Tous coupables, tous corrompus
Berlin – Depuis qu’il a été nommé en 1999 directeur de la Schaubühne, haut lieu du théâtre berlinois, Thomas Ostermeier entretient avec le...
Berlin – Depuis qu’il a été nommé en 1999 directeur de la Schaubühne, haut lieu du théâtre berlinois, Thomas Ostermeier entretient avec le théâtre d’Henrik Ibsen une relation soutenue. « Il y a deux ou trois grands classiques auxquels il faut sans cesse revenir, explique le metteur en scène sur la terrasse du Radialsystem V, un espace de création, de débat et de représentation emblématique du nouveau Berlin. À mon avis, parmi ces quelques classiques, il y a Ibsen, dont les pièces font beaucoup penser à notre époque. On y trouve les contraintes de la société bourgeoise, le souci de la perte du statut social, ces pressions publiques et privées qui sont encore aujourd’hui au coeur de nos questionnements sur le bonheur. J’oserais même dire que, de nos jours, pour apaiser nos inquiétudes, celles suscitées par la chute des utopies, nous avons tendance à revenir à cet esprit du XIXe siècle où les valeurs de la nation, de la religion, de la famille et de la carrière dominent. En fait, il est presque scandaleux que les pièces d’Ibsen nous parlent encore à ce point. »
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