À voir le mardi 7 mai - La rue vue d’un intérieur
Vida Louca
TV5, 21h
Les enfants de la rue au Brésil: voilà un sujet pas très «hop la vie», qu’il est fort difficile d’imaginer traité sur un mode relativement léger, surtout sous la forme d’un documentaire télévisé. Il nous vient en tête les images violentes du succès cinématographique
La cité de Dieu ou encore le souvenir des escadrons de la mort qui ont fait les manchettes dans les années 90 avec leurs «nettoyages» pas très propres de quartiers fréquentés par des jeunes vivant dans la rue.
Dans le documentaire Vida Louca, point d’images de violence et de misère quotidienne. Les témoignages d’adolescents errants de la mégapole São Paulo suffisent à évoquer cette condition humaine inhumaine, pourtant vécue par des dizaines de milliers de mineurs brésiliens.
La cinéaste française Gaela Blandy a tendu sa caméra à un groupe de jeunes itinérants qui fréquentent la maison de l’ADMER (Association de défense des mineurs de la rue), une halte répit ouverte tous les jours en matinée, où ils peuvent manger, dormir, se laver et parfois se vider le coeur auprès des intervenants qui y travaillent.
Une dizaine d’adolescents de 10 à 18 ans, qui ont vieilli bien trop vite, tournent de petits films dans lesquels ils se racontent ou laissent leurs camaradesse raconter: les circonstances dans lesquelles ils se sont retrouvés dans la rue, leur vie quotidienne, leurs espoirs déçus et ceux qu’ils entretiennent toujours. Il y a Flavio et Adriano, deux accros au crack qui exhibent les cicatrices de leurs blessures causées par des balles policières, tout de même rieurs et ayant bon espoir de ne plus être dépendants aux drogues un jour; le petit Bruna, 10 ou 12 ans, qui raconte avec la désillusion d’un vieillard que l’emprisonnement de presque toute sa famille l’a mené à la rue; Cintia, 18 ans, qui souhaite un jour ravoir son troisième enfant, qui vit avec sa mère et sa soeur Simone, enceinte jusqu’au cou et insouciante, pas très préoccupée à l’idée de dormir sur le trottoir chaque soir...
Au-delà de toutes ces histoires tristes, c’est la résilience de ces jeunes qui nous saute aux yeux. La plupart expliquent qu’ils ont choisi la rue pour éviter les mauvais traitements de leurs parents, un destin difficile mais plus supportable que de vivre dans un foyer trop violent. La bonne humeur les anime quand même, mais la violence sourde les habite, comme celle qui émane des textes de chansons rap qu’ils connaissent par coeur, des chansons qui racontent la vie dans la rue, dont celles qu’ils connaissent presque tous, intitulée Vida Louca...







