Théâtre - Retour aux sources
Forme simple permettant un contact direct avec le public, et exigeant un minimum de moyens, le conte fait un retour en force ces dernières années. Un véritable retour à cette base que sont le texte et la voix humaine. Les contes que Suzane O'Neill fait vivre à la Petite Licorne — les dimanches, lundis et mercredis — n'ont rien d'urbain. Récits maritimes, ruraux, initiatiques ou fantastiques, ils sont généralement très simples. Ils mettent en vedettes des marins fantômes, des princesses capricieuses ou des princes maléfiques, des gamins espiègles ou des villageoises bossues embellies par miracle.
Avec leurs rimes naïves et leurs touches d'humour, ses historiettes ne manquent pas de charme. Certains contes semblent toutefois s'étirer indûment, manquant de punch, comme La Légende du vieux diable et L'Ami de Jack. Suzane O'Neill paraît plus à l'aise avec la forme courte — par exemple la diminutive et fort mignonne Tite histoire —, où elle donne du rythme à ses textes. Le délicieux conte final, La P'tite Mautadite Princesse, impose ainsi une sorte de refrain à un récit qui progresse par bonds temporels de cinq ans.
Surtout, la manière franche de la conteuse y est pour beaucoup, elle qui raconte avec tant de conviction qu'elle finit par nous happer dans son univers. Malgré quelques hésitations le soir où j'assistais à la représentation, Suzane O'Neill apporte beaucoup d'expression à ses différents personnages. Entre les contes, l'interprète entonne quelques chansons a cappella, dont une assez poignante proche du récitatif.
Ses consoles techniques à portée de main sur la petite scène, Suzane O'Neill règle elle-même l'éclairage et manipule les effets sonores, faisant naître tout un monde par la voix et par les doigts. Bruitage, cris d'animaux, tempête, vieux rafiots qui craquent, vent qui souffle: l'illustration sonore conçue par Lorraine Auger enveloppe les contes d'une ambiance évocatrice.
Collaboratrice du Devoir
Avec leurs rimes naïves et leurs touches d'humour, ses historiettes ne manquent pas de charme. Certains contes semblent toutefois s'étirer indûment, manquant de punch, comme La Légende du vieux diable et L'Ami de Jack. Suzane O'Neill paraît plus à l'aise avec la forme courte — par exemple la diminutive et fort mignonne Tite histoire —, où elle donne du rythme à ses textes. Le délicieux conte final, La P'tite Mautadite Princesse, impose ainsi une sorte de refrain à un récit qui progresse par bonds temporels de cinq ans.
Surtout, la manière franche de la conteuse y est pour beaucoup, elle qui raconte avec tant de conviction qu'elle finit par nous happer dans son univers. Malgré quelques hésitations le soir où j'assistais à la représentation, Suzane O'Neill apporte beaucoup d'expression à ses différents personnages. Entre les contes, l'interprète entonne quelques chansons a cappella, dont une assez poignante proche du récitatif.
Ses consoles techniques à portée de main sur la petite scène, Suzane O'Neill règle elle-même l'éclairage et manipule les effets sonores, faisant naître tout un monde par la voix et par les doigts. Bruitage, cris d'animaux, tempête, vieux rafiots qui craquent, vent qui souffle: l'illustration sonore conçue par Lorraine Auger enveloppe les contes d'une ambiance évocatrice.
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