Une influence majeure
11 juillet 2009
Théâtre
Incendies de Wajdi Mouawad
Le Festival d'Avignon a joué un rôle important dans le développement du théâtre chez nous. Dès la fin des années 1950, les comédiens et les metteurs en scène d'ici venaient s'y ressourcer. Au début des années 1970, Le Devoir couvrait déjà l'événement puis, plus tard, nos grands festivals n'ont pu que s'en inspirer. Aujourd'hui, c'est tout l'espace francophone qui y constate l'évolution fulgurante des arts de la scène chez nous.
Avignon — Il y a déjà plus d'une dizaine d'années que les créateurs québécois sont invités à Avignon. Denis Marleau ouvrait le bal en 1996 et créait une très forte impression avec deux spectacles consacrant son statut de metteur en scène exceptionnel: Maîtres anciens de Thomas Bernhard et Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette avec la grande Andrée Lachapelle. Depuis, il revient régulièrement avec des spectacles qui tournent ensuite dans les salles européennes, comme Une fête pour Boris qui triomphe actuellement à La Chartreuse et qui se rendra jusqu'à Ljubljana, capitale de la Slovénie, après avoir été créé au Festival TransAmériques (FTA) il y a à peine quelques semaines. De quoi faire rêver d'envie Stephen Harper et sa brillante équipe...
Quant à Wajdi Mouawad, qui occupe une place prépondérante dans l'édition 2009 d'Avignon, il était déjà passé ici à deux reprises avec Littoral en 1998 et Seuls l'an dernier. La présence très forte cette année d'une foule de jeunes créateurs invités dans son sillage laisse-t-elle entrevoir des jours encore plus fastes?
Des questions pertinentes
Dès le départ défini par son fondateur Jean Vilar comme un lieu permettant à tous l'accès au théâtre, le Festival d'Avignon a passé de nombreuses années à rendre le répertoire français puis mondial accessible au plus grand nombre de spectateurs avant de se situer à la fine pointe de la recherche et de la création théâtrale. Depuis quelques décennies, Avignon a inspiré toute une génération de jeunes metteurs en scène et de comédiens québécois après avoir longtemps abreuvé les rêves des pionniers comme Andrée Lachapelle, qui racontait en début de semaine l'importance qu'a eue dans sa carrière le fait d'avoir vu la troupe de Vilar à Paris en 1953; d'Hélène Loiselle à Monique Miller, une foule d'autres pourraient témoigner de la même chose alors que le théâtre en était chez nous à ses premiers balbutiements. Mais voilà que cette 63e édition du festival fait beaucoup de place au Québec et que l'on peut s'interroger sur son impact, chez nous comme en France.
Première constatation: au coeur de la programmation du festival on retrouve un questionnement par rapport au récit et à la narration au théâtre. Près de la réalité et aux antipodes du réalisme, comme on peut le lire dans le programme du festival, l'oeuvre de Wajdi Mouawad pose des questions auxquelles les grandes scènes européennes arrivent difficilement à trouver des réponses. Si le théâtre prétend être un art vivant, peut-on encore y raconter des histoires alors que la violence et l'injustice sociale sévissent à peu près partout et, si oui, comment?
Comment, effectivement, et pour qui raconter ces histoires?
Comment rendre le théâtre accessible au plus grand nombre comme le souhaitaient déjà Vilar et son TNP (pour Théâtre national populaire)? Et quel genre de réponse la pratique théâtrale québécoise peut-elle apporter à cela? Hum?
Ce sont des questions pertinentes et importantes. Et il faut savoir reconnaître à Hortense Archambault et à Vincent Baudriller le mérite de les poser ouvertement en invitant Wajdi Mouawad à associer ses préoccupations à celles des organisateurs du festival.
Un petit élément de réponse réside évidemment dans l'impact du théâtre de Mouawad sur les gens ici, qui semblent laisser tomber leur carapace de cynisme devant la signification profonde d'une telle démesure. Mais aussi dans certains secteurs de publics essentiels que l'on a déjà appris à rejoindre et à toucher chez nous, comme, de façon très spécifique, les adolescents auxquels s'adresse déjà depuis longtemps le Théâtre Le Clou. Comme le hasard n'existe pas vraiment, on vous souligne comme ça en terminant que Benoît Vermeulen — qui est ici à Avignon — a fondé Le Clou, qu'il coanime toujours même s'il s'occupe aussi de la section jeunesse de la programmation du Centre national des arts... dirigé par Wajdi Mouawad.
Avignon — Il y a déjà plus d'une dizaine d'années que les créateurs québécois sont invités à Avignon. Denis Marleau ouvrait le bal en 1996 et créait une très forte impression avec deux spectacles consacrant son statut de metteur en scène exceptionnel: Maîtres anciens de Thomas Bernhard et Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette avec la grande Andrée Lachapelle. Depuis, il revient régulièrement avec des spectacles qui tournent ensuite dans les salles européennes, comme Une fête pour Boris qui triomphe actuellement à La Chartreuse et qui se rendra jusqu'à Ljubljana, capitale de la Slovénie, après avoir été créé au Festival TransAmériques (FTA) il y a à peine quelques semaines. De quoi faire rêver d'envie Stephen Harper et sa brillante équipe...
Quant à Wajdi Mouawad, qui occupe une place prépondérante dans l'édition 2009 d'Avignon, il était déjà passé ici à deux reprises avec Littoral en 1998 et Seuls l'an dernier. La présence très forte cette année d'une foule de jeunes créateurs invités dans son sillage laisse-t-elle entrevoir des jours encore plus fastes?
Des questions pertinentes
Dès le départ défini par son fondateur Jean Vilar comme un lieu permettant à tous l'accès au théâtre, le Festival d'Avignon a passé de nombreuses années à rendre le répertoire français puis mondial accessible au plus grand nombre de spectateurs avant de se situer à la fine pointe de la recherche et de la création théâtrale. Depuis quelques décennies, Avignon a inspiré toute une génération de jeunes metteurs en scène et de comédiens québécois après avoir longtemps abreuvé les rêves des pionniers comme Andrée Lachapelle, qui racontait en début de semaine l'importance qu'a eue dans sa carrière le fait d'avoir vu la troupe de Vilar à Paris en 1953; d'Hélène Loiselle à Monique Miller, une foule d'autres pourraient témoigner de la même chose alors que le théâtre en était chez nous à ses premiers balbutiements. Mais voilà que cette 63e édition du festival fait beaucoup de place au Québec et que l'on peut s'interroger sur son impact, chez nous comme en France.
Première constatation: au coeur de la programmation du festival on retrouve un questionnement par rapport au récit et à la narration au théâtre. Près de la réalité et aux antipodes du réalisme, comme on peut le lire dans le programme du festival, l'oeuvre de Wajdi Mouawad pose des questions auxquelles les grandes scènes européennes arrivent difficilement à trouver des réponses. Si le théâtre prétend être un art vivant, peut-on encore y raconter des histoires alors que la violence et l'injustice sociale sévissent à peu près partout et, si oui, comment?
Comment, effectivement, et pour qui raconter ces histoires?
Comment rendre le théâtre accessible au plus grand nombre comme le souhaitaient déjà Vilar et son TNP (pour Théâtre national populaire)? Et quel genre de réponse la pratique théâtrale québécoise peut-elle apporter à cela? Hum?
Ce sont des questions pertinentes et importantes. Et il faut savoir reconnaître à Hortense Archambault et à Vincent Baudriller le mérite de les poser ouvertement en invitant Wajdi Mouawad à associer ses préoccupations à celles des organisateurs du festival.
Un petit élément de réponse réside évidemment dans l'impact du théâtre de Mouawad sur les gens ici, qui semblent laisser tomber leur carapace de cynisme devant la signification profonde d'une telle démesure. Mais aussi dans certains secteurs de publics essentiels que l'on a déjà appris à rejoindre et à toucher chez nous, comme, de façon très spécifique, les adolescents auxquels s'adresse déjà depuis longtemps le Théâtre Le Clou. Comme le hasard n'existe pas vraiment, on vous souligne comme ça en terminant que Benoît Vermeulen — qui est ici à Avignon — a fondé Le Clou, qu'il coanime toujours même s'il s'occupe aussi de la section jeunesse de la programmation du Centre national des arts... dirigé par Wajdi Mouawad.
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