeté du rapport à l'autre, cet inconnu.
Dès — l'excellente — première phrase, on est happé par le ludisme, l'humour intelligent d'une écriture plutôt littéraire. L'entrée en matière est particulièrement forte, avec ce personnage (joué avec une délicieuse précision par la formidable Louise Bombardier) dont le corps est envahi par une statuette ancienne. Le problème, c'est que le spectacle ne soutient pas toujours également cet envoûtement. Le segment sur l'écrivain en psychanalyse, défendu honnêtement par Widemir Normil, m'est par exemple apparu plus faible.
Dans l'une de ses rares apparitions sur scène, l'auteure elle-même fait une forte impression: elle impose savoureusement une figure maternelle colorée, dont la langue très terre à terre rompt avec le ton de l'ensemble et semble contraster avec le fauteuil roulant invraisemblablement surélevé qui la porte.
Ce n'est pas le seul accessoire intéressant, conçu par Guy Fortin, qu'on trouve sur la scène par ailleurs nue du Théâtre d'Aujourd'hui. Certains éléments scénographiques inversés rappellent ainsi la nature insolite de ce monde à l'envers, où tout est déplacé. La mise en scène dépouillée de Daniel Meilleur souligne le caractère imagé, apparenté à la fable, de Tout est encore possible. Un spectacle qui met en lumière la part d'inexplicable du monde et laisse de l'espace pour l'imagination du spectateur.
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