Lettres: Bravo, Toc Toc?
La pièce de théâtre Toc Toc a remporté cette année le «prix Juste pour rire pour le spectacle en salle ayant le plus marqué le festival».
J'ai récemment vu cette pièce, adaptée d'une pièce de l'Hexagone. Elle est dynamique, vivante, pleine de rebondissements, de bons mots, de situations cocasses, et la chute est plutôt inattendue.
Cette pièce est servie par des comédiens chevronnés. En bref, c'est l'histoire de six patients qui attendent dans la salle d'attente d'un psychiatre renommé. Chacun est atteint de troubles obsessionnels compulsifs. Je comprends que cette pièce ait été adaptée pour le public québécois. Ce qui se dit et se comprend en France ne se dit pas et ne se comprend pas forcément au Québec.
Bravo.
Un des personnages est cependant d'une crudité, d'une obscénité et d'une grossièreté qui dépassent l'entendement, la mesure du tolérable en français, en québécois et en joual.
Regrettable.
Faut-il qu'un texte soit de la plus basse vulgarité, faut-il qu'un texte soit scatologique pour être apprécié de l'auditoire?
Je ne le crois pas.
Faut-il qu'un texte soit d'une insolence verbale malsonnante pour aller chercher des applaudissements nourris?
Non, pas du tout.
Cette place au théâtre national du boulevard Saint-Laurent m'avait été offerte. Je n'ai donc pas voulu gâcher la soirée de mon cicérone. Si j'avais dû payer ce billet, j'aurais alors quitté la salle — bondée — dans la demi-heure qui a suivi le lever de rideau. La publicité ne parlait pas clairement de cet aspect hautement trivial. Morbleu, quelle agression verbale, quelle bassesse facile dans la culture de langue française!
Et la pièce s'est terminée non pas par un tollé mais... par une ovation. Tout comme au sujet du film Les Simpson - Le film, est-ce là le reflet de notre société?
J'en suis resté et en reste encore bouche bée.
Il est vrai que nous sommes tellement bombardés de mots grossiers, d'un vocabulaire de corps de garde, que personne ne fait plus attention à la valeur, à la sonorité, aux connotations des mots. Il suffit de regarder le petit écran, où on nous parle sans pudeur des bienfaits de l'imodium, d'infections vaginales aux levures et autres publicités de détergent qui tournent trop souvent autour des cuvettes de toilette.
Bravo, Toc Toc? Notre monde est bel et bien malade, disons-le: il est toc toc.
J'ai récemment vu cette pièce, adaptée d'une pièce de l'Hexagone. Elle est dynamique, vivante, pleine de rebondissements, de bons mots, de situations cocasses, et la chute est plutôt inattendue.
Cette pièce est servie par des comédiens chevronnés. En bref, c'est l'histoire de six patients qui attendent dans la salle d'attente d'un psychiatre renommé. Chacun est atteint de troubles obsessionnels compulsifs. Je comprends que cette pièce ait été adaptée pour le public québécois. Ce qui se dit et se comprend en France ne se dit pas et ne se comprend pas forcément au Québec.
Bravo.
Un des personnages est cependant d'une crudité, d'une obscénité et d'une grossièreté qui dépassent l'entendement, la mesure du tolérable en français, en québécois et en joual.
Regrettable.
Faut-il qu'un texte soit de la plus basse vulgarité, faut-il qu'un texte soit scatologique pour être apprécié de l'auditoire?
Je ne le crois pas.
Faut-il qu'un texte soit d'une insolence verbale malsonnante pour aller chercher des applaudissements nourris?
Non, pas du tout.
Cette place au théâtre national du boulevard Saint-Laurent m'avait été offerte. Je n'ai donc pas voulu gâcher la soirée de mon cicérone. Si j'avais dû payer ce billet, j'aurais alors quitté la salle — bondée — dans la demi-heure qui a suivi le lever de rideau. La publicité ne parlait pas clairement de cet aspect hautement trivial. Morbleu, quelle agression verbale, quelle bassesse facile dans la culture de langue française!
Et la pièce s'est terminée non pas par un tollé mais... par une ovation. Tout comme au sujet du film Les Simpson - Le film, est-ce là le reflet de notre société?
J'en suis resté et en reste encore bouche bée.
Il est vrai que nous sommes tellement bombardés de mots grossiers, d'un vocabulaire de corps de garde, que personne ne fait plus attention à la valeur, à la sonorité, aux connotations des mots. Il suffit de regarder le petit écran, où on nous parle sans pudeur des bienfaits de l'imodium, d'infections vaginales aux levures et autres publicités de détergent qui tournent trop souvent autour des cuvettes de toilette.
Bravo, Toc Toc? Notre monde est bel et bien malade, disons-le: il est toc toc.
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