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    TFO veut créer un prototype de «blockchain» pour l'industrie audiovisuelle

    10 août 2017 |Philippe Papineau | Télévision
    L’industrie audiovisuelle n’est pas la seule à lancer des tests. Le monde de la musique est aussi intéressé par la chaîne de blocs.
    Photo: iStock L’industrie audiovisuelle n’est pas la seule à lancer des tests. Le monde de la musique est aussi intéressé par la chaîne de blocs.

    Grâce au récent soutien financier du Fonds des médias du Canada, le diffuseur de contenu culturel et éducatif Groupe Média TFO a l’intention de jouer les rassembleurs pour faire avancer l’industrie audiovisuelle canadienne dans la technologie de la blockchain, ou chaîne de blocs en français. Avec entre autres à la clé l’élimination des intermédiaires entre les consommateurs et les créateurs.

     

    Le groupe ontarien TFO a dévoilé la semaine dernière son intention de développer un prototype de blockchain, soit une approche des données qui permet par exemple d’ancrer de manière inviolable les différents crédits d’une oeuvre dans un fichier numérique, et qui rendrait possible la rémunération directe des créateurs à chaque achat grâce à des micropaiements.

     

    Le président et chef de la direction du Groupe Média TFO, Glenn O’Farrell, estime qu’il est tout naturel d’aller vers cette technologie qui prend de plus en plus de place, et qui est arrivée dans le portrait autour de 2009 avec la monnaie virtuelle bitcoin. Pour son projet « Blockchain TFO », financé à même le volet expérimental du Programme d’innovation du Fonds des médias du Canada, M. O’Farrell a déjà commencé à interpeller les acteurs de l’industrie des produits culturels numériques afin d’alimenter les discussions autour de ce qui est présenté comme « un nouveau modèle de redevances audiovisuelles ».

     

    « Certains se sont déjà manifestés, on reçoit les manifestations d’intérêt », dit le patron de TFO. Parmi eux, la CBC et l’Association canadienne des producteurs médiatiques.

     

    Le Groupe TFO veut donc mettre en place un prototype, le tester, l’adapter et le mettre en marché. M. O’Farrell se donne six mois pour effectuer un premier défrichage. « On n’a pas instauré un échéancier fixe parce que c’est un territoire très nouveau. Mais d’ici neuf mois, on devrait pas mal avoir effectué le travail qui est à faire. »

     

    Des avantages

     

    Par sa nature, la chaîne de blocs, une technologie que M. O’Farrell qualifie de « disruptive », permet de faire sauter les tiers partis entre les consommateurs et les ayants droit des oeuvres. « Avec la blockchain, je n’ai plus besoin d’un intermédiaire quelconque pour jouer le rôle de notaire. Notre projet se veut une proposition de réinventer la façon dont les médias numériques sont aujourd’hui gérés, depuis leur financement jusqu’à leur mise en marché », image le directeur des produits numériques à TFO, Ulrich Dessouassi.

     

    Selon Glenn O’Farrell, le système actuel, où les produits culturels sont négociés par le biais d’un intermédiaire, « est basé largement sur une spéculation, une fiction sur la valeur. Fiction dans le sens où on ne connaît pas la juste valeur de l’oeuvre, où on n’est pas en mesure de qualifier de manière granulaire l’usage qu’on en fait. Alors que la blockchain le permet, chaque transaction est enregistrée, chaque usage est reconnu. On passe d’une fiction à une plus grande réalité. »

     

    Tous les intermédiaires ne disparaîtraient pas nécessairement si la chaîne de blocs s’implantait massivement, estime le patron de TFO, « mais ça va nécessairement venir s’insérer dans l’écosystème des options ».

     

    Tout de même, certains joueurs de l’industrie audiovisuelle font leur pain et leur beurre en étant des intermédiaires. La blockchain pourrait déplaire à quelques-uns d’entre eux. « On n’en a pas rencontré qui sont viscéralement opposés, tout le monde est plutôt intéressé, que ce soit les ayants droit eux-mêmes ou les autres joueurs concernés, dit Glenn O’Farrell. Dans les intermédiaires, il y en a qui ajoutent une valeur à la production, ils veulent faire reconnaître leur contribution. »

     

    L’industrie audiovisuelle n’est pas la seule à lancer des tests. Le monde de la musique est aussi intéressé par la chaîne de blocs. En avril dernier, IBM s’est allié à trois grandes sociétés de perception de droits d’auteur, soit la SACEM française, l’ASCAP américaine et la PRS for Music britannique, dans le but d’explorer la blockchain.

     

    « Il y a des artistes qui le font déjà, souligne M. O’Farrell. En Angleterre, il y a Imogen Heap qui est déjà rendue dans le monde du blockchain avec ses oeuvres et celles d’autres artistes qui veulent offrir leurs produits sur le marché du numérique avec cette formule. »













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