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Théâtre - Incendies, de Wajdi Mouawad,séduit au pays du Kabuki

Antoine Char   31 octobre 2009  Théâtre
Tokyo — Au pays du kabuki, Incendies de Wajdi Mouawad s'est taillé une place honorable dans le coeur d'une centaine de Tokyotes qui ont assisté cette semaine à la première japonaise du deuxième volet de son oeuvre sur le thème de la transmission et de l'héritage.

Présentée dans la salle de 150 places du Geijytsu Gekijyo d'Ikebukuro, en plein coeur de la capitale nippone, la pièce a fait l'unanimité si l'on se fie aux applaudissements. Son auteur semblait visiblement surpris par ce premier succès asiatique. «Il est très rare de croire que ce que l'on est en train de faire va intéresser les autres, surtout lorsqu'il s'agit d'une langue différente et... de visages différents.»

«Cette pièce dépasse d'ailleurs l'idée que j'en avais moi-même, elle raconte quelque chose de plus fort que ce que j'imaginais.» À croire que la guerre fratricide au Liban (1975-1990) a touché une corde sensible dans un pays qui, jusqu'au XIXe siècle, était en perpétuelle guerre civile.

Traduite en une quinzaine de langues, Incendies sera présentée une dizaine de fois au People Theatre de Tama City, en banlieue de Tokyo.

À en juger par la réaction du public cette semaine, le personnage du notaire a perdu de son impact à la traduction, croit Mouawad, arrivé à Tokyo dimanche dernier. «L'humour ne ressort pas.» La proverbiale retenue des Japonais y est peut-être pour quelque chose.

Avant de quitter Tokyo dès aujourd'hui, l'auteur de Ciels, le dernier volet de sa quadrilogie, a donné deux ateliers à une quinzaine d'étudiants de théâtre japonais. Que leur a-t-il dit? «Dans toute histoire, c'est l'avant "il était une fois" qui m'intéresse. C'est ce qui est important pour moi. J'ai toujours besoin de le dire, de l'exprimer. Cet avant ne résume peut-être pas mon oeuvre, mais cela englobe certainement toutes les pièces que j'ai écrites.»

***

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