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Tam Teatromusica - Tout en gestes !

Un AL di LA pour les bouts de chou

Martine Letarte   19 avril 2008  Théâtre
Flavia Bussolotto dans AL di LA, du Tam Teatromusica
Flavia Bussolotto dans AL di LA, du Tam Teatromusica
Souvent critiquées, l'ouverture des frontières et la mondialisation n'ont pas que de mauvais côtés. La preuve: les petits enfants montréalais auront bientôt la chance de découvrir «AL di LA», une oeuvre de la compagnie italienne phare dans le monde du théâtre pour les bouts de chou, le Tam Teatromusica. La Maison Théâtre accueillera donc les curieux pour ce spectacle d'ombres qui s'adresse aux enfants de deux à quatre ans du 13 mai au 1er juin. Une oeuvre qui traverse facilement les frontières.

AL di LA est une pièce composée d'ombres et de lumière, de présences et d'absences, de sons et de silences. L'oeuvre, qui repose sur une femme et un homme (Flavia Bussolotto et Marco Tizianel), est toute en contraste pour mieux expliquer la relation entre deux êtres. Il est question notamment de la nécessité de se séparer pour mieux se retrouver.

«Nous avons construit la pièce à partir du thème de la séparation et nous l'avons travaillée à partir d'objets et de décors. Évidemment, l'ombre est un élément important du spectacle, puisqu'elle sert à illustrer quelqu'un qu'on garde en mémoire, quelqu'un qui n'est pas proche physiquement, mais bien présent en pensées. De plus, l'ombre évoque toujours quelque chose de très fort chez l'enfant, alors on s'en sert beaucoup pour évoquer des choses», explique la comédienne Flavia Bussolotto dans un bon français coloré d'un bel accent italien.

Un travail de recherche

Flavia Bussolotto a participé à la création de AL di LA avec Laurent Dupont, l'un des fondateurs de la compagnie et grand pionnier du théâtre pour les très petits. «Laurent Dupont a une grande expérience de travail de recherche dans le domaine du théâtre avec les très jeunes enfants. En travaillant avec lui, j'ai appris à m'approcher du langage poétique des tout-petits, à m'imaginer leur univers», indique-t-elle.

Le monde du Tam Teatromusica est rempli d'images et de sons, mais comprend très peu de mots. «Pour nous, la communication passe par les gestes, les corps et les matières. Les mots sont parfois présents, d'autres fois non, mais ce n'est vraiment pas la seule manière de communiquer pour nous. Et ça, c'est pour tous nos spectacles, même pour ceux qui s'adressent à un public adulte. En fait, c'est une orientation de la compagnie. Ainsi, nous cherchons à aller à l'essentiel. C'est pour ça que notre démarche de recherche prend beaucoup de temps», précise Flavia.

Ainsi, lorsque l'équipe du Tam Teatromusica a créé AL di LA, elle avait en tête l'idée théorique et abstraite de la séparation. Ensuite, pour arriver à communiquer cette réalité aux petits enfants, les créateurs ont étudié la matière, essayé de trouver celle qui serait la plus significative pour parler du thème. «Nous avons choisi les ombres et nous avons décidé de jouer beaucoup avec les archétypes féminins et masculins. Par exemple, à l'aide d'un cerceau, nous avons fait le corps de la femme tout rond, pour référer à la maternité, alors que celui de l'homme a des angles rectangulaires», explique-t-elle.

Un spectacle qui voyage bien

AL di LA est donc un spectacle tout en images, en évocations et en symboles puissants. L'histoire visuelle et musicale se termine avec une petite poésie, qui sera dite en français pour l'occasion. Un tel spectacle est donc parfait pour traverser les frontières sans embûches. «C'est évident que notre jeu est très physique. Nous jouons sur scène, nous dessinons, nous habitons l'espace quoi!», ajoute l'interprète.

D'ailleurs, le spectacle a été créé en 2003 et depuis, il a été présenté à plusieurs reprises en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne et évidemment, partout en Italie. «Ce sera toutefois notre première fois en Amérique du Nord, se réjouit Flavia. Mais comme le spectacle voyage très bien grâce à son langage universel, je suis certaine que la réaction sera bonne aussi de votre côté de l'océan.»

Un type de théâtre encore peu valorisé

Créé en 1980 et comptant maintenant une douzaine d'employés, le Tam Teatromusica est une compagnie pionnière dans le domaine du théâtre pour jeunes enfants en Italie. Toutefois, là-bas comme ailleurs, il est difficile de réussir à faire reconnaître et à assurer la survie de ce type d'art.

«Dans toutes les villes en Italie, le théâtre jeunesse est très important et organisé autour des enfants de la maternelle et de l'école primaire. Ce type de théâtre est très diffusé et les gens sont très sensibilisés à l'importance de cette forme d'art. Mais à partir du moment où l'on tente de rejoindre les tout-petits, c'est beaucoup plus difficile», indique Flavia.

Si l'auteure et comédienne dénonce la difficulté de financer ce théâtre pour bouts de chou en Italie, notamment parce que les pièces doivent être intimes, donc accueillir un nombre limité de spectateurs à chaque représentation, elle remarque un nouvel intérêt pour cette forme d'art depuis peu.

«Le théâtre pour les tout-petits existe depuis environ 25 ans, mais c'était très difficile à cette époque d'être diffusé. Nous avons travaillé très fort depuis ce temps et maintenant, on remarque que les gens et les institutions commencent à être plus sensibles à notre travail. Entre autres, nous avons commencé à faire des projets avec les crèches [les CPE italiens]. Nous présentons des spectacles aux enfants et nous formons les éducatrices pour leur permettre de mieux comprendre le sens du théâtre pour tout-petits, le langage utilisé par les artistes, etc.»

Ainsi, après l'Italie et le reste de l'Europe, Montréal aura la chance de découvrir l'expertise du théâtre pour les tout-petits développée par le Tam Teatromusica grâce à ses nombreuses années de recherche et d'expérimentation.

***

Collaboratrice du Devoir

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AL di LA est présentée à la Maison Théâtre du 13 mai au 1er juin. Pour les 2 à 4 ans
 
 
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