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    Théâtre - Une bien jolie robe

    9 mars 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    Knoxville, petite ville du sud des États-Unis. Un mariage faste. Un banquet à la mesure (ou la démesure) du rêve américain, avec sa cohorte d'invités, de demoiselles et de garçons d'honneur. Un refuge: la chambre de Mérédith, soeur blessée de la mariée et demoiselle d'honneur oblige, le lieu où Alan Ball (créateur du percutant Six Feet Under et scénariste du mémorable American Beauty) situe l'action de Cinq filles avec la même robe.

    Une première production, comme une carte de visite, qui marque la volonté des Écornifleuses (Laurie-Ève Gagnon, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Valérie Marquis, Édith Patenaude) d'explorer, par le théâtre, leur vision féminine de la société, dans une traduction réussie que signent Édith Patenaude et Maxime Allen, metteur en scène de la pièce.

    Bien que la toile de fond bourgeoise se situe loin de nos réalités quotidiennes, on ne saurait nier le fait que cette pièce nous ramène à cette américanité qui est la nôtre et à ce désert affectif qui gagne du terrain sur tous les fronts: celui du mariage, de la liberté, du désir, et du simple fait d'aimer ou d'être aimé.

    Elles sont cinq comédiennes, donc, à porter une même robe, que l'on aurait souhaitée encore plus kitsch qu'elle ne l'est, une robe satinée dont elles se délesteront à un moment où à un autre pour nous dévoiler les dessous de leur personnage. Cinq femmes talentueuses, qui portent le texte avec élégance, panache, affirmation, abandon, souplesse et intelligence. Chacune bien campée dans son univers, chacune avec son jeu de couleurs et de nuances dans l'interprétation.

    Si de prime abord, le lieu scénographique conçu par Kate Lecours a de quoi séduire, avec ses voiles et ses rideaux, son lit central — tel un gâteau de noce trônant au centre de la table — ses lumières de Noël en arrière-scène et ses éléments suspendus (fenêtre, coin maquillage et affiche de Malcom X), il faut admettre que plus l'action évolue moins l'espace proposé remplit ses promesses. Ainsi, on se surprend à songer que le ciel de lit et les voiles auraient pu servir de prolongement au jeu du dévoilement auquel se prêtent les comédiennes, et à déplorer que l'allée centrale de la salle, utilisée comme entrée dans la chambre de Mérédith, force les comédiennes et le comédien, qui complète la distribution, à imposer leur jeu pour marquer l'entrée dans le lieu. De même, l'affiche de Malcom X, symbole silencieux mais essentiel, aurait avantage à être décalée afin de ne pas obstruer les mouvements d'Olivier Lépine quand il se retrouve près de la fenêtre.

    Un texte coup de foudre, une traduction digne de fiançailles, une distribution avec laquelle convoler, une mise en scène discrète qui épouse le naturel. Des épousailles où rire et réfléchir.

    ****

    Cinq filles avec la même robe

    Production: Les Écornifleuses. Texte: Alan Ball.

    Traduction : Édith Patenaude et Maxime Allen.

    À Premier Acte jusqu'au 24 mars












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