Howard Buten en spectacle ce soir - Lui-même et son double
Le Parisien d'adoption mène trois carrières de front dont celle avec son personnage Buffo
«Il est beaucoup plus difficile de faire rire que de faire pleurer» — Source Spectra
Buffo joue de la musique, cherche à communiquer et veut surtout être aimé. Son visage d'enfant porte la signature de la tristesse. Né à Detroit, son créateur Howard Buten vit à Paris et mène trois carrières de front: clown, auteur et psychologue clinicien. En même temps qu'est lancé «Il y a quelqu'un là-dedans», son essai consacré aux autismes, Howard Buten joue «Buffo» pour la première fois à Montréal.
Le jour, Howard Buten se consacre aux autistes dans un centre spécialisé qu'il dirige en banlieue de Paris. Autrement, il écrit. Mais Buffo, son double improbable, n'est pas né sur papier; «Il m'est venu tout naturellement», explique Buten, «et il évolue en permanence. Au début, il parlait beaucoup; avec le temps, il est devenu presque muet, sans que je m'en rende compte». Buffo est un clown sympathique, attirant, mais toujours en porte-à-faux avec la prétendue normalité, à contretemps de la société. Il n'est pas de ceux qui réfléchissent. Pour toucher le spectateur, il n'a que son innocence.
Faire ou ne pas faire
«Dans chaque discipline artistique, il y a des créateurs qui arrivent à se mettre momentanément dans un état très primaire, le temps de quelques secondes, explique Buten. On se trouve alors en présence de sons ou de gestes absolument purs, qui ont la qualité de ceux d'un bébé, et ce, sans décision de l'artiste. Ce sont des gestes ultra-simples mais très beaux, innocents et vrais». Il cite en exemple Armstrong, le trompettiste, Joyce, l'écrivain... et Jean Derome, créateur des ambiances sonore du dernier Studio littéraire consacré à Raymond Queneau auquel il a assisté mercredi dernier. «Pour atteindre à cette qualité d'innocence, il s'agit non plus de faire quelque chose, mais de cesser de faire!», explique-t-il. Tout l'art de Buffo est là.
Son spectacle est parfaitement rodé, minutieusement réglé. «Dans l'art de faire rire comme dans tous les autres arts, il faut une prédisposition, un talent; le travail fait le reste. Car il est beaucoup plus difficile de faire rire que de faire pleurer un public payant», explique Buten qui a étudié à l'école du cirque Barnum. «On apprend l'art de la pause ou de l'accélération sur le tas. Au fond, c'est une affaire de rythme, de musique; un numéro qui dure six minutes paraîtra trop long s'il dure 20 secondes de plus». Un clown ne doit pas forcément savoir faire plusieurs choses. «Mais devant des adultes, plus il s'exécute avec virtuosité, plus ses dérapages feront rire», souligne Buten.
Dans un sketch dont il est particulièrement fier, Buffo raconte une blague au public: «son langage est incompréhensible mais on saisit que c'est une blague et qu'il y aura une chute. À la fin, Buffo oublie la chute!».
Ses maîtres: Chaplin qui offrait un très large spectre d'émotions allant du burlesque au pathétique; le clown musicien Raymond Devos, et Grock, surtout, le clown suisse qui a perfectionné toute sa vie un numéro au piano qui a fait sa renommée. «Grock jouait très juste son personnage, on y croyait. La crédibilité augmente le rire.» Buten raconte qu'à un moment donné, Buffo joue de la trompette et se coince la langue dans l'embouchure; «Il y a des citations dans Buffo; Zavatta et Jerry Lewis ont déjà exploité ce truc. En le faisant, je dois le faire avec une telle vérité que les spectateurs aient l'impression de le voir pour la première fois c'est l'héritage que je tiens de Grock.» Howard Buten est très heureux de jouer Buffo à Montréal; «Buffo va avoir 30 ans; le spectacle est une gerbe de ses meilleurs numéros.»
Au Théâtre du Rideau Vert à l'occasion du Festival Montréal en Lumière du 18 au 23 février.
Le jour, Howard Buten se consacre aux autistes dans un centre spécialisé qu'il dirige en banlieue de Paris. Autrement, il écrit. Mais Buffo, son double improbable, n'est pas né sur papier; «Il m'est venu tout naturellement», explique Buten, «et il évolue en permanence. Au début, il parlait beaucoup; avec le temps, il est devenu presque muet, sans que je m'en rende compte». Buffo est un clown sympathique, attirant, mais toujours en porte-à-faux avec la prétendue normalité, à contretemps de la société. Il n'est pas de ceux qui réfléchissent. Pour toucher le spectateur, il n'a que son innocence.
Faire ou ne pas faire
«Dans chaque discipline artistique, il y a des créateurs qui arrivent à se mettre momentanément dans un état très primaire, le temps de quelques secondes, explique Buten. On se trouve alors en présence de sons ou de gestes absolument purs, qui ont la qualité de ceux d'un bébé, et ce, sans décision de l'artiste. Ce sont des gestes ultra-simples mais très beaux, innocents et vrais». Il cite en exemple Armstrong, le trompettiste, Joyce, l'écrivain... et Jean Derome, créateur des ambiances sonore du dernier Studio littéraire consacré à Raymond Queneau auquel il a assisté mercredi dernier. «Pour atteindre à cette qualité d'innocence, il s'agit non plus de faire quelque chose, mais de cesser de faire!», explique-t-il. Tout l'art de Buffo est là.
Son spectacle est parfaitement rodé, minutieusement réglé. «Dans l'art de faire rire comme dans tous les autres arts, il faut une prédisposition, un talent; le travail fait le reste. Car il est beaucoup plus difficile de faire rire que de faire pleurer un public payant», explique Buten qui a étudié à l'école du cirque Barnum. «On apprend l'art de la pause ou de l'accélération sur le tas. Au fond, c'est une affaire de rythme, de musique; un numéro qui dure six minutes paraîtra trop long s'il dure 20 secondes de plus». Un clown ne doit pas forcément savoir faire plusieurs choses. «Mais devant des adultes, plus il s'exécute avec virtuosité, plus ses dérapages feront rire», souligne Buten.
Dans un sketch dont il est particulièrement fier, Buffo raconte une blague au public: «son langage est incompréhensible mais on saisit que c'est une blague et qu'il y aura une chute. À la fin, Buffo oublie la chute!».
Ses maîtres: Chaplin qui offrait un très large spectre d'émotions allant du burlesque au pathétique; le clown musicien Raymond Devos, et Grock, surtout, le clown suisse qui a perfectionné toute sa vie un numéro au piano qui a fait sa renommée. «Grock jouait très juste son personnage, on y croyait. La crédibilité augmente le rire.» Buten raconte qu'à un moment donné, Buffo joue de la trompette et se coince la langue dans l'embouchure; «Il y a des citations dans Buffo; Zavatta et Jerry Lewis ont déjà exploité ce truc. En le faisant, je dois le faire avec une telle vérité que les spectateurs aient l'impression de le voir pour la première fois c'est l'héritage que je tiens de Grock.» Howard Buten est très heureux de jouer Buffo à Montréal; «Buffo va avoir 30 ans; le spectacle est une gerbe de ses meilleurs numéros.»
Au Théâtre du Rideau Vert à l'occasion du Festival Montréal en Lumière du 18 au 23 février.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

