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    Télévision

    Drapeau pour les jeunes

    Un documentaire offre un portrait nuancé de ce maire marquant de la métropole

    11 avril 2015 |Jeanne Corriveau | Télévision
    « Il n’a pas reconnu les limites de son talent. Son talent était de les rêver [les projets], de les vendre, de se promener partout et de convaincre que c’était fantastique. »
    Photo: Alain Renaud Le Devoir « Il n’a pas reconnu les limites de son talent. Son talent était de les rêver [les projets], de les vendre, de se promener partout et de convaincre que c’était fantastique. »
    Monsieur le Maire, Jean Drapeau et sa ville
    Dans le cadre de la série «1001 vies», ICI Radio-Canada, samedi 11 avril à 21 h et dimanche 12 avril sur ICI Tou.tv

    Il a régné pendant 29 ans sur la métropole. On dit de Jean Drapeau qu’il a propulsé Montréal dans la modernité et permis aux Montréalais de rêver de grandeur, pour le meilleur et pour le pire. Seize ans après le décès de l’ex-maire, le fantôme de Jean Drapeau flotte toujours sur Montréal.

     

    Marc Laurendeau voulait en savoir plus sur le personnage qui a tant frappé l’imaginaire. « Son décès me touche directement. Cet homme-là m’a toujours fasciné. J’ai décidé de faire ce film pour enfin saisir le personnage et mieux le faire connaître aux jeunes générations », explique d’entrée de jeu M. Laurendeau dans le documentaire qu’il a cosigné et qui sera présenté samedi à ICI Radio-Canada.

     

    Ancien journaliste, Marc Laurendeau a d’ailleurs mené plusieurs entrevues avec l’ex-maire au cours de sa carrière. Mais à titre de Cynique, il a également trouvé en Jean Drapeau une source d’inspiration pour de nombreux gags.

     

    Une étoile montante

     

    Engagé dans la lutte contre le « vice commercialisé » dans une ville où la corruption et la prostitution étaient florissantes, Jean Drapeau s’est fait un nom comme adjoint de Pax Plante, procureur à la commission du juge François Caron. Profitant de la conjoncture, Jean Drapeau se lance à l’assaut de la mairie de Montréal, avec succès. Après un premier mandat qui débute en 1954, il mord la poussière en 1957. Mais Jean Drapeau n’a pas dit son dernier mot, car il revient en 1960 pour ne plus bouger du pouvoir jusqu’en 1986.

     

    Monsieur le Maire. Jean Drapeau et sa ville propose un survol de la carrière du premier magistrat dans une ville en profonde mutation. Aux images d’archives se mêlent des entrevues avec d’anciens collaborateurs, journalistes et analystes. Avec le recul des années et le regard d’aujourd’hui, l’oeuvre de Jean Drapeau gagne en nuances.

     

    On se souvient notamment de Jean Drapeau pour la Place des Arts, pour l’Expo 67, pour le Stade olympique et le métro, qui ont permis à Montréal d’accéder à la cour des grands.

     

    Mais Lise Bissonnette, ex-directrice du Devoir, est sans pitié. « Le souvenir qu’on garde de Jean Drapeau au Québec est d’une complaisance coupable », lance-t-elle, avant d’énumérer les dommages causés par son règne de près de trois décennies sur Montréal, dont le sacrifice d’éléments patrimoniaux. L’histoire retiendra aussi l’indifférence de l’ex-maire à l’égard des plus pauvres. « Il rêvait d’autoroutes. Il a surtout autorisé des disparitions de grands morceaux de l’histoire de Montréal sans y porter attention », dit Lise Bissonnette.

     

    Le rêve olympique

     

    L’aventure olympique demeure indéniablement un moment fort de la carrière de Jean Drapeau. L’ex-maire avait promis que les Jeux olympiques seraient plutôt modestes. Quarante ans plus tard, difficile de dire si on doit rire ou pleurer de cette phrase célèbre qu’avait lancée le maire lorsque Montréal avait été choisie pour accueillir les Jeux de 1976 : « Il est aussi impossible pour les Jeux olympiques de Montréal de produire un déficit que pour un homme de devenir enceinte. »

     

    « Il n’a pas reconnu les limites de son talent. Son talent était de les rêver [les projets], de les vendre, de se promener partout et de convaincre que c’était fantastique. Malheureusement, il s’est convaincu qu’il avait également le pouvoir de les réaliser », résume l’historien Jean-Claude Germain.

     

    On a même droit au témoignage de l’urbaniste et ex-chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, dont le père était grutier sur le chantier du Stade olympique. Il y dévoile un des stratagèmes utilisés pour augmenter outrageusement le nombre de grues sur le chantier, ce qui contribuera à gonfler la facture de l’aventure olympique que les Québécois mettront trois décennies à payer.

     

    L’ère Drapeau coïncide avec la transformation du Québec, une société en mutation qui traverse la Révolution tranquille, la visite du général de Gaulle, la Crise d’octobre et l’arrivée au pouvoir du Parti québécois de René Lévesque en 1976.

     

    À un certain moment, le maire Drapeau apparaît comme un personnage d’une autre époque avec ses lunettes aux montures noires. Mais l’épreuve du temps permet de jeter un nouvel éclairage sur son héritage. Les plus jeunes feront la connaissance d’un personnage qui n’avait pas froid aux yeux. Les plus vieux se rappelleront une époque où l’austérité n’était pas une expression à la mode.

    « Il n’a pas reconnu les limites de son talent. Son talent était de les rêver [les projets], de les vendre, de se promener partout et de convaincre que c’était fantastique. » On se souvient notamment de Jean Drapeau pour la Place des Arts, pour l’Expo 67, pour le Stade olympique et pour le métro, qui ont permis à Montréal d’accéder à la cour des grands.
    Monsieur le Maire. Jean Drapeau et sa ville
    Dans le cadre de la série «1001 vies», ICI Radio-Canada, samedi 11 avril à 21 h et dimanche 12 avril sur ICI Tou.tv












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