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    Critique télé

    «Tourlou 2017»: n’ajustez pas votre appareil

    3 janvier 2018 |Manon Dumais | Télévision
    La distribution judicieuse des sujets est l’un des meilleurs coups de cette revue de fin d’année.
    Photo: Élisabeth Cloutier La distribution judicieuse des sujets est l’un des meilleurs coups de cette revue de fin d’année.

    L’arrivée de Trump à la Maison-Blanche, la menace nord-coréenne, la vente des CSeries de Bombardier à Airbus, le dossier Netflix et l’affaire Weinstein ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles on ne regrettera pas 2017. Et celles-ci n’ont pas échappé à la vigilance des Appendices qui, avec Tourlou 2017, leur première revue de fin d’année, nous font regretter leur présence hebdomadaire.

     

    Touffue, échevelée, décalée, ludique, inventive : cette première édition porte bien la marque des Appendices. Certes, ils ne s’attireront pas de nouveaux adeptes. On imagine l’air ahuri des non-initiés devant Jacquelin (Jean-François Provençal) et Joçalain (Jean-François Chagnon) qui font entrer Internet dans le monde réel, le sketch en dessin animé du Détective privé, où Vladimir Poutine et Jay Du Temple trafiquent les résultats d’Occupation double Bali, ou Le monde de Mario la marionnette, séquence psychotronique sur le réchauffement climatique. Cependant, les Appendices raviront leurs fidèles, qui souhaiteront que Tourlou devienne une tradition annuelle.

     

     

    De belles retrouvailles

     

    Si l’on a souvent reproché aux Bye Bye des dernières années de carburer à la télé et à la culture pop, les Appendices ont eu la bonne idée de ratisser plus large. Pas besoin de connaître par coeur la grille horaire de Radio-Canada ou de TVA ni les tubes de l’heure pour savourer les (très) nombreux gags et clins d’oeil qui fusent pendant cette heure étourdissante où les sept complices tapent sur les événements marquants, les courants de société et les tendances lourdes de l’année par la bouche de leurs personnages.

     

    Ainsi, Guy (Anne-Élisabeth Bossé) et René (Sonia Cordeau), nos bien-aimés Rois de la Main, se moquent des convictions des végétaliens et saluent les victimes des inondations ; le coincé sergent Alain Émond (Dominic Montplaisir) des Lois expliquées nous éclaire sur la légalisation du cannabis et sur le mariage entre conjoints du même sexe ; Louise (Sonia Cordeau), l’éternelle enrhumée, gère le cafouillage de l’autoroute 13. Aux Objets perdus, le gérant (Jean-François Provençal) propose à ses employés des poupées de Trump et de Kim Jong-un, le journal de Mélanie Joly, une chronique de Richard Martineau, et pis encore.

     

    Piquant et punché

     

    L’un des meilleurs coups de cette revue de fin d’année, c’est la distribution judicieuse des sujets. Chapeau bas d’avoir pensé aux Grands génies (Sonia Cordeau, Dave Bélisle et Julien Corriveau) pour parler du consentement. Si ces trois-là comprennent ce que signifie « non » en tout temps, les porcs n’ont plus d’excuse ! Tandis que Monsieur Mousteille (Corriveau) juge sans vergogne les jeunes, leur comportement et leur utilisation des réseaux sociaux, dans l’émission pour enfants de Téton (Montplaisir) et Tétine (Cordeau), les youtubeurs, influenceurs, haters et ex-vedettes de télé-réalité en prennent plein la gueule.

     

    Qui d’autre que l’animateur de Ma opinion (Corriveau) aurait pu souligner avec autant d’éclat les contradictions des Québécois sur la liberté d’expression, le racisme et l’immigration ? Et que dire de Monsieur Puel (Bélisle) qui, en trois phrases efficaces et incisives en « espagnol », revient sur la situation politique en Catalogne ?

     

    Des invités de marque

     

    Pour ceux qui préfèrent la formule classique du Bye Bye, sachez qu’il se trouve dans Tourlou 2017 une parodie de La voix (Le nez) et que Dave Bélisle livre sa version personnelle de Despacito. Quant à ceux qui raffolent des imitations de politiciens, Jean-François Provençal, perruque jaune maïs vissée sur la tête et fond de teint « crotte de fromage » aux joues, y va d’un Donald Trump qui ferait passer le vrai pour un être équilibré. Il y a aussi Roy Dupuis qui imite Jean Chrétien…

     

    Grand admirateur des Appendices, Roy Dupuis sert de guide dans cette heure qui nous transporte vingt-cinq ans plus tard alors que la bande veut rattraper le temps perdu à avoir préparé Tourlou 1994 plutôt que Tourlou 2017. Le décalage entre le sérieux de l’acteur et la folie ambiante s’avère parfait.

     

    Dans l’un des sketches les plus délirants, Safia Nolin, écorchée sur les réseaux sociaux, se transforme en boss d’Internet qui insulte les vedettes et entonne joyeusement Le monde est dingue. Jubilatoire ! Pour sa part, Gabriel Nadeau-Dubois se retrouve sur le plateau de Sylvie rencontre, où l’animatrice (Anne-Élisabeth Bossé) apparaît plus embrouillée, plus incompétente et plus déconnectée que jamais. Du bonbon !

     

    Bref, avec cette revue éclatée qui ne rate pas ses cibles, s’ajoute aux grandes questions existentielles (Beatles ou Rolling Stones ? Crémeuse ou traditionnelle ? Cuisse ou poitrine ?) celle-ci : Tourlou ou Bye Bye ?

    Tourlou 2017
    Télé-Québec, vendredi 5 janvier, 22 h 59












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