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Festival TransAmériques - La ville est... théâtre!

22 mai 2008  Théâtre
Une scène tirée de l’un des trois spectacles qui lancent aujourd’hui le Festival TransAmériques: mady-baby.edu, écrit et mis en scène par Gianina Carbunariu. En roumain, avec sur-titres français et anglais, la pièce met en relief sur un mode g
Une scène tirée de l’un des trois spectacles qui lancent aujourd’hui le Festival TransAmériques: mady-baby.edu, écrit et mis en scène par Gianina Carbunariu. En roumain, avec sur-titres français et anglais, la pièce met en relief sur un mode g
Ça y est: la deuxième édition du Festival TransAmériques (FTA) démarre, officiellement ce soir, sur les chapeaux de roues avec pas moins de trois premières nord-américaines. Et avec l'ouverture du FTA, aussi bien le noter tout de suite, c'est la saison presque ininterrompue des festivals de l'été qui se met aussi en branle dans le centre-ville...

Jusqu'au 5 juin, durant 14 jours exactement, le festival international consacré à la danse et au théâtre proposera une bonne vingtaine de spectacles, la moitié en danse, l'autre en théâtre. Au programme également, deux «événements extérieurs» gratuits offerts: le premier, Melt, sur l'esplanade de la Place des Arts dès ce midi à compter de 12h15; le second, La Marea, sur toute la longueur de la petite rue Émery, dès lundi, une fois la nuit venue.

Présent, qu'il sera, le FTA cette année!

Dans les faits, on le verra partout dans une bonne vingtaine de lieux différents répartis jusqu'aux pourtours mêmes dudit «Quartier des spectacles». Des quais du Vieux-Port, au sud, jusqu'à l'Espace Go et l'Espace libre, rue Fullum, et au Windsor, dans l'ouest. Quatorze jours, près de 100 représentations de 22 spectacles proposés par ceux et celles qui partout sont considérés comme les têtes chercheuses de la création, quatre lectures aussi d'auteurs d'ici, deux expositions, des rencontres avec les créateurs sur des thèmes comme «Percuter les espaces de création», «Travailler le réel au théâtre» ou «Tchekhov notre contemporain»...

Ça y est, oui: le FTA est bien là!

Impact et stimulations

Mais rappelons d'abord, pour les quelques rares extraterrestres qui ne connaîtraient pas encore l'existence du nouveau FTA, que le festival, né l'an dernier, est le rejeton tout à fait légitime de deux événements internationaux implantés à Montréal dans les années 1980: le Festival de théâtre des Amériques (FTA) et le Festival international de nouvelle danse (FIND). Dirigé, depuis la fondation du premier Festival des Amériques, en 1987, par Marie-Hélène Falcon, le FTA, qui fusionne aujourd'hui les deux disciplines, est présenté sur une base annuelle depuis 2007, alors qu'il ne revenait que tous les deux ans dans sa première double incarnation. Depuis plus d'une vingtaine d'années, c'est au FIND et au FTA que tout le milieu des créateurs et le public en général ont pu avoir accès à ce qui se faisait — et qui se fait encore! — de plus innovateur en danse comme en théâtre à travers le monde. Rien de moins.

De Platel à Castelluci en passant par les dramaturgies et les créateurs de l'ancienne Europe de l'Est et de l'Amérique du Sud sinon de l'Afrique, c'est le FTA qui a amené ici les démarches les plus «redéfinissantes» et les plus «dérangeantes», on le sait: mais son impact sur le milieu est-il encore aussi déterminant, aussi majeur?

Marie-Hélène Falcon soutient, elle, que la vocation première du FTA est toujours la même: la création. «Création. Audace. Ce sont les deux premiers mots qui me viennent si vous me demandez de qualifier ce que je veux que soit le festival. Et je pense que c'est ce qu'il est: à boire et à manger pour tous, les artistes comme les curieux en tous genres. Il y a six, non, sept premières mondiales qui vont prendre l'affiche cette année et ça me réjouit... Le festival doit être une source d'inspiration, un renforcement positif qui fait que les artistes d'ici se permettent de repousser encore plus les frontières de la création.»

Mais il faut aussi être conscient de l'élan contraire du balancier. Le comédien et metteur en scène Yves Desgagné, par exemple, un fidèle du FTA depuis ses débuts, estime que les deux dernières éditions de l'événement ont pris une tournure un peu trop pointue, presque «élitiste, réservée aux "happy few"». Desgagné est davantage tourné vers un public plus large maintenant qu'il fréquente beaucoup les plateaux de cinéma et les studios de télé, et il n'est pas du tout étonnant que le réalisateur exprime une telle opinion qui correspond finalement à l'évolution de son travail... Mais c'est une opinion que ne partage absolument pas le chorégraphe Pierre-Paul Savoie. Au contraire.

«Vous savez, moi, je n'ai jamais fait de grandes différences entre la danse et le théâtre: la chorégraphie est une mise en espace, comme la mise en scène. Au théâtre comme en danse, c'est à l'humain qu'on va et ce que je vois chaque année au festival est pour moi une nourriture essentielle, une source d'inspiration, une ouverture. Surtout que l'on a l'occasion de voir ici ce qui se fait de plus exigeant et de plus novateur un peu partout sur la planète... Et puis, les deux milieux s'influencent beaucoup parce que leurs frontières se touchent. La danse défriche le territoire à partir du corps et ça fait beaucoup réfléchir les créateurs de théâtre. Des metteurs en scène comme Martin Faucher, Yves Poissant ou Brigitte Haentjens se posent ce genre de questions. Tout comme plusieurs chorégraphes. Les échanges sont nombreux, sains, stimulants. Et c'est au FTA qu'ils sont, certainement, parmi les plus intenses et les plus riches.»

Marges et redéfinitions

Création, intensité, échange: des mots qui reviennent souvent et qui caractérisent bien, il faut l'avouer, un festival comme le FTA, dont l'existence même présuppose l'audace, les insoumissions les plus diverses et les provocations en tous genres. Que l'on perçoive encore, ou non, plus ou moins, l'impact réel et la portée d'un tel événement, il reste que c'est toujours dans les marges — en rouge souvent — que s'écrivent les commentaires qui comptent. Les plus pertinents aussi. Ceux qui ressemblent à une invitation à pousser plus loin...

Josette Féral, professeure à l'École supérieure de théâtre de l'UQAM et auteure de nombreux essais sur le théâtre, n'a absolument aucune hésitation: pour elle, le Festival TransAmériques est tout simplement «indispensable». «J'estime, explique-t-elle, que le milieu de la scène est frileux ici par rapport à ce qui se fait ailleurs en Europe et un peu partout. Heureusement qu'il y a le FTA! On voit là des formes et des propositions qu'on ne peut voir nulle part ailleurs. Des choses stimulantes qui marquent... À l'UQAM, nous invitons fortement nos étudiants en théâtre [le festival leur offre des tarifs spéciaux] à suivre assidûment le festival: c'est important qu'ils voient un théâtre qui parle d'aujourd'hui dans des formes neuves, non traditionnelles... C'est une bulle d'oxygène. Le seul véritable lieu où l'on entre en contact avec des formes qui renouvellent le théâtre... Et le fait, par exemple, d'y présenter et de la danse et du théâtre est une fort belle idée; les frontières sont de plus en plus floues entre les deux disciplines. Tout cela appelle des redéfinitions... »

Si c'est ce que vous cherchez — et sous réserve bien sûr qu'il reste encore des billets —, voici quelques suggestions qui devraient suffire à vous faire remettre en question la plupart de vos certitudes sur l'existence en général. En théâtre: L'Invisible de Marie Brassard et un étrange doublé Tchekhov, Seagull-play (La Mouette) dans la mise en scène du Brésilien Enrique Diaz et Iwanow produit par la Volksbühne de Berlin. Et en danse: Is you me de Benoît Lachambre avec Louise Lecavalier, aKabi du chorégraphe turc Aydin Teker et Orphée et Eurydice de Marie Chouinard.

Si vous en voulez encore plus, n'hésitez pas à plonger dans le site Internet du festival (www.fta.qc.ca) ou, encore mieux, à aller assister aux rencontres avec les créateurs des spectacles à l'Agora du complexe des sciences de l'UQAM. On peut aussi se renseigner au 514 844-3822.






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Vos réactions

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  • Michel Simard
    Abonné
    vendredi 23 mai 2008 03h20
    Bravo
    « Bravo au festival Trans Amériques et merci de nous offrir de si beaux moments ! »

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