Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Télévision à la une - Quand les Juifs étaient des Arabes comme les autres...

    28 septembre 2013 |Stéphane Baillargeon | Télévision
    Juifs et musulmans, si loin, si proches
    TV5, les lundis à 22h

    La scène est en 610 de l’ère chrétienne, l’an moins 12 de l’Hégire, l’année 4371 du calendrier hébraïque. La scène est autour de Makka et d’Al-Madina, dans le désert et les oasis d’Arabie. La majorité des habitants de ce monde des sables est polythéiste, mais on y trouve aussi des juifs et des chrétiens monothéistes, y compris des Arabes convertis au judaïsme, pratique assez fréquente à l’époque.

     

    Tous ces gens partagent des traits culturels semblables. Ils vivent des mêmes ressources précaires, exploitées de la même manière. Ils cultivent des vertus guerrières et les conflits armés se font d’une tribu à l’autre, d’une oasis à l’autre, sans égard à la religion des uns et des autres.

     

    En fait, comme le note un spécialiste interviewé dans les premières minutes de cette série intitulée juifs et musulmans, il semble même impossible de parler de Juifs et d’Arabes puisque toutes les tribus de ce monde d’avant Allah vivent de la même façon, ou presque. Le commentaire résume la situation par cette formule surchargée de sens intrigant: «Dans cette société où l’appartenance religieuse compte peu, les Juifs sont des Arabes comme les autres.»

     

    Les quatre heures de ce documentaire brillant, puissant, essentiel, montrent le chemin parcouru pour faire en sorte que des gens si proches aient pu autant s’éloigner, jusqu’à se détester férocement. La démonstration se nourrit de la parole de spécialistes qui multiplient les révélations et les observations troublantes, enfin pour les néophytes, comme la grande majorité que nous formons.

     

    Dessins animés

     

    Une des originalités de la série tient à l’utilisation brillante de dessins animés pour illustrer des pans entiers de l’histoire, autrement sans images. L’exposé atteint un sommet esthétique avec les deux interprétations du sacrifice de son fils, arabe (Ismaël) ou juif (Isaac), par Abraham. La série s’organise dans un va-et-vient entre les extraits d’entrevues et les explications du commentaire hors champ sur les illustrations.

     

    L’histoire nous enseigne. L’histoire nous renseigne. Cette série plonge dans un océan de récits enfouis, de choses cachées, d’aventures oubliées, de vies méconnues, pour composer une formidable synthèse.

     

    La première partie diffusée cette semaine traite de l’importance de la révolution musulmane portée par le prophète Mahomet. Des savants expliquent alors qu’à ses débuts, la secte musulmane s’inspire de certaines pratiques empruntées aux deux autres monothéismes abrahamiques déjà bien implantés, comme les chrétiens des premiers temps ont pigé allègrement dans les rituels et les symboles de leurs grands frères juifs. Assez rapidement, une fois bien implanté, l’Islam va accorder la protection à des non-musulmans vivant sous un califat.

     

     

    Des hauts et des bas

     

    Il y a eu des hauts et des bas pendant mille ans de cohabitation, comme le montrent les épisodes 2 et 3. Et tout ça finit mal, très mal. À l’autre bout de la démonstration, dans la quatrième partie traitant des rapports récents depuis 1945, la culture de l’affrontement s’impose. Le fossé s’approfondit, d’intifada en colonisations sauvages, de guerres en escarmouches, d’attaques terroristes en assassinats, de menaces de destruction massive en programme nucléaire.

     

    Les seuls rapports entre juifs et musulmans se résument maintenant au conflit israélo-palestinien, instrumentalisé de toutes parts. Le documentaire rappelle que la recréation de l’État d’Israël se fait au détriment des Palestiniens expulsés de leurs terres. En quelques semaines, 700 000 Arabes de la Palestine subissent la tragédie de la Nakba, «qui veut dire catastrophe, comme Shoah», note un intervenant. Ils deviennent des apatrides, comme les juifs l’ont été pendant des siècles, notamment parce qu’aux yeux des sionistes, ceux-là n’ont qu’à se fondre dans le grand tout arabe.

     

    L’épisode expose aussi comment les juifs de cette gigantesque Arabie morcelée ont payé le prix de cette géopolitique implacable. Le temps des identités composites est révolu. En Irak, en Égypte, en Iran, les juifs quittent des terres où ils sont depuis des siècles, certains autour de La Mecque ou de Médine.

     

    Juifs et musulmans, si loin, si proches

    TV5, les lundis à 22h

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel