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    Les Appendices disent «tourlou» à 2017

    Les Appendices proposent de revoir l’année 2017 sur le mode niaiseux

    30 décembre 2017 |Manon Dumais | Télévision
    Après neuf saisons sur les ondes de Télé-Québec, Les Appendices présentent une émission spéciale où leurs personnages récurrents revisitent des sujets ayant marqué 2017.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Après neuf saisons sur les ondes de Télé-Québec, Les Appendices présentent une émission spéciale où leurs personnages récurrents revisitent des sujets ayant marqué 2017.

    Le 30 décembre marquera un tournant dans la carrière des Appendices. De fait, après neuf saisons sur les ondes de Télé-Québec, les sept membres du groupe humoristique présentent une émission spéciale d’une heure où leurs personnages récurrents revisitent des événements ou des sujets ayant marqué 2017.

     

    Ainsi, les Rois de la Main, Guy (Anne-Élisabeth Bossé), devenu végane, et René (Sonia Cordeau) vivent les inondations, tandis que monsieur Puel (Dave Bélisle), professeur d’espagnol, nous entretient de la Catalogne et que l’inénarrable monsieur Mousteille (Julien Corriveau) donne des conseils aux jeunes sur Instagram à la manière de Code G.

     

    « On ne s’est pas fait comme devoir de couvrir toute l’année. D’une certaine façon, Tourlou est une manière de dire adieu et merci à nos fans, mais ça ne se présente pas comme une finale. Éventuellement, on va les revoir, ces personnages-là », explique Dave Bélisle, qui signe les effets spéciaux de Tourlou 2017, dont la réalisation est assurée par Jean-François Chagnon et le montage, par Dominic Montplaisir.

     

    Ceci n’est pas un Bye Bye

    Narré par Roy Dupuis, grand admirateur des Appendices, Tourlou a pour invités Gabriel Nadeau-Dubois, qui tombera dans l’oeil de l’animatrice de Sylvie rencontre, et Safia Nolin, qui, en plus d’interpréter Le monde est dinde, incarnera une vieille dame n’aimant pas le look de la chanteuse.

     

    « Ce n’est pas un Bye Bye, insiste Sonia Cordeau. Si les sujets ne nous intéressaient pas ou ne nous stimulaient pas, on ne se sentait pas obligés d’en parler. Comme notre humour est très différent du Bye Bye, par la force des choses, Tourlou est très différent du Bye Bye. Je pense que ceux qui nous ne connaissent pas vont passer un bon moment, puisqu’on traite des événements de l’année. On ne s’est pas dit “soyons plus accessibles”, alors ça reste de l’humour absurde et visuellement spécial, et en même temps léché. »

    Je souhaite que tout le monde ait la chance de mettre du plastique dans ses fenêtres pour sauver de l’argent, pis parce que ça fait propre
    Les voeux de Monsieur Mousteille

    Alors qu’ils tournaient Tourlou 2017, les Appendices travaillaient aussi à la réalisation d’un faux documentaire sur le cinquantième anniversaire de Télé-Québec. Inspirée d’un « étrange » documentaire célébrant les 35 ans de la chaîne, l’émission spéciale sera diffusée le jeudi 22 février à 20 h. En tout, les deux émissions ont nécessité dix jours de tournage.

     

    « Si on refait un Tourlou, on aimerait avoir plus de budget et de meilleures conditions ! lance Jean-François Provençal, auteur du succès viral J’ai faim plus que Alain. Il fallait plusieurs emplacements, mais on n’est pas des magiciens ! »

     

    « En matière de statistiques, le coloriste nous disait cette semaine qu’il y avait 800 plans dans Tourlou ; en général, il y en a 500 dans un film de deux heures. C’est dire à quel point il s’en passe dans ce show qu’on a tourné en six jours », note Dave Bélisle.

     

    Les fans des Appendices peuvent-ils espérer que cette revue de l’année marque le début d’une nouvelle tradition ? « Si jamais le public embarque, il faudra en discuter entre nous. Je trouve que c’est une belle option de rechange au Bye Bye traditionnel, qui essaie de plaire un peu à tout le monde. Nous, on n’essaie pas de plaire à tout le monde », affirme Julien Corriveau, l’autre génie musical des Appendices avec Jean-François Provençal.

     

    D’absurde à niaiseux


    Friands d’Ionesco, de Beckett, d’Alfred Jarry et de Boris Vian lors de leurs études secondaires, les Appendices ont souvent été étiquetés d’absurdes à leurs débuts. Également inspirés par les Monty Python, RBO et Taquinons la planète, ils ne tournent pas pour autant le dos à l’humour absurde, qui leur permet de mieux rire du vide de notre époque.

     

    « Notre cible a toujours été l’imbécilité, révèle Jean-François Pronvençal. Notre Tourlou est plus niaiseux qu’absurde. Il y a de tout, mais il n’est pas tant absurde que ça. Il y a quelques sketches bizarres, mais en majorité, c’est plus niaiseux. C’est de l’humour épais. On parle de plein d’affaires, c’est plus orienté vers la société que vers les individus. En fait, notre Tourlou est beaucoup de gauche. On ne frappe pas tant sur la droite, mais sur les Québécois. »

     

    « En fait, on dit juste que tout le monde est nono, résume Sonia Cordeau. Il y a des gens qui confondent absurde et farfelu. Des fois, ce qu’on fait, c’est juste un peu foufou. »

     

    « On se fait reprocher de faire de l’absurde. Ça fait partie de notre identité et on ne veut pas perdre ça. L’absurde te permet d’aller plus loin dans tes revendications, plus profondément dans les sujets. Si le grand public n’embarque pas, il sera content d’au moins 90 % de Tourlou », croit Julien Corriveau.

     

    « Les instances autour de nous ont déterminé qu’on faisait de l’humour déjanté. En fait, on fait ce qui nous fait rire ; d’une saison à l’autre, notre humour varie. On vieillit », conclut Dave Bélisle.

     

    Alors que Guy et René se préparent à débarquer sur Tou.tv, les Appendices ont plusieurs projets en tête, dont un album audio et une sitcom. Peu importe l’étiquette qu’on lui accolera, ce Tourlou ne sera certes pas un adieu. Et c’est tant mieux.
     

    Les voeux pour 2018 de quatre personnages clés Monsieur Mousteille. « Je souhaite que tout le monde ait la chance de mettre du plastique dans ses fenêtres pour sauver de l’argent pis parce que ça fait propre. »

    Monsieur Puel, d’Apprendons l’espagnol. « Pade kaka pandan la siesta, ce qui veut dire : un sommeil réparateur et sans interruption. »

    Sylvie, animatrice de Sylvie rencontre. « Beaucoup de rencontres et beaucoup de Sylvie. »

    René, des Rois de la Main. « Beaucoup de baisers sous le Guy et un toaster qui toaste ben noir d’une shot. »

    Cinq gars, deux filles Au dernier gala Les Olivier, Les Appendices ont remporté le prix de la Série télé humoristique de l’année, couronnant en beauté leur neuvième et dernière saison à Télé-Québec. Lors de cette cérémonie, Mariana Mazza, en tête du peloton avec cinq mises en nomination, est repartie avec la statuette la plus convoitée, l’Olivier de l’année, soit le seul prix décerné par le public. Elle devenait ainsi la première femme depuis Lise Dion, en 2002, à remporter ce prix. Aucune autre femme n’a gagné d’Olivier ce soir-là, en dehors de Sonia Cordeau et d’Anne-Élisabeth Bossé, les deux grandes femmes derrière Les Appendices.

    « Je ne crois pas que les filles n’ont pas gagné parce que c’est encore un boys’ club », lance Sonia Cordeau. « C’est un peu rapide comme analyse, mais ce n’est pas faux », enchaîne Dave Bélisle.

    « Statistiquement, il y a moins de filles, c’est donc normal qu’elles gagnent moins, et les filles qui étaient en nomination n’en sont pas au même point dans leur carrière que les gars. La victoire des filles ce soir-là, ce sont les présentations, comme celle de Katherine Levac et Rosalie Vaillancourt. Elles ne sont pas encore connues du grand public, mais ce sont les prochaines Lise Dion et Cathy Gauthier », avance Julien Corriveau.

    « Il ne faut pas que la fille gagne parce que c’est une fille. J’ai l’impression que ça va plus vite pour les gars, que c’est plus facile pour eux », remarque Sonia Cordeau. Jean-François Provençal relate alors une anecdote révélatrice que lui a apportée Mélanie Couture : « Je ne sais plus c’était dans quelle ville, mais ça s’est passé l’an dernier. Mélanie était engagée dans une soirée d’humour, mais parce que le gars au bar n’avait pas aimé une fille qui n’avait pas réussi à faire lever la salle, il avait demandé qu’on libère les filles. On n’aurait pas fait ça avec des gars. »

    « Comme si, parce qu’une fille n’est pas drôle, toutes les filles ne sont pas drôles, comme s’il n’y avait qu’un style de fille ! Pourtant, Katherine Levac les vend, ses billets. Les filles ne sont pas boudées », s’exclame Sonia Cordeau.

    « L’humour, c’est surtout un boys’ club, reconnaît Jean-François Provençal. Aux États-Unis, il y a plein d’humoristes filles qui sont fucking drôles, comme Amy Schumer, Sarah Silverman, Ali Wong. En ce moment, je pense qu’il y a une plus grosse ouverture dans le milieu. J’en vois plein, des filles de la relève monter. Plus il y aura de filles en nomination, plus il y aura de gagnantes. »

    « Et plus de filles auront le goût de faire de l’humour, renchérit Dave Bélisle. Et avec ce qui s’est passé cette année, il y a eu une espèce d’accélération d’élimination du sexisme. Il y a aussi les self-made women comme Rosalie Vaillancourt, qui a financé elle-même sa websérie. C’est fantastique que le monde prenne les devants, qu’il dise fuck l’industrie et le marketing. »
    Tourlou 2017
    Télé-Québec, samedi, 20 h ; rediffusions lundi, 22 h 27, et vendredi 22h59












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