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    Faut-il utiliser la série «The Story of Us» en classe?

    Des provinces affichent leur prudence dans l'attente du matériel pédagogique tiré du docudrame de la CBC

    La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Sylviane Lanthier, n’est «pas du tout enchantée» par l’idée de voir cette série être utilisée désormais par des professeurs.
    Photo: CBC La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Sylviane Lanthier, n’est «pas du tout enchantée» par l’idée de voir cette série être utilisée désormais par des professeurs.

    Tout en s’excusant du fait que sa série ait pu heurter certaines sensibilités, la direction de la CBC a continué de défendre cette semaine Canada : The Story of Us en soutenant qu’elle sera l’objet de matériel éducatif, disponible d’ici la fin du printemps. Le débat a été du coup relancé.

     

    Selon la direction de l’Institut d’histoire de l’Amérique française (IHAF), principale association d’historiens professionnels du Québec, la perspective de Canada : The Story of Us« repose à la fois sur une confusion des genres et sur la décision des concepteurs de se priver de l’expertise variée des historiens et de la qualité du rapport au passé qu’ils peuvent offrir ».

     

    Pour l’IHAF, la confusion des genres est telle dans les épisodes qu’il convient d’affirmer qu’« il ne s’agit pas d’une série historique et, à ce titre, elle ne correspond pas au contenu des programmes d’enseignement de l’histoire ».

     

    À la Société des professeurs d’histoire du Québec (SPHQ), le président Raymond Bédard considère que la volonté de la CBC de décliner la série sous forme de matériel pédagogique est aberrante. « Ils ne sont vraiment pas sérieux. Avec des collègues, on en parle : c’est une histoire à eux. […] Je suis un peu outré qu’ils pensent à proposer ça comme matériel d’enseignement. »

     

    Selon le président de la SPHQ, « les professeurs d’histoire n’utiliseront pas ça ». Il ne comprend pas par ailleurs pourquoi la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, se refuse à commenter la série. « C’est aberrant qu’elle ne réagisse pas. Elle devrait venir assister à nos cours d’histoire. Elle verrait que le Canada, contrairement à ce que dit son premier ministre, ne commence pas avec la bataille de Vimy. »

     

    Dans les ministères

     

    La porte-parole du ministre de l’Éducation du Québec, Marie B. Deschamps, rappelle la demande du ministre des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, d’obtenir de vraies excuses de la CBC. Elle précise par ailleurs que la production de la CBC « n’est pas du matériel pédagogique approuvé par le ministère ».

     

    En Acadie, l’onde de choc provoquée par la série se poursuit. La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Sylviane Lanthier, n’est « pas du tout enchantée » par l’idée de voir cette série être utilisée désormais par des professeurs.

     

    La série, dit-elle au Devoir, « présente un point de vue réducteur sur la présence française au Canada ».

     

    La FCFA ne se contente pas des excuses formulées par la CBC. « C’est un peu comme si on disait “On s’excuse, mais on continue”. CBC dit qu’elle va désormais faire des débats sur le Web pour équilibrer tout ça. On met de la sorte le fardeau d’évoquer l’histoire sur ceux qui considèrent que leur histoire n’est pas bien représentée ! Et puis on continue quand même à diffuser à des heures de grande écoute la série à des gens qui ne verront pas le débat qu’elle engendre. »

     

    Dans une lettre adressée à Hubert Lacroix, le président de Radio-Canada, la FCFA affirme être inquiète « au plus haut point » de voir la série utilisée dans les écoles. « À notre sens, présenter cette série aux jeunes Canadiens et Canadiennes sans contexte additionnel reviendrait à promouvoir une vision clairement anglo-dominante de l’histoire de notre pays. »

    On n’a pas le désir de faire quoi que ce soit avec ce matériel
    Véronique Lacasse, porte-parole du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick
     
    Pas d’intention  


    Au ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, on affirme au Devoir qu’« on verra » une fois le matériel proposé rendu disponible en juin.

     

    Au Nouveau-Brunswick, la porte-parole du ministère de l’Éducation, Véronique Lacasse, affirme de son côté qu’il n’y aura tout simplement pas d’encouragement à utiliser du matériel pédagogique préparé à partir de cette série de la CBC : « On n’a pas le désir de faire quoi que ce soit avec ce matériel. »

     

    Le porte-parole de la ministre du Patrimoine a réitéré au Devoir que Mélanie Joly n’entend toujours pas commenter le contenu de la série.

     

    « La ministre a été claire : on a entendu les critiques. Et c’est à CBC de répondre à ces inquiétudes, notamment en ce qui concerne le matériel pédagogique », a expliqué son attaché de presse.

     

    La CBC a confirmé au Devoir qu’elle maintient son « intention de rendre disponible la série et son matériel pédagogique complémentaire sur curio.ca ».













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