La culture au sommet
La nouvelle conscience culturelle expliquée par Simon Brault
Photo : Photo Maxime Côté
Simon Brault, directeur de l’École nationale de théâtre, viceprésident du Conseil des arts du Canada et président-fondateur de Culture Montréal
Le Facteur C s'inscrit dans la suite naturelle des actions et du discours de Simon Brault, directeur de l'École nationale de théâtre, vice-président du Conseil des arts du Canada et président-fondateur de Culture Montréal, qui a participé activement au Rendez-vous Montréal, métropole culturelle (RVMMC).
L'ouvrage résume ses vibrants plaidoyers en faveur de la culture, dont il explique avec une passion juste assez raisonnée le nouveau rôle social et politique. S'il reprend beaucoup de choses déjà entendues (une répétition qu'il assume totalement puisqu'elle est essentielle à l'apprentissage, écrit-il), le livre a le mérite de rassembler toutes les manifestations de cette nouvelle conscience culturelle qui s'est mise en place depuis une dizaine d'années et d'en brosser ainsi un tableau, sur un ton souvent personnel.
La culture a envahi l'arène économique et politique, rappelle-t-il; elle compte presque autant que l'éducation et la santé, quand on mesure ses retombées sous l'angle de l'emploi et de la consommation de biens. Ce renversement majeur fait l'objet du premier chapitre.
Mais au-delà des chiffres et de sa capacité à se mettre en marché, la culture stimule la créativité, « puissant moteur de progrès », chez ceux qui s'y engagent. « L'art a indéniablement moins besoin d'une validation économique que le XXIe siècle aura besoin de l'apport créatif des artistes », écrit Simon Brault. C'est pourquoi il insiste sur l'importance de dépasser la seule logique de l'offre qui dicte les investissements publics depuis les années 60 pour « stimuler la participation culturelle au-delà de la stricte consommation ». Un tournant essentiel, juge-t-il, aussi pour tenter de freiner la croissance des non-publics, ceux qui ne participent pas du tout à la culture.
Le sujet du second chapitre débouche sur la contribution de la culture à la redéfinition des villes, et l'expérience montréalaise conclut l'ouvrage en laissant ouverte la question: Montréal est-il une métropole culturelle?
Le livre ressemble à son auteur: la culture y tient le premier rôle sans verser dans une rhétorique lourde ni dans l'éloge facile: on y trouve de l'analyse (notamment statistiques), un peu d'histoire, des anecdotes et des récits où se croisent ses aspirations personnelles et celles d'un Montréal en devenir: la rénovation du Monument-National, la création de Culture Montréal, le Rendez-vous Montréal, métropole culturelle, l'émergence des Journées de la culture. C'est ici que Le Facteur C fait tiquer. Lancé à la veille des 13es Journées de la culture, il rend un tel hommage à cet événement qu'il en perd un peu son sens critique. Signalons aussi le travail d'édition un peu bâclé de ce livre, l'éditeur ayant visiblement du mal à respecter ne serait-ce que les règles de base de la mise en page.
Chose certaine, l'ouvrage arrive probablement à point, deux ans après le RVMMC, pour fouetter à nouveau les ardeurs qui se sont peut-être refroidies un peu.
***
Le Facteur C
L'avenir passe par la culture
Simon Brault
Éditions Voix parallèles (La Presse)
Montréal, 2009, 166 pages
L'ouvrage résume ses vibrants plaidoyers en faveur de la culture, dont il explique avec une passion juste assez raisonnée le nouveau rôle social et politique. S'il reprend beaucoup de choses déjà entendues (une répétition qu'il assume totalement puisqu'elle est essentielle à l'apprentissage, écrit-il), le livre a le mérite de rassembler toutes les manifestations de cette nouvelle conscience culturelle qui s'est mise en place depuis une dizaine d'années et d'en brosser ainsi un tableau, sur un ton souvent personnel.
La culture a envahi l'arène économique et politique, rappelle-t-il; elle compte presque autant que l'éducation et la santé, quand on mesure ses retombées sous l'angle de l'emploi et de la consommation de biens. Ce renversement majeur fait l'objet du premier chapitre.
Mais au-delà des chiffres et de sa capacité à se mettre en marché, la culture stimule la créativité, « puissant moteur de progrès », chez ceux qui s'y engagent. « L'art a indéniablement moins besoin d'une validation économique que le XXIe siècle aura besoin de l'apport créatif des artistes », écrit Simon Brault. C'est pourquoi il insiste sur l'importance de dépasser la seule logique de l'offre qui dicte les investissements publics depuis les années 60 pour « stimuler la participation culturelle au-delà de la stricte consommation ». Un tournant essentiel, juge-t-il, aussi pour tenter de freiner la croissance des non-publics, ceux qui ne participent pas du tout à la culture.
Le sujet du second chapitre débouche sur la contribution de la culture à la redéfinition des villes, et l'expérience montréalaise conclut l'ouvrage en laissant ouverte la question: Montréal est-il une métropole culturelle?
Le livre ressemble à son auteur: la culture y tient le premier rôle sans verser dans une rhétorique lourde ni dans l'éloge facile: on y trouve de l'analyse (notamment statistiques), un peu d'histoire, des anecdotes et des récits où se croisent ses aspirations personnelles et celles d'un Montréal en devenir: la rénovation du Monument-National, la création de Culture Montréal, le Rendez-vous Montréal, métropole culturelle, l'émergence des Journées de la culture. C'est ici que Le Facteur C fait tiquer. Lancé à la veille des 13es Journées de la culture, il rend un tel hommage à cet événement qu'il en perd un peu son sens critique. Signalons aussi le travail d'édition un peu bâclé de ce livre, l'éditeur ayant visiblement du mal à respecter ne serait-ce que les règles de base de la mise en page.
Chose certaine, l'ouvrage arrive probablement à point, deux ans après le RVMMC, pour fouetter à nouveau les ardeurs qui se sont peut-être refroidies un peu.
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Le Facteur C
L'avenir passe par la culture
Simon Brault
Éditions Voix parallèles (La Presse)
Montréal, 2009, 166 pages
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