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Théâtre - Salade printanière

28 avril 2009  Théâtre
À l'instar même du climat qui semble ne plus trop savoir où donner de la tête à force de grimper puis de redescendre la colonne de mercure, la dernière semaine aura été une sorte de salade composée fort variée... et celle qui vient le sera encore plus!

J'aurai d'abord vu quatre spectacles, tous intéressants par un aspect ou un autre, dont deux absolument remarquables. On n'a d'ailleurs qu'à jeter un coup d'oeil sur l'offre de spectacles pour saisir très vite que, même si on arrive à la fin de saison, le choix est encore vaste et particulièrement riche... Montréal est toujours une ville de théâtre, on s'en rend compte dès que l'on veut voir le spectacle dont tout le monde parle, quel qu'il soit: le problème tient au fait que, quel que soit le moment dans la saison, les productions incontournables ne sont jamais accessibles. Essayez de trouver un billet pour Le Dragon bleu, au TNM, ou La Cigogne et le Coucou, à la Maison Théâtre...

C'est sans parler de tous ceux qui vont se précipiter pour voir Dans les charbons au nouveau Quat'Sous... que l'on inaugure ce soir avec une production signée Loui Mauffette que l'on vous présentait samedi dernier dans notre cahier Culture. Ceux qui n'auront pas pu être là pourront toutefois se reprendre vendredi soir, le 1er mai, après la représentation: à 21h30, Éric Jean et son équipe accueilleront, avec du maïs soufflé et même un DJ, tous les curieux et les fidèles qui voudront voir le nouvel édifice! Yeah! Belle idée cette Grande fête!

Mais en même temps, malgré toute cette vie grouillante dont nous ne venons d'évoquer que la plus mince surface, évidemment, on ne peut que sentir la fébrilité et en même temps la fragilité du milieu qui est en train de vivre une autre de ses cycliques crises de «croissance spontanée».

Allez faire un tour Aux Écuries, par exemple, dans le quartier Villeray, où l'on propose une production de la compagnie DuBunker: Je voudrais crever, un texte de Marc-Antoine Cyr mis en scène par Reynald Robinson. Le lieu est devenu (qui l'eut cru!) un point chaud de la jeune relève montréalaise avec ces autres salles «hot» que sont l'Espace Geordie et la Chapelle ou le Main Line, sur Saint-Laurent, pour les anglos et le MAI, dans le Mile End, pour les communautés dites «culturelles». Le milieu se transforme. Bouge. Considérablement. Et c'est précisément ce que tout le monde souhaite. Menfin, presque tout le monde...

Aux Écuries donc, rue Chabot, dans la belle salle de 120 places des Deux Mondes où la programmation inclura, dès la semaine prochaine, quelques événements du festival du Jamais Lu — le volet «jeunes publics» en fait —, vous sentirez le climat d'intensité dans lequel s'agite toute une nouvelle génération de comédiens plus ou moins fraîchement sortis des écoles. Ce sont de jeunes théâtreux enthousiastes, cela va de soi, mais il y a aussi qu'ils sont particulièrement entêtés, fonceurs et souvent fort inventifs au chapitre des solutions nouvelles.

Un gros morceau de l'avenir est là, c'est l'évidence même. Reste à savoir où et comment il va parvenir à prendre sa place, cet avenir, dans le contexte politique, économique, culturel (... soupirs) et même bureaucratique que nous connaissons tous.

Du CNA au O'Patro Vys...

Puisque la silhouette du Jamais Lu vient de se profiler à l'horizon, profitons-en pour corriger une erreur qui s'est glissée dans la chronique de la semaine dernière. Surtout qu'elle concerne la présence de Wajdi Mouawad...

Alors voilà. Contrairement à ce que l'on a pu lire ici même, c'est au O Patro Vys (et non au CNA) que Wajdi Mouawad animera une des discussions-rencontres du festival, consacrée à l'influence du territoire d'origine des auteurs sur leur oeuvre. L'événement porte le titre de Territoires identitaires. C'est là, avenue du Mont-Royal à Montréal, que Geoffrey Gaquère mettra en lecture, lundi prochain, le 3 mai, les textes de trois dramaturges franco-canadiens (Emma Haché, Luc Moquin et Gilles Poulin-Denis) avant que l'on se lance dans la discussion qui, elle, sera animée par Mouawad.

Toutes les activités du festival s'amorcent dès vendredi dans la salle de l'O Patro Vys à 20h avec Le Geai bleu d'Étienne Lepage; le texte sera mis en lecture par Catherine Vidal qui dirige Louise Bombardier, Pier Paquette, Patricia Nolin et plusieurs autres. Le lendemain, même heure, même endroit, on pourra entendre Martin Faucher dirigé par Martin Faucher lire un texte de Martin Faucher: Le pire reste à venir: chemin.

Si vous ne vous êtes encore jamais payé un morceau de Jamais Lu, voilà déjà là une bonne raison d'aller faire un tour du côté de l'O Patro Vys. On se renseigne là-dessus et sur le festival en général sur le site www.jamaislu.com.

... à Petits bonheurs

C'est aussi vendredi qu'on lancera la cinquième édition de Petits bonheurs, réservé aux petits spectateurs «de 0 à 6 ans» comme on dit dans le secteur. Le grand intérêt de la programmation de cette année réside dans les trois créations québécoises pour bébés qui y seront présentées; nous y reviendrons plus en détail samedi prochain. Pour tout de suite, il faut signaler le déferlement de spectacles offerts ce week-end dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Tout débute en matinée autour de 10h en trois endroits différents: le Centre communautaire Hochelaga vous donne l'occasion de voir ou même de revoir La Couturière de Jasmine Dubé, la Maison de la culture (MCH-M) accueille L'Abécédaire de Paul Kunigis puis Bach... à sable (dès 18 mois) de la compagnie belge La Guimbarde, pendant que le Collège Maisonneuve présente Le Bain de Jasmine Dubé — dont on verra aussi en chantier une troisième pièce destinée celle-là aux bébés dès 18 mois, La Pépinière, proposée mercredi et jeudi à la MCH-M. Samedi, la plupart de ces spectacles reviennent, mais on verra aussi arriver un classique du théâtre pour bébés, Uccellini de la compagnie Skappa qui roule partout depuis une bonne dizaine d'années et que l'on vous souhaite de pouvoir accrocher au passage. Dimanche, on pourra aussi revoir

Baobab du Théâtre Motus au Jardin botanique (dès trois ans) et Pekka du Théâtre des petites âmes au Centre des loisirs de Guybourg.

On trouvera les adresses des salles, la disponibilité et le prix des billets de même que les horaires de tous ces spectacles sur le site Internet du festival www.petitsbonheurs.ca ou en composant le 514 872-7727.

En vrac

- C'est l'occasion d'un dernier exercice public pour les finissants du Conservatoire et de l'École Nationale. Dans le tout nouveau théâtre Rouge du Conservatoire, on peut assister à Courts univers étranges, un collage de textes contemporains adaptés et mis en scène par Frédéric Blanchette à compter de demain jusqu'au 2 mai. L'entrée est gratuite, mais on doit se procurer un laissez-passer au 514 873-4283. À l'École nationale, ou plutôt au Bain Saint-Michel, c'est la chorégraphe Estelle Clareton qui dirige les finissants dans Au bout du fil d'Évelyne de la Chenelière; on se renseigne au 514 871-2224.

****

mbelair@ledevoir.com
 
 
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