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    Carrefour international de Théâtre

    Demain, l’hiver

    29 mai 2016 10h28 |Simon Lambert | Télévision
    Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis font couple à la ville comme à la scène
    Photo: Emily Cooper Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis font couple à la ville comme à la scène
    CITQ
    Straight Jacket Winter
    Texte et mise en scène : Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis
    Avec Esther Duquette, Frédéric Lemay, Gilles Poulin-Denis et Julie Trépanier
    Une production 2par4, Théâtre français du CNA et Théâtre la Seizième, au théâtre Périscope jusqu’au 29 mai 
    Deux ans après avoir vu le jour lors d’un premier laboratoire au Carrefour international de théâtre, le projet Straight Jacket Winter revient cette fois à Québec pour son baptême des planches.

    Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis font couple à la ville comme à la scène; lui a grandi à Saskatoon, elle a vécu à Montréal. Une occasion de travail les amène à s’installer à Vancouver. La pièce, ainsi, se présente comme la mise en scène de leur déracinement. La mise en scène, aussi, de leur isolement dans la ville la plus densément peuplée du Canada. Le dispositif scénique sert d’ailleurs cette idée d’une mise en scène. En marge de la surface de jeu, Duquette et Poulin-Denis assurent la régie et des interventions mesurées, mais d’une présence remarquable, laissant deux comédiens (Frédéric Lemay et Julie Trépanier) interpréter leurs rôles. 

    Passé leur émerveillement initial lié au Pacifique et aux jonquilles en février, viendront rapidement pour Esther et Gilles les premières marques de la barrière linguistique. Suivra bientôt la difficulté d’établir des ponts dans une ville souvent transitoire, où l’on va et vient au gré des contrats. 

    Réclusion forcée

    Bien vite, il n’y aura plus devant nous qu’un couple isolé. Le titre de la pièce — une traduction de L’hiver de force de Réjean Ducharme, que le Gilles de la pièce s’affaire à traduire et qui permet de belles passerelles — évoque à merveille le désœuvrement qui s’installe. Or, si on pressent les tensions que ne peut manquer de faire naitre un tel isolement, un tel ennui, celles-ci ne sont qu’esquissées. Duquette et Poulin-Denis ont choisi de ne pas gratter l’intimité, évoquant le vécu plutôt que de l’exposer. S’il y a là un espace pour l’imagination, ce choix installera par ailleurs une distance. 

    La pièce est truffée d’un humour qui fait mouche et la scénographie simple et inventive, composée d’objets du quotidien — un vinyle de Charlebois aussi bien qu’une râpe à fromage —, installe une poésie délicate tout en recréant habilement le quotidien du couple. Au moment où la pièce culmine, on ressentira toutefois plus vivement cette distance qui s’est introduite entre les personnages et nous.

    Réaliste, la proposition théâtrale bascule alors dans un imaginaire débridé, ducharmien. C’est réellement l’hiver dans une camisole de force pour deux ermites seuls avec eux-mêmes, dans une agitation insensée. On reste, ici, légèrement en retrait, avec le sentiment de n’avoir eu qu’un accès limité à leur quarantaine.


    Consultez tous nos textes sur le Carrefour international de théâtre de Québec (CITQ)  
     












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