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    Télévision à la une - Démystifier l’intimidation, ici et ailleurs

    21 septembre 2013 |Anabel Cossette Civitella | Télévision
    Photo: Canal Vie
    Intimidés
    Canal Vie, les lundis à 20h
    En rediffusion les mardis à minuit, les mercredis à 16h et les dimanche à 19h

    Bully (Intimidation)
    Canal D, dimanche 22 septembre à 19h
    En rediffusion vendredi 27 septembre à 10h

    Le défi était de taille. Trouver des jeunes qui avaient subi ou commis des gestes d’intimidation et qui étaient prêts à en parler devant la caméra, à faire part de leur expérience, de leurs pensées, de leur calvaire. Dans la nouvelle série Intimidés, des dizaines d’adolescents et d’enfants témoignent de leur vécu. Leurs paroles sont frappantes d’honnêteté, leurs réflexions font preuve d’une maturité avant l’âge.

     

    L’émission, initiée et produite par LP8 Média, est animée par Jasmin Roy, lui-même ex-intimidé, et dont la fondation éponyme vise à contrer ce phénomène social troublant.

     

    Intimidés ou d’intimidateurs

    Dans un environnement sonore assez dramatique et un peu envahissant, Sébastien, Laura-Li, Izaack, Éric, Britanny et tous les autres racontent les événements qui ont marqué leur enfance d’intimidés ou d’intimidateurs. Chronologiquement, leur vie défile au gré des difficultés qu’ils ont subies, de sorte que le téléspectateur est plongé dans leurs tourments.

     

    «À l’âge de huit ans, j’avais le goût de me tuer», se rappelle Sébastien Désy, intimidé très jeune alors qu’on avait diagnostiqué chez lui un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Des petits mots blessants lancés à travers la salle de classe aux menaces physiques sur le chemin de l’école, le jeune garçon vit toutes les émotions jusqu’à ce qu’il devienne imperméable à tout.

     

    «La seule émotion que j’avais, c’était la peur.»

     

    Tout au long de la série, on ne donne pas de lieu, on ne peut donc pas associer le phénomène à une région, mais on comprend que ça peut arriver n’importe où, à n’importe qui, qu’on soit entouré d’une famille aimante et aisée ou qu’on provienne, comme Izaack Albert, d’un milieu difficile. Le jeune garçon se souvient clairement de sa mère, une adolescente toxicomane, qui faisait chauffer sa drogue dans les cuillères de la cuisine. Une image comme celle-là, ça ne s’oublie pas. On n’oublie pas non plus facilement le petit Izaack qui rentre à la maison un après-midi d’hiver, se dévêtant et courant dans le champ en pleurant. À sa grand-mère qui l’élève, il annonce qu’il «[veut] mourir».

     

    Si chaque épisode (six au total) aborde un angle particulier (cyberintimidation, jalousie entre filles, homophobie, etc.), c’est cet épisode qui ressort un peu du lot, puisqu’Izaack Albert, après avoir été intimidé, intimide à son tour. Adolescent plein d’intelligence à l’écran, il se traite lui-même de «malade» lorsqu’il analyse son comportement. «Tous ceux qui me montraient une faiblesse pouvaient recevoir un de mes dards parce que ça me faisait me sentir vivant, puissant», explique le jeune homme. Jusqu’au jour où il retourne sa rage contre lui en se mutilant.

     

    De Bully à Intimidés

     

    De la télésérie Intimidés au documentaire Bully (Intimidation), il n’y a qu’un pas. Réalisé par Lee Hirsch en 2012, Bully recense cinq cas d’intimi-dation aux États-Unis. Même sujet, même manière d’intercaler les histoires de jeunes qui vivent tous plus ou moins la même chose.

     

    Dans la série québécoise, toutefois, chaque trame narrative suit un peu la même recette.

     

    Un jeune et ses parents expliquent son histoire, des intervenants commentent et une reconstitution anime le tout.

     

    Un aspect agaçant de certains épisodes de la série: Jasmin Roy narre et donne des conseils aux parents pour éviter que leurs enfants ne soient victimes de harcèlement. Il prend un ton moralisateur lorsqu’il dit, par exemple: «Comme parents, vous devez garder un contact privilégié avec l’école, vous devez être attentifs aux signes non verbaux de votre enfant, être près de ses amis, etc.» Si certains y trouveront peut-être de bons conseils, d’autres se sentiront pris par la main.

     

    En fait, la tâche d’éduquer revient tout naturellement aux intervenants pertinents qui sont consultés tout au long des émissions d’une quarantaine de minutes chacune. Un intervenant sur le terrain, un enseignant, une psychologue, une policière et bien d’autres se relancent pour analyser les différents contextes d’intimidation.

     

    Au final, Intimidés évite le piège de l’autoapitoiement. Chaque jeune parle de sa situation au passé et met en évidence les marques laissées par les années difficiles. Pour certains, c’est participer au tournage d’Intimidés qui leur permet de montrer à la face du monde qu’ils s’en sont sortis. Et que d’autres jeunes peuvent le faire.

     

     

    Intimidés

    Canal Vie, les lundis à 20h

    En rediffusion les mardis à minuit, les mercredis à 16h et les dimanche à 19h

     

    Bully (Intimidation)

    Canal D, dimanche 22 septembre à 19h

    En rediffusion vendredi 27 septembre à 10h













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