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À voir le vendredi 10 mai - « La vie est une ombre qui marche »

Cinéma
Le château de l’araignée

TFO, 21h

Tout fiers de leur victoire sur l’ennemi, Miki et Washizu, deux samouraïs, rentrent au château de leur seigneur flanqués de leurs troupes. Au plus profond de la forêt, les deux généraux rencontrent un esprit des bois, une femme pâle au regard hanté. Elle prédit à Washizu qu’il succédera à son seigneur, mais que le fils de Miki régnera ensuite. De retour au château, Washizu se confie à son épouse, l’ambitieuse Asaji. Si elle voit volontiers son mari seigneur, la suite de la prophétie lui déplaît. Persuasive, elle convainc Washizu d’assassiner son maître. La nuit de son forfait, le couple met le doigt dans un engrenage sanglant qui lui coûtera son honneur, sa raison, et bien plus encore...


On aura bien sûr reconnu dans ce résumé du film Le château de l’araignée les grandes lignes de La tragédie de Macbeth, de William Shakespeare. Transposition intelligente et sophistiquée signée Akira Kurosawa (Les sept samouraïs, Rashomon), ce chef-d’oeuvre de 1956 brosse un portrait halluciné du Japon féodal, une équivalence pour le moins inattendue mais fort convaincante de l’Écosse du Moyen Âge de l’oeuvre originale. Ce faisant, Akira Kurosawa démontre combien universelles sont les pièces du Barde.


Filmé dans un noir et blanc très contrasté, très violent, Le château de l’araignée donne à voir quelques prouesses de mise en scène pas piquées des vers, dont bien sûr le siège final lors duquel la forêt semble littéralement se refermer sur les remparts du château. Tout de suite après, le châtiment de Washizu, lors duquel de vraies flèches furent décochées en direction du comédien Toshiro Mifune, est également devenu une séquence d’anthologie.


D’ailleurs, au chapitre de l’interprétation, l’acteur fétiche du cinéaste se montre égal à lui-même, c’est-à-dire brillant. Il est cela dit plus que bien secondé par Isuzu Yamada, une lady Macbeth nippone mémorable. Vous n’oublierez pas son visage grimé de sitôt.

 
 
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