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    Télévision à la une - Dans les coulisses de la CLASSE

    24 août 2013 |Lisa-Marie Gervais | Télévision

    Carré rouge

    Télé-Québec, le lundi 26 août à 21h

    Rares sont les grands événements historiques du Québec à avoir été documentés live, un grand nombre de documentaires étant basés sur des archives, des témoignages a posteriori ou des reconstitutions fictives.

     

    Présenté à Télé-Québec le 26 août, Carré rouge, de Santiago Bertolino et Hugo Samson, qui raconte comment les membres de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont vécu de l’intérieur la grève étudiante de 2012, se déploie sur la trame du réel et est tissé à même les événements qui ont constitué le printemps érable. C’est là l’intérêt du documentaire, d’ailleurs.

     

    Non pas que les scènes montrées nous rapprochent de la vérité, car le point de vue, très engagé, est uniquement celui de la CLASSE. Mais en entrant dans les coulisses d’une cellule de crise, du début de la grève jusqu’aux élections du 4 septembre, ce documentaire nous donne très certainement une idée plus juste des intentions des militants de cette association, jugée par d’aucuns comme étant la plus «radicale», de leur vision des choses et de leur état d’esprit pendant ce long combat de plusieurs semaines.

     

    Des nuances

    S’il y a clivage entre «bons» et «méchants» - les politiciens y sont présentés comme des gens inactifs, en perte de contrôle, et les membres de la CLASSE comme d’intrépides militants, presque des héros -, Carré rouge fait place à plus de nuance en montrant les protagonistes néophytes (les porte-parole, membres de l’exécutif et militants comme Gabriel Nadeau-Dubois (GND) et Jeanne Reynolds), en toute candeur et humilité, vivant le doute, l’espoir, le découragement... et fomentant des plans machiavéliques, notamment pour déjouer les journalistes, mais, surtout, improvisant.

     

    Le vote du cégep de Valleyfield qui a déclenché la grève générale illimitée, la manifestation du 22 mars, l’affrontement monstre en marge du salon du plan Nord, les émeutes de Victoriaville, la démission de la ministre Line Beauchamp, la loi spéciale et les casseroles... On revit les principaux grands moments du printemps érable en suivant un ordre chronologique, où des images originales empreintes de rouge côtoient celles des archives des reportages télé, radio et des unes de journaux.

     

    Dans les congrès de la CLASSE, les studios télés, les conférences de presse faites avec Martine Desjardins de la FEUQ et Léo Bureau-Blouin de la FECQ - étonnant de voir le jeune homme devenu député aussi militant - et dans l’intimité des réunions de l’exécutif, la caméra affranchie de Bertolino et Samson suit partout GND et ses acolytes, apportant certains éclairages sur des événements nébuleux qui ont pu échapper à la compréhension. On y voit des membres de la CLASSE plus humains et fragiles, en proie à la critique, GND le premier pour son omniprésence médiatique. On vit même en direct - en se demandant quand même si ce n’était pas mis en scène - l’annonce de sa démission à ses proches collaborateurs et sa conversation avec une journaliste du Devoir à qui il offre la primeur.

     

    On comprend alors les tensions et les opinions aux antipodes qui divisaient le mouvement, en même temps qu’on vit de l’intérieur les débats sur la question de savoir s’il faut, oui ou non, condamner la violence. Et on apprend que des membres de la CLASSE ont bel et bien nargué Michelle Courchesne, la ministre de l’Éducation qui a succédé à Line Beauchamp, en lui disant qu’ils allaient se «préparer» au Grand Prix.

     

    Même s’il ne peut s’empêcher d’offrir une finale moralisatrice, le documentaire, qui est en fait une version légèrement écourtée du film Carré rouge sur fond noir qui prendra l’affiche à Excentris à Montréal dès le 30 août et au Cinéma Cartier à Québec le 6 septembre, n’en demeure pas moins une intéressante leçon de démocratie, vue de l’intérieur d’un mouvement où les grands principes et les émotions s’entrechoquent.

     

    Carré rouge

    Télé-Québec, lundi 26 août à 21h













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