Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Théâtre - Une Bordée d'amusement

    30 octobre 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    • Apocalypse à Kamloops
    • Texte de Stephan Cloutier mis en scène par Patric Saucier.
    • Une coproduction de La Bordée et du Théâtre du Tandem
    • Présentée à La Bordée jusqu'au 21 novembre.
    À l'heure des scénarios catastrophes, des cavaliers de l'Apocalypse qui chevauchent l'actualité, de tout ce qui menace l'ordre de moins en moins naturel des choses, la rigolade constelle la scène de La Bordée.

    Apocalypse à Kamloops gravite autour du premier fléau qui soit: la famille, ses secrets, ses tensions. Aussi, Jocelyn Théroux (Nicolas Létourneau), après cinq ans de silence, se voit-il forcé par deux messagères de l'au-delà (Frédérique Bradet et Stéphanie Lavoie) de régler ses liens karmiques avec sa soeur (Joanie Lehoux) et son père (Jack Robitaille) avant la chute d'une comète prévue pour fracasser la Terre dans moins de 25 heures.

    Le texte de Stéphane Cloutier ne vise pas la réflexion morale ou l'éclatement des grandes questions existentielles. Il met plutôt en lumière l'engourdissement qui s'est insinué au coeur de nos sociétés occidentales: le confort et l'indifférence, l'individualisme salvateur, la conscience écologique de bon aloi et le véritable lien qui nous lie au reste de l'humanité: la voix médiatique.

    Le décor, à mi-chemin entre l'art postal et le pop art, ne cherche en rien à camoufler son statut de décor. L'ambiance générale, toute à l'arlequinade et à la bande dessinée, sert tout à fait le propos. La ponctuation musicale, un rappel country ou évocateur de La Nouvelle-Orléans, offre un joyeux contrepoint au déroulement. Le jeu des comédiens épouse les contours caricaturaux de ces personnages que nous voyons évoluer sur la scène politique et sociale et qui nous renvoient l'image de nos clichés dont le tragique n'a d'égal que l'absurdité qui s'en dégage. La mise en scène de Patric Saucier scelle le tout dans un emballage qui évite habilement l'excès et célèbre joyeusement le tragicomique de la situation.

    Car la pièce de Cloutier aurait pu verser facilement dans la bouffonnerie, ce qui n'est pas le cas. Les comédiens et le metteur en scène l'ont saisi. Mettre en scène l'intervention des séraphins et de ses hérauts était loin d'être évident. Même au coeur d'une comédie. Surtout au coeur d'une comédie.

    Apocalypse à Kamloops ne prétend pas éduquer ou réformer, mais l'amusement qui s'en dégage, l'intelligence du sous-texte, la vivacité qui sied sur scène ont tout pour contrer novembre et sa désolation, l'angoisse de la culotte de cheval autant que la menace de la grippe A(H1N1) qui talonne chaque instant de nos quotidiens. La Bordée nous offre une brise venue de l'Ouest. Respirons à pleins poumons.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.