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    Télévision

    Révolution par la terre

    La série «Garde-manger» plonge dans les coulisses de l’agriculture bio canadienne

    5 janvier 2016 |Geneviève Tremblay | Télévision
    L’agriculteur Jean-Martin Fortier
    Photo: Unis TV L’agriculteur Jean-Martin Fortier

    On connaît surtout de l’agriculture biologique ses étiquettes : marginale, exigeante, idéaliste, moins rentable… Mais la réalité, elle ? Aux quatre coins du Canada, là où s’est promenée la nouvelle série Garde-manger, produite pour la chaîne Unis, des dévoués mettent la main à la terre et triment dur par conviction. Tous ont leurs hauts, leurs bas, mais appartiennent à une même famille en émergence : le bio.

     

    « Ces gens-là se positionnent en protecteurs de l’environnement, de la santé, de la qualité des aliments, avance la conceptrice et scénariste de Garde-manger, Geneviève Turcot. Ils le font pour eux, pour leur famille, mais aussi pour une communauté. » À force de les croiser dans les marchés, la scénariste a voulu connaître leur histoire et leur démarche. Ce qui fait qu’on peut laisser en plan l’agriculture traditionnelle, ou carrément sa carrière, pour retourner à la terre.

     

    En guise de premier épisode, un exemple parlant : la microferme maraîchère biointensive de Jean-Martin Fortier, auteur du manuel Le jardinier-maraîcher (Écosociété). Sur une terre de moins d’un hectare à Saint-Armand, dans les Cantons-de-l’Est, sa petite équipe gère 40 cultures. Pas de tracteur aux Jardins de la Grelinette. Si les débuts n’ont pas été sans heurts, le rendement de la terre est maintenant si exceptionnel qu’il y a de quoi en vivre — et très bien vivre. « C’est gros. On s’en va vers une grosse révolution, lâche l’agriculteur en ouverture. Je suis un romantique, je m’emporte avec ça… »

     

    Du discours à la pratique

     

    En donnant la parole tant aux agriculteurs (d’ailleurs tous francophones) qu’aux défenseurs et idéateurs du bio, Garde-manger fait à la fois dans la vulgarisation et dans le portrait documentaire in situ. Tous les discours ont leur place, même les plus militants, question d’éveiller la conscience « locale » et environnementale du consommateur-téléspectateur. Et pour bien tracer la ligne entre les modèles…

     

    « C’est l’agriculture chimique et conventionnelle qui est nouvelle dans l’histoire. On vient de 10 000 ans d’agriculture biologique », laisse tomber leprésident de l’Union paysanne, Benoit Girouard, dans le même épisode. C’est la faute à cet « intermède dans l’histoire », dit-il, si la désertification, l’appauvrissement des sols, la perte de biodiversité et le rendement à la baisse des terres ont pris une proportion si inquiétante.

     

    Pour illustrer le travail sur le terrain de petites ou grandes fermes canadiennes, certifiées bio ou non (souvent faute d’argent), Garde-manger a voyagé de l’Île-du-Prince-Édouard aux Territoires du Nord-Ouest en passant par l’Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan. Étant donné l’étendue du pays et les saisons couvertes durant le tournage, l’exploration est large : lait, vodka et vin bio, cueillette sauvage, relève agricole, mise en marché, agriculture urbaine…

     

    Bien que tout ne soit pas rose, le bio exigeant du temps, des connaissances, de la persévérance et ce grand noyau dur qu’est le financement, ce modèle « alternatif » commence à prouver sa viabilité — porté, justement, par les initiatives qui éclosent au pays. « On est à une époque où le modèle agricole est en mouvement, en remise en question parce qu’il y a toute une génération de fermiers qui veulent faire les choses différemment, observe Geneviève Turcot. Et qui réussissent. »

    Garde-manger
    Unis TV, dès le 5 janvier, 20 h












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