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    Théâtre - Ingénieuse tricoteuse

    15 octobre 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    • Annette
    • Texte et interprétation: Anne-Marie Olivier. Mise en scène: Kevin McCoy.
    • Au Périscope jusqu'au 7 novembre.
    Ça se passe à Limoilou, le 20 mai 1980, jour du référendum. Gérard est au garage, le petit est à l'école, Annette reprend ses broches et sa laine pour achever son tricot — un beau Québec tout bleu — avant d'aller voter. Le manque de laine l'oblige à se rendre à la Place Fleur de Lys et, aussitôt qu'elle met le pied dans le centre commercial, elle s'effondre. La vie d'Annette Rochette tient alors à un fil, une sorte de fil d'Ariane qui nous permet de remonter le cours de son existence.

    Anne-Marie Olivier présente, sur la scène du Périscope, un solo vif et coloré, intitulé Annette, où s'entremêlent, brin par brin, l'amour du tricot, du quartier, du pays, de l'autre, de la vie et celui, à coup sûr, de la scène. Et parce qu'au Québec l'amour passe aussi par l'attachement au hockey, le tout se déroule sur fond de patinoire et trouve son aboutissement dans une période supplémentaire où le décompte des derniers instants de jeu se fait au rythme des derniers battements de coeur du personnage.

    Chaussée de patins et vêtue d'une robe de lainage, Anne-Marie Olivier évolue sur une glace synthétique, dans un judicieux décor minimaliste surmonté d'une corde à linge. Un cabanon de bois, discret et parfaitement en accord avec le reste, permet d'abriter Mathieu Girard, le musicien et complice de jeu.

    Le texte que signe la comédienne a la qualité des plus belles fibres de la tradition orale. Il est tricoté dans la langue du quotidien, une langue coulante, fluide, fine, poétique, rugueuse et imagée. Mais plutôt que de s'enrouler dedans pour se tenir au chaud et se bercer au coin du feu, Anne-Marie Olivier l'endosse, la revêt et la déroule à souhait.

    Véritable Sainte Flanelle à elle seule, la comédienne offre une interprétation qui n'a rien à envier aux héros du hockey: elle travaille fort dans les coins, occupe toute la patinoire, effectue des montées qui soulèvent la foule et comble l'auditoire d'une magnifique échappée où elle « score », comme elle le dit, de tout son corps. C'est, pour reprendre le parler sportif, un tour du chapeau où Anne-Marie Olivier mérite la première étoile, où la mise en scène de Kevin McCoy nous confirme qu'il n'a pas joué sur le banc, où la finesse du multimédia de Lionel Arnould et les tricots de Marie-Ève Gagnon témoignent bellement du soutien des équipiers.

    Le Périscope célèbre cette année ses 25 ans. En présentant Annette, il peut souffler ses bougies et formuler un souhait.













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