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    Théâtre - Bouffée printanière

    27 février 2009 |Sylvie Nicolas | Théâtre
    La solide distribution de la pièce Le Menteur contribue à recréer la magie du théâtre. Photo: Jonathan Robert
    Photo: La solide distribution de la pièce Le Menteur contribue à recréer la magie du théâtre. Photo: Jonathan Robert
    Première, hier soir, à la Bordée, du Menteur de Corneille, dans une mise en scène de Jacques Leblanc, un classique du XVIIe siècle, avec tout ce que cela soulève de retenues avant même le lever du rideau. Pourtant, il ne suffit que de cela, le lever du rideau, pour que s'effacent non seulement les retenues, mais le dernier souffle de cet hiver qui pèse sur beaucoup de gens, parce que ce Menteur, sous la direction de Leblanc, se révèle comme un véritable sacre du printemps.

    Paris, 1643, le jardin des Tuileries et la place Royale. Le regard de Dorante (Nicola-Frank Vachon), croise celui de la jeune Clarice (Krystel Descary), mais comme cette dernière est accompagnée de sa cousine Lucrèce (Alexandrine Warren), notre ambitieux jeune homme confondra les noms et multipliera les mensonges pour gagner le coeur d'une belle qui, en finale, ne sera pas celle qu'il convoitait. Des prémices un peu simplistes, certes, mais qui donnent lieu à un éventail de situations amusantes et finement ficelées dans leur exécution.

    Tout dans ce Menteur fait monter en soi la joie du théâtre. Et c'est là que la magie opère: dans la joie de voir sur scène une distribution qui porte, précisément, la joie. Celle de l'interprétation, du mouvement, du rythme, de la précision, de la rigueur, de la mécanique, du jeu d'ensemble, du texte et de son intrigue. Une joie qui se conjugue au pluriel: un solide Dorante, un Cliton (Christian Michaud) vif, agile et résolument présent, un adorable Géronte (Roland Lepage), un Alcippe (Lucien ratio) qui nous gagne dès qu'il entonne ses premières notes désespérées, flanqué de son valet, Philliste, au rôle plus effacé mais auquel Gabriel Fournier apporte un tendre soupçon de couleur, une Clarice et une Lucrèce dont la complicité ravit, et deux boniches drôlatiques à souhait: Sabine (France Larochelle) et Isabelle (Éva Saïda).

    Le décor conçu par Michel Gauthier, un heureux mélange de tradition et d'inventivité, se prête admirablement à toutes les mises en situation orchestrées par le metteur en scène. Une musique, des maquillages et des costumes qui ont la qualité de renouer avec la tradition tout en la trafiquant judicieusement. Des éclairages dont la signature se fait sentir avant même d'avoir lu le programme: ceux de Sonoyo Nishikawa, une artiste de la lumière qui nous rappelle que le soleil, la lune et le ciel continuent d'exister même entre quatre murs.

    Dans le mot qu'il signe à titre de directeur artistique de la Bordée, Jacques Leblanc conclut en rappelant le plaisir qu'a eu l'équipe à préparer ce spectacle. Jacques Leblanc ne ment pas. Le plaisir autant que la joie étaient présents hier soir. Affirmer le contraire serait mentir.

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    Collaboratrice du Devoir

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    Le Menteur

    Texte: Pierre Corneille. Mise en scène: Jacques Leblanc. Théâtre de la Bordée jusqu'au 21 mars












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